jeudi 21 octobre 2010

Une semaine en Centrisme – Et si l’on se respectait vraiment?


Le respect est une des valeurs fondamentales portées par le Centrisme du juste équilibre. Un respect que les Français considèrent comme la première valeur du civisme comme l’indique un sondage paru récemment dans la Revue civique(*). Pourquoi le respect? Parce sans celui-ci, pas de possibilité de bâtir un lien social fort et durable, pas de possibilité de construire une société plus juste et plus pacifique, une société harmonieuse et apaisée.

C’est vrai que l’on parle de plus en plus de respect dans notre société. Mais quel drôle de respect dont il s’agit, où chacun le nie pour les autres, tout en le réclamant exclusivement pour soi-même. Une perversion ultime de cette valeur de rapprochement et consensualiste par l’égoïsme et l’égocentrisme de l’individuation assistée montante.

Ce n’est donc pas un hasard si, à la question «Faire preuve de civisme, pour vous, c’est avant tout?», 69% des Français indiquent «Respecter les autres», loin devant la deuxième réponse «Respecter les règles de vie collective» (31%). Et ce n’est pas un hasard non plus si, pour 65% d’entre eux, l’incivisme a progressé ces dix dernières années en même temps que la notion de respect s’effritait pour devenir un concept creux.

Si le respect de l’autre est si important et s’il est si profondément ressenti par la population comme une nécessité c’est qu’il donne à cet autre sa qualité d’être humain à part entière et que respecter l’autre, c’est le reconnaître tout autant que se reconnaître soi-même son égal.

Le respect est fondamental dans les rapports humains. C’est la pièce maîtresse autour de laquelle s’articulent la liberté, la solidarité et la tolérance. Il permet de créer un véritable lien social au sein d’une communauté. C’est tellement vrai que lorsque celui-ci n’existe pas, il faut malheureusement créer un catalogue sans fin de droits et de devoirs chapeauté par tout un système d’interdictions. Dans nos sociétés actuelles, comme le respect existe peu (et qu’il a même tendance à régresser du fait d’une valorisation jusqu’au-boutiste de l’individuation hédoniste), on réglemente les rapports sociaux et les rapports directs entre deux individus, non pas par un lien social humaniste, mais par ce catalogue de droits et de devoirs qui n’en finit pas de s’allonger au fur et à mesure que la relation sociale se distend.

Doit-on se féliciter, comme certains, de ce recours sans fin à ce juridisme qui aboutit à édicter sans cesse de nouvelles interdictions, l’interdiction étant, dans nos sociétés, le moyen le plus simple - le plus simpliste - et le plus expéditif qu’ait trouvé l’Etat de régler un problème, règlement qui, bien entendu, n’en est pas un dans la réalité? Si la protection par la loi de l’individu est une des pièces maîtresse de la démocratie libérale contre l’arbitraire possible de l’Etat, ce catalogue de droits et devoirs, lui, n’est que la preuve de l’impuissance de nos sociétés à organiser harmonieusement les rapports entre leurs membres.

Dans un monde parfait, le respect devrait être la règle et les droits et les devoirs, l’exception. Alors, et seulement alors, nous serions dans une société totalement respectueuse de l’Humain. Comme le dit si bien Aristote, «Quand les hommes sont amis, ils n’ont plus besoin entre eux de justice».

Alexandre Vatimbella

Directeur du CREC

(*) Sondage Ipsos réalisé les 1 & 2 octobre 2010 auprès d’un échantillon de 1021 personnes / méthode des quotas / marge d’erreur de 3 points

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