28 avril 2013

L’Humeur du Centriste. L’union nationale, pourquoi faire?


Le Journal du Dimanche qui, comme nombre de ses confrères qui multiplient actuellement les sondages biaisés afin de créer à leur profit le buzz médiatique, vient d’en sortir un nouveau concernant l’Union nationale.
Selon ses résultats, celle-ci serait plébiscitée par 78% des Français même si ces derniers sont plus que circonspects sur la capacité d’un tel gouvernement à pouvoir résoudre les graves problèmes que connait actuellement la France, que ce soit la lutte contre le chômage, celle contre la dette publique et les déficits, celle en faveur du pouvoir d’achat et celle contre l’insécurité.
Du coup, on se demande à quoi elle servirait selon ces mêmes Français…
En outre, les sondeurs au lieu de laisser les Français dire qui ils verraient dans un tel gouvernement (question ouverte), ont établi leur propre liste limitative (question fermée) ne comportant, en l’occurrence que cinq socialistes et un seul centriste (bonjour l’ouverture), une bizarrerie qui permet de s’interroger sur le but de ce sondage.
On y trouve ainsi François Bayrou mais pas Jean-Louis Borloo, Martine Aubry mais pas Jean-Pierre Raffarin, Bertrand Delanoë mais pas Bruno Le Maire, Louis Gallois mais pas Thierry Breton, Claude Bartolone mais pas Alain Juppé, Ségolène Royal mais pas Christine Lagarde...
Et devinez quoi, c’est, ô surprise, le seul centriste du lot, qui plus est celui qui se bat depuis 2007 sur cette idée d’union nationale à laquelle il est identifié par les Français, François Bayrou, qui arrive en tête avec 47% des personnes interrogées qui le verraient bien ministre (et non pas premier ministre comme l’a titré le site internet de l’Express dont les responsables ont eu sans doute quelques difficultés de lecture des résultats!).
A noter qu’aucune de ces six personnalités n’obtient une majorité de réponses positives.
De même, sans surprise, les Français sont majoritairement pour que le PS, l’UMP, le Mouvement démocrate, les Verts et l’UDI soient dans ce gouvernement d’union nationale. Il y en a même 47% qui souhaitent que le FN en fasse partie et 42% le Front de gauche.
Ce qui est amusant, c’est que ceux qui sont le plus pour cette union nationale sont les sympathisants de l’UMP (89%) et ceux du FN (79%), eux qui sans cesse attaquent de manière très agressive François Hollande et son gouvernement, eux dont les partis qu’ils soutiennent ne sont pas au pouvoir actuellement et qui se verraient bien le récupérer le plus vite possible alors que des élections présidentielles et législatives ont eu lieu il y a tout juste un an.
Au fait, pourquoi un gouvernement d’union nationale aurait plus de succès dans sa lutte contre le chômage, les déficits et autres questions importantes?
Là, la question n’a pas été soumise aux sondés et les sondeurs sont bien évidemment incapables d’y répondre même si les journalistes du JDD estiment que les pays ayant expérimenté un gouvernement de large union ont eu des résultats un peu meilleur que les autres, ce qui reste, par ailleurs, à démontrer.
En outre, on ne leur a pas demandé, non plus, quelle politique donnerait des résultats miracles. Cependant, il n’est pas besoin d’être grand clerc pour penser que la politique que devrait mener ce gouvernement d’union nationale devrait être de droite pour les sympathisants de l’UMP, du FN et de l’UDI et de gauche pour ceux des Verts, du PS et du Front de gauche…
Retour à la case départ!
Plus sérieusement, il semble que la peur du présent et la crainte du futur soit la raison principale de cette volonté d’union nationale. Non seulement 70% des Français s’attendent à une explosion sociale dans les mois à venir mais 37% pensent désormais que l’Union européenne est un danger selon d’autres sondages publiés récemment…
Pour autant, ce n’est pas dans l’union nationale que se trouve la réponse à ces inquiétudes mais dans une union autour des valeurs de la démocratie républicaine.
Que, par ailleurs, on trouve des consensus autour des politiques économiques, sociales et financières à mettre en place serait plus que positif.
Mais, même si le Centre et le Centrisme n’ont rien contre elle, laissons l’union nationale pour les cas les plus graves, lorsque la patrie est en danger.
Aujourd’hui, malgré tous les oiseaux de mauvais augure, nous n’en sommes pas encore là, heureusement.
Et, demain, si cela devait être le cas, alors oui, l’union nationale aurait une utilité. Mais ne la rendons pas inutile en l’invoquant à tort et à travers et, surtout, en la mettant en place quand elle n’est pas encore nécessaire.
Centristement vôtre.

Le Centriste