mercredi 21 octobre 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Oui, la démocratie est un combat, oui, la liberté a un prix


Je vais me répéter mais c’est pour la bonne cause, celle de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, du respect et de toutes les autres valeurs humanistes dont la tolérance.

Oui, n’en déplaise aux délicats affligés et affligeants qui récusent cette association, la démocratie n’est pas un long fleuve tranquille mais un réel combat quotidien face à des ennemis déterminés.

Oui, n’en déplaise aux sots ignorants et irresponsables, la liberté n’est pas gratuite, elle a un prix et celui-ci est élevé mais pour un bien au montant inestimable.

Tout événement dramatique nous le rappelle si tenté que les éveillés se soient endormis et que les endormis soient en coma avancé.

L’assassinat abjecte de Samuel Paty au nom d’une idéologie nauséabonde est un électrochoc mais tous les jours qui passent les adversaires de la démocratie et les égorgeurs de la liberté sont à l’œuvre, pas toujours dans l’ombre.

Que ce soient les populistes ou les extrémistes, les régimes totalitaires, les terroristes et d’autres forces odieuses, tous agissent pour éliminer de la surface de la terre la démocratie républicaine, une menace que nous ne prenons pas, collectivement, à sa juste importance.

Ce ne sont pas seulement ces pics de l’horreur auxquels nous sommes de plus en plus confrontés et qui rappellent d’autres ignominies dont le XX° siècle fut si riche, mais tout ce quotidien où l’humanisme est constamment agressé dans le but évident et même souvent avoué de le détruire définitivement.

De l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis à celles de Jaïr Bolsonaro au Brésil, de Narendra Modi en Inde ou de Rodrigo Duterte aux Philippines aux «dictacraties» en Hongrie ou en Pologne jusqu’aux mouvements de foules populistes de gauche ou de droite de la France à l’Italie en passant par la Grande Bretagne ou l’Allemagne , les démocraties sont constamment déstabilisées et fragilisées sans que nous réagissions comme nous devrions le faire, avec détermination et sans hésitation.

De la répression des Ouïgours en Chine aux exactions d’Al Qaida ou de Daesh en passant par l’imposition d’un régime autocratique en Turquie, les assassinats ciblés d’opposants en Russie et les massacres de populations civiles en Birmanie ou au Congo, nous regardons amorphes la montée du totalitarisme comme nous l’avions fait dans les années 1930 en nous disant que le pire n’est peut-être pas sûr, enfin, pas tout de suite…

Si nous continuons ainsi, si nous laissons les Méphistophélès emplis de puissance destructrice et de haine agir à leur guise, alors il ne faudra pas s’étonner que les temps apocalyptiques que nous espérions avoir écarté pendant longtemps en 1945 puis en 1989, reviennent avec ce choc en retour qui risque d’être d’une intensité et d’une violence gigantesques.

C’est à nous de choisir l’avenir que nous voulons pour nos enfants.

 

 

 

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