lundi 14 septembre 2020

Vues du Centre. Une nouvelle heure de vérité pour l’Union européenne

Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste.
Alexandre Vatimbella est le directeur du CREC. 

Si l’Europe n’est pas capable de résister à Boris Johnson qui utilise la vieille et éculée stratégie britannique de la division de l’Europe (et de ses adversaires comme au bon vieux temps napoléoniens, par exemple) alors elle ne sert à rien et disparaitra.

Si l’Europe n’est pas capable de remettre à sa place Reccip Erdogan qui nous rejoue l’Empire Ottoman contre la chrétienté alors elle ne sert à rien et disparaitra.

Cela semble un peu exagéré de dire cela au moment où les chefs d’Etat et de gouvernement (mais pas encore les Parlements…) des 27 se sont mis d’accord pour un plan de relance économique d’une ampleur jamais vu où la solidarité européenne s‘est brillamment exprimée pour une fois (même si les arrière-pensées ne sont pas absente…).

De même, les menaces extrêmes venues de Chine (les Européens commencent enfin à comprendre quelle est la vraie nature totalitaire et nationaliste du régime de Xi Jinping) et de Russie, voire même des Etats-Unis si Trump est réélu en novembre, semblent être d’une dangerosité extrême.

Et puis, il y a évidemment le terrorisme d’où qu’il vienne.

Sans oublier, à l’intérieur même de l’UE, ces pays qui jouent contre elle comme la Pologne ou la Hongrie tout en essayant de lui extorquer le maximum, un peu à la manière de la… Grande Bretagne!

Justement, disions-nous, si l’Europe ne reste pas ferme face à son premier ministre qui s’apprête à bafouer allègrement l’accord du Brexit et donc le droit international, alors elle démontrera que l’on peut impunément la rouler dans la farine sans qu’elle ne réagisse vraiment et que sa construction repose, in fine, sur du sable.

Dire non au non du populiste irresponsable Johnson (dont on rappelle que son opposition à l’Union européenne est une simple posture politicienne qui lui a permis de prendre la tête du Parti conservateur) est une nécessité pour démontrer, si ce n’est cette Europe puissance si nécessaire en ce XXI° siècle, tout au moins qu’il n’y a pas de place pour ceux qui veulent, tel des escrocs, profiter de sa possible faiblesse pour se remplir les poches.

Une fermeté qui est également de mise avec l’autocrate va-t-en guerre Erdogan (dont les postures sont aussi politiciennes si ce n’est plus que celles de Johnson) qui, pour masquer la faillite de son pouvoir dans son pays, ne cesse de provoquer et menacer les Occidentaux (dont il est, sur le papier un allié puisque la Turquie fait partie de l’Otan…) et plus particulièrement l’UE et encore plus particulièrement la France qui n’a pas hésité une seconde à répondre à ses provocations et ses menaces, comme c’est le cas en ce moment en Grèce, le vieil ennemi mortel des maîtres d’Istanbul et d’Ankara.

Ici, c’est la sécurité même des Européens qui est en cause et cette capacité de l’Union européenne à ne pas céder à la force car, alors, n’importe quel autre pays belliqueux (on pense évidemment à la Russie en premier lieu) pourrait en profiter pour l’affaiblir sans vergogne.

Ces deux cas sont donc des tests devant lesquels les 27 n’ont pas la possibilité d’échouer sous peine de devenir un simple souvenir historique.

 

Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella

 

 

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