lundi 13 juillet 2009

Editorial d’Alexandre Vatimbella : Barack Obama, le Centriste du XXI° siècle

Barack Obama est un Centriste. Ce n’est pas moi qui le dit mais lui qui le répète. Inlassablement, livre après livre, discours après discours, interview après interview, il explique sa vision centriste. Plus important, il traduit ses mots dans des actions réellement centristes que ce soit quand il était sénateur au Congrès de l’Illinois ou sénateur des Etats-Unis à Washington. Et il continue à le faire depuis qu’il est Président des Etats-Unis.

Certains seront sceptiques parce qu’ils ne connaissent pas le Centrisme et les Centristes mais beaucoup mieux ceux qui s’en réclament à tort comme les nombreux opportunistes qui tentent d’occuper, parfois avec talent, le centre de l’échiquier politique ou ceux qui gouvernent «au centre» sans mener une vraie politique «du Centre».

Barack Obama est un homme de consensus et prêt à écouter et discuter avec tout le monde et à mettre en œuvre toute politique intelligente et qui donne des résultats d’où qu’elle vienne. Il possède, à la base, les deux qualités essentielles pour mener une action centriste: être consensuel et être pragmatique.

Mais cela ne suffit pas à faire de lui un homme du Centre. C’est dans ses valeurs et dans les objectifs de sa politique que Barack Obama se dévoile comme un libéral social, c’est-à-dire homme politique qui défend des valeurs centristes (le respect, la tolérance, la solidarité) et qui possède une vision centriste de la société. Il est pour l’économie de marché et la liberté d’entreprise parce qu’en pragmatique il sait que c’est la façon la plus efficace d’organiser l’économie d’un pays et l’économie mondiale. Mais il refuse une liberté qui mènerait à la jungle où le plus fort serait le seul gagnant. Il souhaite, par une politique sociale efficace et ciblée que tout le monde puisse être gagnant dans une société équilibrée et consensuelle. C’est la raison pour laquelle il vaut mettre en place un système de santé pour tous aux Etats-Unis.

Barack Obama refuse ainsi de brider l’économie de marché autrement que par des règles organisant la concurrence et empêchant les fraudes et autres comportements délictueux. Mais il refuse tout autant de laisser sur le bord de la route tous ceux qui n’ont pas la chance ou les capacités d’être parmi les plus riches. Il sait qu’un pays est une communauté où la liberté doit nécessairement avoir comme pendant une solidarité entre tous ses membres avec, par exemple, un système de santé qui soigne tout le monde sans exclusive.

Comme l’explique le journaliste David Olive, «pour s’assurer d’être le candidat du Parti démocrate, Obama ne s’est pas recentré pour séduire les électeurs modérés ou indépendants pour élargir la base du mouvement populaire qu’il a réussi à créer de la gauche au centre. Il ne l’a pas fait parce que si Obama peut être défini comme un progressiste sur les questions de justice sociale, il est déjà un centriste et absolument pas un anti-guerre, un anticapitaliste ou un anti-establishment». Et Barack Obama, pendant la campagne présidentielle a été on ne peut plus clair réfutant «cette idée que je me déplace vers le centre» car «les gens qui prétendent cela ne m’ont apparent pas écouté jusqu’à présent».

Reste que question. Pourquoi Barack Obama n’a jamais utilisé le mot «centriste» à son propos préférant celui de bipartisan et pourquoi ne s’est-il jamais revendiqué de la Troisième voie mais plutôt d’une Amérique unie? La réponse est simple. Aux Etats-Unis, les Centristes étiquetés comme tels sont plutôt des gens du centre-droit, souvent (mais pas toujours) plus conservateurs que progressistes, ce qui n’est pas le cas de Barack Obama qui est un vrai Centriste, c’est-à-dire un homme de progrès qui prend en compte l’évolution de la société. De plus, Hillary Clinton était, pendant les primaires démocrates celle qui revendiquait une étiquette centriste (sans le volet conservateur) et il fallait bien que Barack Obama se dissocie de sa principale concurrente. De même, celle-ci est issue directement de la Troisième voie créée par elle-même et son mari, l’ancien président Bill Clinton d’où, là aussi, une impossibilité stratégique pour Barack Obama de s’en réclamer ouvertement.

Barack Obama est un Centriste mais, en plus, il renouvèle le Centrisme pour en faire une nouvelle dynamique pour le XXI° siècle, démontrant que, loin d’être poussiéreux, le Centrisme est une vision du présent et de l’avenir alors que les idéologies de Droite et de Gauche s’enlisent dans des visions qui viennent souvent du XVIII° et du XIX° siècle et ne sont plus adaptées à notre monde d’aujourd’hui.


Le Centrisme publiera en septembre un ouvrage sur Barack Obama et le Centre, ouvrage disponible sur sa librairie en ligne


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