samedi 11 mai 2019

L’Humeur du Centriste. A qui «appartient» Simone Veil ou l’indécente polémique

Simone Veil alors ministre de la Santé
L’UDI et ses dirigeants perdent peu à peu leur calme et leur lucidité.
Avec un encéphalogramme sondagier plat à 2% des intentions de vote pour les européennes du 26 prochain – ce qui ne permettra pas au parti centriste d’avoir des élus mais également d’être remboursé de ses frais de campagne –, Jean-Christophe Lagarde et sa garde rapprochée tire désormais sur tout ce qui bouge pour faire le buzz médiatique ou… se plaindre des médias pour sauver leur campagne du naufrage (voir, par exemple, la polémique sur une interview de Lagarde sur France 2 où le secrétaire général du parti a eu cette réaction surréaliste, «Cette campagne est absolument nulle. Les journalistes ne jouent pas le jeu démocratique. Certains politiques se jouent de la démocratie en polarisant sur un affrontement RN/progressistes qui n’a aucun sens. Jeu dangereux! Pauvre France. Pauvre Europe. Pauvre de nous...»!).
Dans une campagne d’une agressivité extrême, le président et tête de la liste Les Européens a fait d’Emmanuel Macron son punching-ball favori tout en n’hésitant pas à dire un jour le contraire de ce qu’il a dit la veille.
Il faut dire que son «nationalisme européen» lui permet d’être, tour à tour, défenseur d’une France souveraine et, le lendemain, d’une Europe fédérale.
Pratique pour ratisser large…
Ces derniers jours, l’UDI tente de faire de la figure de Simone Veil un objet de controverse à l’encontre de la liste Renaissance LREM-MoDem et de sa tête de liste, Nathalie Loiseau (on passera sous silence les imbéciles réactions des membres de LR qui, vu le positionnement de la liste de leur parti, feraient mieux de faire profil bas à propos de la centriste, défenseuse des droits des femmes, de leur émancipation et d’une Europe supranationale).
Ainsi, lorsque Nathalie Loiseau – après avoir proposé la mise en place d’un «Pacte Simone Veil» pour l’égalité des femmes et des hommes dans l’Union européenne – se rend le 9 mai, lors de la Journée de l’Europe, au Panthéon pour saluer la mémoire de la centriste, première présidente du Parlement européen, en compagnie du fils cette dernière, Jean Veil, qui figure sur sa liste (en position volontairement d’inéligible) en souhaitant «manifester mon respect pour cette grande dame de la construction européenne», ne voilà-t-il pas que le président de l’UDI s’offusque et crie à la récupération en twittant une attaque sous la ceinture dont il a l’habitude:
«L'UDI a été créé dans le salon de Simone Veil. J'aime bien qu'on fasse de la récupération mais en 1989, j'étais un jeune militant derrière Simone Veil. En 1989, Nathalie Loiseau était candidate sur une autre liste...»
Sans parler du tweet outrancier de la sénatrice Françoise Gatel:
«Tristesse et malaise devant cette exploitation si tapageuse, outrancière et opportuniste de l’image de Simone Veil, figure de la dignité et de la grandeur de l’humanité. Madame, vous êtes notre honneur quand d’autres nous indignent de leur indécence.»
Tout ceci serait un tout petit peu crédible si, depuis des mois, l’UDI n’instrumentalisait pas la grande dame à son profit!
Ainsi, comme nous le notions voici peu, «Lorsque l’on consulte le site de la liste UDI, ‘Les Européens’», ou le compte twitter du parti centriste, on tombe invariablement sur une vidéo intitulée ‘Simone Veil, notre héritage’. Il s’agit, sur des images d’archives de l’ancienne ministre et, surtout en l’espèce, de la première président du Parlement européen, pour Jean-Christophe Lagarde, président du parti et tête de la liste Les Européens, de s’accaparer la grande dame et de revendiquer dans un commentaire son héritage politique.»
Parce que, s’il est vrai que Simone Veil s’est vue offrir la carte numéro un de l’UDI par son fondateur, Jean-Louis Borloo, ce fut uniquement par amitié envers de dernier (et par rapport au projet originel de l’UDI qui n’a plus rien à voir avec ce qu’est devenu le parti centriste) qu’elle accepta et elle ne milita jamais aux côtés de monsieur Lagarde.
Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, Borloo s’est enfui du nid de vipères qu’était devenu l’UDI (un conglomérat de petites ambitions et de gros égos ingérables selon lui) et Simone Veil n’est plus là, malheureusement, pour nous dire ce qu’elle penserait de tout cela, si tenté qu’elle voudrait bien s’exprimer sur une polémique minable et ridicule.
Oui, minable et ridicule parce que personne ne peut s’accaparer Simone Veil, parler pour elle ou s’indigner des hommages qui lui sont faits.
Car Simone Veil n’appartient à personne, pas plus à LREM qu’à l’UDI, n’en déplaise à monsieur Lagarde.
Au lieu d’instrumentaliser l’ancienne présidente du Parlement européen, il devait plutôt s’en montrer digne dans sa campagne et on en est, malheureusement, parfois très loin (il suffit de revoir les débats et les interviews de l’époque où elle était candidate avec ceux où participent l’actuel président de l’UDI…).
Et tous ceux qui se sentent proches d’elle, qu’ils soient à LREM, à l’UDI, au MoDem ou ailleurs ont le droit de s’en revendiquer, s’ils le font honnêtement, et aucun centriste ne peut se plaindre qu’ils soient extrêmement nombreux à vouloir le faire parce que c’est un honneur pour eux.
Voilà un hommage autrement plus beau et noble que la polémique lancée par l’UDI et LR.
Si j’étais méchant (loin de moi cette idée!), je dirai que le meilleur hommage à Simone Veil sera les score de la liste Renaissance le 26 mai plutôt que celui de l’UDI…
Mais, pour terminer, laissons la parole à un vrai héritier de Simon Veil, son fils, Jean, qui expliquait en ces termes, son engagement sur la liste Renaissance:
«Chacun sait ma fidélité à mes parents. S’ils étaient là, je sais très bien où leurs convictions les auraient portés. (…) Après avoir lu et écouté ce que l’ensemble des partis proposent, je suis convaincu que le programme de LREM est à la fois le plus efficace et le plus réaliste. Mes parents n’auraient peut-être pas approuvé chaque détail, mais ils auraient été sur cette ligne. Ma mère aurait pu être candidate pour défendre ce projet.»

Centristement votre.

Le Centriste


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire