jeudi 3 mars 2016

L’Humeur du Centriste. Même si Jean Lassalle n’y croit plus!

Jean Lassalle & François Bayrou
Jean Lassalle, député du Mouvement démocrate, a quatre particularités.
La première est d’être un des derniers représentants de cette espèce en voie de disparition, député du parti de François Bayrou.
Il n’y en a qu’un autre survivant même si le croisement avec l’’espèce LR laisse espérer à l’éleveur Bayrou de pouvoir enfin multiplier leur nombre en 2017.
La deuxième est d’avoir fait une grève de la faim afin de protester contre la fermeture d’une entreprise dans son département et qui fit rire beaucoup de monde et consterna nombre de centristes.
Pourquoi de telles réactions devant une action aussi radicale?
Pas parce qu’il s’agissait d’une cessation d’activité, ni même d’une délocalisation en Chine ou dans un pays à bas coût, non, mais seulement d’une implantation dans un autre coin de la France avec, à la clé, de nouvelles embauches.
Bonjour, la solidarité nationale de monsieur le député!
La troisième est d’avoir fait le tour de France à pied pour rencontrer les Français qui lui ont dit, ô révélation d’entre les révélations, qu’ils pensaient que le pays allait mal.
La quatrième est d’être un fan inconditionnel de François Bayrou, un des derniers des grognards comme les appelle le président du MoDem.
Mais cette dernière particularité n’est plus.
Car voilà que le député des Pyrénées-Atlantiques vient de déclarer dans un entretien à La semaine du Pays basque, qu’il «avait perdu la foi» en son chef, en tout cas en son destin présidentiel, sacrilège des sacrilèges dans une formation toute dévouée à l’ambition élyséenne de celui-ci.
Et les mots ne sont pas tendres, jugez-en:
«Il a essayé trois fois et je ne vois pas François Bayrou gagner (…) Ça ne sent pas bon, parce qu'il s'est mis dans une situation que les Français ont du mal à accepter, celle du ‘J'irai si untel n'y va pas'. (…) L'élection présidentielle est la rencontre d'un homme ou d'une femme avec le peuple français qui s'est proclamé souverain. (…) Il y a 150 pays qui ont suivi cette idée. C'est bien que ça veut dire quelque chose, ce peuple souverain. Vous imaginez dire: ‘J'irai si untel n'y va pas', c'est-à-dire ‘J'irai par défaut'?»
Plus gaullien que ça tu meures!
Et ça tombe bien (ou mal selon), car c’est justement François Bayrou qui a pris des accents gaulliens pour se poser en recours du pays depuis la présidentielle de 2012.
Mais il est vrai que l’on aurait jamais vu De Gaulle dire «j’y vais si un autre n’y va pas»…
Et pour enfoncer le clou jusqu’au bout, Jean Lassalle n’y va pas avec le dos de la cuillère pour le chouchou de Bayrou, Alain Juppé, dans un entretien avec La république des Pyrénées:
«Alain Juppé n’a pas l’étoffe d’un chef d’Etat. Il va vivre le destin d’un Barre ou d’un Balladur.»
Dur-dur pour Juppé mais aussi pour François Bayrou, l’ami de quarante ans, qui non seulement, aurait commis une faute grave en conditionnant sa candidature à l’absence de Juppé mais une tout aussi grave en soutenant un looser à la Balladur ou à la Barre.
Voilà, en tout cas, qui tord le cou à cette idée qu’au Mouvement démocrate on ne critique pas le chef ou on s’en va, une règle qui, il est vrai, à l’UDI aurait déjà conduit le parti à mettre la clé sous la porte.

Centristement votre.

Le Centriste



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