samedi 29 juin 2019

Une Semaine en Centrisme. Après son fiasco électoral, le silence assourdissant de l’UDI prépare-t-il un changement de cap ou une disparition?

Après le fiasco total de l’UDI aux européennes le 26 mai dernier (2,5% de voix, aucun élu au Parlement européen, aucun remboursement des frais de campagne), soit il y a plus d’un mois, se rendre sur le site du parti ou sur les réseaux sociaux où il est présent, c’est constater une quasi totale absence de communication.
Ainsi, en est-il du site officiel qui, non seulement, n’a connu aucune actualisation mais dont la page d’accueil est encore illustré par l’affiche de campagne des européennes et qui arbore également le logo de l’ALDE, l’alliance des centristes et des libéraux au Parlement européen qui a officiellement cessé d’exister, remplacée par Renew Europe!
Sans oublier l’agenda qui note la prochaine invitation de Jean-Christophe Lagarde à BFMTV le… 8 février dernier!
Cette totale déshérence d’un parti qui avait tout misé sur la première élection où il est monté seul au front avec le résultat que l’on connait, suite à une stratégie éminemment contre-productive (comme s’attaquer prioritairement à ceux qui sont le plus proches de vos opinions pour espérer récupérer leurs électeurs alors même que vous ne proposez rien d’autre que ce qu’ils proposent) annonce-t-elle un aggiornamento des positions anti-Macron portées sans faiblir par son président, Jean-Christophe Lagarde, depuis 2017 et l’élection présidentielle, ou un éclatement et donc la disparition de la formation centriste extrêmement fragilisée?
Un indice ferait pencher pour la première éventualité puisque dans un indiscret, franceinfo nous apprend que Lagarde aurait laissé à ses troupes le choix de leurs alliances aux municipales afin de ne pas perdre ses élus locaux, c'est-à-dire des alliances avec tout ceux qui veulent bien du parti centriste.
Et de citer le président de l’UDI: «Il y aura des listes avec LREM et avec LR», la chaine d’information du service publique ajoutant que «la consigne c’est juste ‘d’éviter l’extrême droite et l’extrême gauche’» (sic!).
Une déclaration à rapprocher de celle de Laurent Lafon, sénateur et ancien maire de Vincennes, «Lorsque nous sommes dans la majorité municipale, nous soutiendrons cette majorité si elle fonctionne bien. Dans les autres situations, nous étudierons la meilleure configuration pour être en mesure de remporter l’élection» (resic!).
Voilà une position qui est un véritable opportunisme électoral, indigne d’une formation se réclamant du Centrisme, mais qui permettrait sans doute d’éviter une hémorragie d’élus municipaux qui n’ont aucune chance de se faire réélire en allant seuls à la bataille, voire en y allant avec leurs anciens alliés comme LR dans de nombreuses communes.
Mais, à l’inverse, c’est bien une hémorragie, celle-ci réelle et due au départ ou à la mise en retrait pour l’instant de nombreux élus, échaudés par la stratégie perdante de leur président (avec, entre autres, la signature par plusieurs d’entre eux d’une tribune pour signifier leur volonté de travailler avec Emmanuel Macron pendant que d’autres s’en allaient rejoindre la droite), qui fait pencher pour la seconde éventualité, une disparition rapide ou à terme d’un parti qui semble n’avoir plus lieu d’être entre un pôle centriste et de droite libérale représenté par la majorité présidentielle et représentant l’axe central auquel il a toujours refusé d’appartenir, et un pôle de droite en pleine reconstruction qui veut représenter tout ce qui est à droite du macronisme jusqu’à la frontière de l’extrême-droite populiste (une partie de la droite radicale rejoignant à l’instar d’un Mariani, la famille Le Pen).

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC


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