samedi 25 avril 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Sans Europe, point de salut, mais quelle Europe?

Avant la crise de covid19, nous savions déjà que les pays de l’Union européenne ne pouvaient envisager un avenir prometteur qu’ensemble dans un monde où ses concurrents et ses ennemis de l’extérieur comme de l’intérieur sont constamment à l’affût pour la détruire.
C’est encore plus vrai alors qu’à la crise d’identité et de volonté que nous vivions au niveau européen, s’est surajoutée une crise sanitaire, économique, sociale et sociétale qui menace les fondements même de nos acquis, de notre progrès et, in fine, de notre modèle démocratique et même de notre civilisation.

Bien entendu, le continent européen ne va pas disparaître et nous n’allons pas basculer demain dans le chaos total.

Cependant, il se pourrait bien qu’une forte instabilité sociale gagne rapidement l’UE ainsi que le chacun pour soi encore plus prégnant parce que le terreau était déjà présent avant l’épidémie et que celle-ci n’a fait qu’empirer la situation.

Et que l’on ne s’y trompe pas: une absence d’Europe en ce moment crucial sera une absence d’Europe, demain et dans le futur.

D’où une évidence qui ne l’est malheureusement pas pour tout le monde, sans une Europe forte, point de salut.

Mais de quelle Europe avons-nous besoin et est-elle dans l’ordre du possible?

Nous avons d’abord besoin d’une UE qui fonctionne… selon les traités signés et les règles posées!

Parce qu’aujourd’hui, ce n’est plus le cas avec des pays qui refusent la solidarité européenne, qui remettent en cause les politiques communes, voire qui, comme la Hongrie, ne respecte plus la démocratie dont on rappelle au passage qu’elle est l’élément fondamental de la possibilité d’adhérer puis de rester dans l’Union européenne.

Donc, d’abord, remettons l’Europe à sa place, c'est-à-dire à la principale, celle qui permet à tous ses membres d’avoir bénéficié de ses bienfaits depuis sa fondation en faisant croire le contraire à leurs populations respectives...

Mais cela n’est pas et plus suffisant.

Nous savions déjà que la mondialisation débridée et la montée de l’instabilité due au terrorisme, aux régimes autoritaires et totalitaires, au populisme et à l’extrémisme, menaçaient les Européens et qu’une union plus approfondie était nécessaire pour relever ses défis énormes qui se présentent en ce début de troisième millénaire.

Cette crise sanitaire montre que seule cette union renforcée permettra de faire face.

Le problème est que nous y allons à reculons quand ce n’est seulement que du faux-semblant!

On voit bien les pays membres qui s’en sortent mieux dans cette crise qui rechignent à jouer le jeu de l’union quand ceux qui sont les plus menacés demandent une solidarité qu’ils ne jouent pas forcément lorsqu’ils sont en position de force.

Dès lors, il ne peut y voir approfondissement sans un nouveau traité plus intégrateur avec ceux des pays membres qui veulent vraiment construire une vraie Union européenne et non un cartel d’intérêts divergents qui ne trouvent que des compromis bancals quand ils en trouvent.

Et nous devons nous atteler à cette tâche immédiatement, pendant que nous gérons la crise épidémique puis les crises d’après dans les domaines économiques et sociaux.

Une chose est sûre, plus que jamais et sans nul doute, l’Union européenne est à la croisée du chemin.

Ou elle est capable de démontrer sa nécessité et elle peut sortir renforcer puis permettre de nouvelles avancées dans l’intégration, ou elle faillit et elle continuera à se déliter jusqu’à son extinction qui semblera encore plus inévitable qu’auparavant.

Mais une autre chose est sûre, c’est que plus que jamais et sans nul doute les Européens ont un besoin absolu d’union et que leur renoncement sera également un élément primordial de leur déclin qui sera aussi inévitable que le délitement de l’UE.




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