jeudi 17 février 2011

Une semaine en Centrisme. Le rêve secret de Jean-Louis Borloo est-il la réalité du Centre?


Créer une confédération des centres tout en restant dans l’UMP et devenir le leader de ce patchwork de centre-droit; se présenter aux présidentielles en faisant un joli score, tout en roulant pour Sarkozy; pouvoir négocier son désistement contre le fauteuil de Matignon pour, entre autres, se venger de son humiliation de l’automne 2010: voilà sans doute les trois souhaits que Jean-Louis Borloo demanderaient à son bon génie politique. Ce rêve secret, en réalité pas si secret que ça, tant tout cela transpire de toutes ses interventions et de celles de ses lieutenants (dont beaucoup se trouvent au Nouveau centre…), pose une question fondamentale.
Qu’est-ce que le Centre et le Centrisme ont-ils à gagner dans cette quête du graal du président du Parti radical, pour le moins risquée et peu… centriste?
C’est vrai, tous les centristes qui espèrent la réélection de Nicolas Sarkozy afin de se retrouver au gouvernement ou dans des postes intéressants seront gagnants. Mais quid des idées centristes et l’avenir du Centre qui me semble plus important?
Car le Centre risque de sortir discrédité de cette entreprise individuelle et opportuniste.
Mais comment de nombreux centristes peuvent-ils mettre actuellement leur destinée entre les mains de Jean-Louis Borloo? Car, quand celui-ci a été proche de décrocher Matignon en juin 2010, il n’a eu de cesse d’adopter tous les thèmes de la Droite sans restriction, notamment les positions extrêmes d’un Brice Hortefeux en matière sécuritaire et d’identité nationale. Et il a toujours expliqué qu’il demeurerait fidèle à Nicolas Sarkozy. Même après la claque reçu lorsque François Fillion a été reconduit comme Premier ministre.
Bien entendu, loin de moi de prétendre que Jean-Louis Borloo ne peut changer. Il se pourrait même qu’il ait décidé de se repositionner au centre. Pourquoi pas? François Bayrou l’a bien fait, lui qui croyait en l’alliance avec un Parti socialiste qui ne veut pas de lui. Néanmoins, rien dans les déclarations récentes du leader du Parti radical ne laisse penser qu’il a décidé de rompre le cordon ombilical avec l’Elysée et l’UMP.
Dès lors, tant qu’il ne l’aura pas fait explicitement, tous les centristes doivent se méfier de la confédération des centres qu’il propose et qui sent un peu trop le cheval de Troie sarkozyste ou la vengeance de l’ambitieux éconduit ou les deux à la fois!
Celle-ci ne peut se réaliser que sur le modèle proposé par Jean Arthuis avec ses trois conditions: indépendance de tous les partis qui la composent; projet et candidat présidentiels; désistement pour le candidat qui est le plus proche des valeurs du Centre si le candidat centriste n’est pas qualifié pour le second tour.
Ces trois conditions sont d’une évidence limpide pour tous ceux qui pensent qu’un parti politique se détermine en fonction de lui-même et de sa vision de la société et non d’autres partis. Et de tous les centristes qui pensent qu’un parti du Centre doit être maître de sa destinée et libre de ses choix. Que je sache, elles ne sont pas reprises, pour l’instant, par Jean-Louis Borloo. Peut-être demain? Le plus tôt serait le mieux pour bâtir une vraie Confédération Centriste indépendante avec tous les centristes sans exception et non un appendice de la Droite.
Alors, Jean-Louis Borloo pourra être, si les militants centristes le souhaitent après des primaires, leur représentant à l’élection présidentielle. Et avec une chance de bien figurer. Car, si l’on en croit un dernier sondage, 63% des Français ne veulent pas que Nicolas Sarkozy se représente. Cela fait beaucoup de voix à glaner… pour ceux qui ne seront pas les sous-fifres du l’hôte actuel de l’Elysée.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC

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