mardi 11 août 2020

Vues du Centre. Covid19, mais pourquoi publier des statistiques mondiales que l’on sait fausses voire mensongères?

Par Jean-François Borrou & Alexandre Vatimbella

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.

Alexandre Vatimbella est le directeur du CREC.

Si le nombre de cas de personnes infectées et de morts lors de l’épidémie de covid19 toujours en cours est assez juste venant de certains pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie, Taïwan, la Corée du sud ou Israël – liste non-limitative –, il en est tout autrement de pays comme la Chine, le Brésil, l’Iran, la Russie, l’Inde ou même certains Etats des Etats-Unis, liste également non limitative...

Pourtant, pour comptabiliser les cas détectés (et non, évidemment les cas réels) et les décès dans le monde, nous disposons de statistiques publiées comme par exemple celles établies par l’université américaine John Hopkins ou par l’AFP qui ne sont que de simples compilations des chiffres communiqués par les pouvoirs publics des pays dont nous savons pertinemment qu’un nombre important d’entre eux ment de manière éhontée!

Il s’agit donc d’agrégation de statistiques honnêtes (dans les pays capables de faire une comptabilité au plus près de la réalité) de statistiques fausses (dans les pays incapables d’avoir de données fiables) et de statistiques mensongères (dans les pays qui ont décidé de mentir sciemment sur la réalité de l’épidémie sur leur territoire).

Certains experts estiment ainsi que pour avoir un chiffre plus exact, il faudrait multiplier ceux de John Hopkins par trois voire plus ce qui ferait, en ce milieu août, au minimum 60 millions de cas et 2,5 millions de morts…

Alors, pourquoi donc continuer à publier ces statistiques le plus souvent en n’indiquant même pas qu’il faut les prendre avec circonspections et qu’elles ne sont en fait que des estimations à partir de chiffres qui, dans nombre de cas, sont sujets à caution?

On comprend bien que face à une crise sanitaire de cette ampleur, voire dans tout événement important et/ou dramatique, nous ayons besoin de chiffres pour prendre conscience de la gravité de la situation.

Des chiffres même approximatifs sont donc d’une utilité évidente et valent certainement mieux que pas de données du tout.

Pour autant, on ne peut accepter que des statistiques véreuses soient données comme des informations fiables avec, le plus souvent, aucune mise en garde.

Il suffit de regarder l’écran de CNN sur lequel est affiché une grande partie de la journée ces chiffres venus de John Hopkins pour constater qu’aucune mention de leur relativité n’est mentionnée…

Et que dire de tous les gros titres annonçant ce 11 août que la barre des 20 millions de cas a été atteinte alors que nous en sommes, sans doute, au minimum à 60 millions!

Même si les chiffres publiés font peur et permettent de prendre des décisions pour protéger les populations par les gouvernements des pays démocratiques et/ou responsables, on comprend bien que les estimations qui se basent sur des réalités plus évidentes auraient un effet multiplicateur auprès de ces mêmes populations ou de groupes spécifiques à celles-ci pour qu’elles cessent de relativiser le risque qu’elles courent et font courir aux autres et qu’elles adoptent les mesures qui permettent de freiner la propagation de la covid19 puis de contrôler le plus efficacement possible le virus et sa diffusion.

Parce que ce que l’on voit à longueur de journées où que l’on habite de gens qui se rassemblent en masse sans aucune protection dans des commerces, des restaurants, dans des fêtes publiques ou privées, sur des plages, dans les rues, etc. et que cela montre bien que ceux-ci ne prennent pas la mesure de la crise sanitaire que nous vivons.

Le plus étonnant dans cette affaire est la relative discrétion des politiques et des gouvernants dans les pays qui se sont vraiment mobilisés contre la pandémie sur la fausseté des chiffres publiés au niveau mondial (nous n’avons pas à suspecter la réalité de ceux publiés en France, par exemple) alors même qu’ils mettent constamment en garde la population contre les conséquences désastreuses du non-respect des règles de protection.

Si nous savons depuis longtemps que les chiffres peuvent mentir et être exploités pour diffuser des mensonges (les régimes totalitaires sont des maitres en la matière comme le montre la Chine dont on sait pertinemment que les chiffres de croissance affichées depuis 40 ans sont faux), nous ne devons pas renoncer à faire systématiquement des explications de textes, sans doute plus indigestes mais certainement moins simplistes et, surtout, erronés, que l’étalage de statistiques que l’on sait d’une fiabilité des plus suspectes pour ne pas dire plus.

Comme pour les sondages dont les résultats de certains sont des plus discutables, nous utilisons les statistiques, même fausses, pour nous faire une représentation compréhensible du monde qui nous entoure.

Or si ces outils nous y aident, ils ne sont certainement pas les juges de paix en la matière et lorsque les Etats et les médias font qu’ils le soient, nous ne progressons pas dans la recherche de la réalité, souvent nous lui tournons le dos avec toutes les conséquences graves que cela peut occasionner.

Comme cela se passe sous nos yeux actuellement.

Jean François-Borrou et Alexandre Vatimbella

 

 

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