mardi 2 août 2016

Présidentielle USA 2016. Le vrai Trump enfin démasqué par les électeurs? / Clinton reprend le large dans les sondages

Y aurait-il une limite dans l’irrespect, l’irresponsabilité, l’inculture et l’infamie qui, une fois atteinte, permet enfin de démasquer un personnage comme Donald Trump pour une partie des Américains, en particulier parmi ses fans?
Cette question qui taraude les «pundits» (experts politiques) depuis que le promoteur newyorkais a annoncé en juin 2015 sa candidature à la présidentielle aurait-elle enfin une réponse positive?
Avec toutes les précautions nécessaires et face aux incertitudes d’une campagne électorale – notamment celle-ci –, il semble que la réponse soit positive et qu’un processus est en train, doucement, de se mettre en place après les dernières sorties de Trump qui ont tellement inquiété nombre d’observateurs qu’ils sont même allés jusqu’à s’interroger sur sa santé mentale...
En quelques jours, il a réussi à insulter les parents d’un héros de guerre alors même qu’il se soit fait réformer pour un problème médical inventé de toute pièce afin de ne pas aller au Vietnam tout en estimant que gagner des milliards de dollars étaient un sacrifice fait pour son pays identique à celui qui donne sa vie, à affirmer vouloir casser la figure à l’ancien maire de New York, à demander aux Russes d’espionner Hillary Clinton et à assurer que Poutine n’envahirait jamais l’Ukraine alors qu’il l’a déjà fait en annexant la Crimée, tout en rendant les médias responsables de l’ensemble de ses bourdes, comme d’habitude.
Tout cela vient après un an de déclarations insensées et honteuses, le plus souvent mensongères, qui n’avaient pourtant pas entamé le cœur de ses soutiens.
Cela vient après qu’il ait insulté un autre héros de guerre, membre de son propre parti, le sénateur et ancien candidat à la présidence, John McCain, ainsi que tous les candidats à la primaire républicaine, de Ted Cruz (ainsi que sa famille) à John Kasich en passant par Marco Rubio, et bien évidemment tous les candidats à la primaire démocrate et même le colistier de Clinton, Tim Kaine, reconnu par ses opposants comme un homme intègre et qu’il a traité dans un tweet, juste après sa désignation, de «corrompu».
Cela vient après qu’il ait insulté les Mexicains les accusant d’être des criminels et des violeurs.
Cela vient après qu’il ait traité les Chinois de «tueurs brutaux».
Cela vient après qu’il ait insulté nombre de femmes de Rosie O’Donnell à Megyn Kelly en passant par Carly Fiorina ou Arianna Huffington avec des grossièretés indignes.
Cela vient après qu’il se soit moqué d’un journaliste handicapé en le mimant à la tribune lors de l’un de ses meetings.
Cela vient après qu’il ait expliqué qu’il pourrait tuer n’importe qui dans la Cinquième avenue de New York sans perdre le moindre vote.
Cela vient après qu’il ait avancé qu’il ne soutiendrait pas les alliés des Etats-Unis au sein de l’OTAN si ceux-ci étaient attaqués, notamment par la Russie.
Sans même parler de toutes les affirmations sur lesquelles il est revenu comme celle qu’il connaissait bien Poutine pour dire aujourd’hui qu’il ne l’a jamais rencontré ou pour annoncer l’interdiction d’entrée de tous les musulmans aux Etats-Unis en assurant ensuite qu’il ne s’agissait que de quelques uns avant de prétendre qu’il parlait de tous ceux qui venaient de pays où il y a du terrorisme.
Sans même parler de toutes les affirmations mensongères sur lesquels il n’est jamais revenu comme de prétendre qu’Hillary Clinton voulait supprimer le deuxième amendement de la Constitution, qu’il avait rencontré Ronald Reagan à la Maison blanche, que sa fortune se montait à plus de dix milliards de dollars ou qu’il avait réussi à lever des fonds pour les anciens combattants alors même qu’il avait du faire un chèque d’un million de dollars pour que le montant corresponde à ses assertions.
Sans même parler de ses attaques, pendant des années, bien avant de se lancer dans la présidentielle, contre Barack Obama, l’accusant de ne pas être un Américain, sous-entendant qu’il était un Kenyan musulman.
Sans même parler des mensonges de sa femme – que l’on peut voir nue dans le New York Post – sur ses parents, son parcours et ses diplômes ainsi que de son plagiat du discours de Michelle Obama.
Le Washington Post, à la fin de l’année 2015, avait recensé  68 personne ou groupes de personnes que Trump avait publiquement insultés…
Cette liste est malheureusement loin d’être limitative pour celui qui s’autoproclame «la personne qui se présente à la présidentielle qui ait le plus réussie dans la vie».
Mais elle est déjà assez longue pour que les sondages ne lui donnent qu’une poignée de pourcentage.
Or ce n’est évidemment pas le cas jusqu’à présent.
Trump obtient toujours des scores élevés même si Hillary Clinton vient à nouveau de creuser l’écart.
La centriste bénéficie ainsi des propos de celui-ci et des controverses qu’ils ont créées mais aussi de l’«effet» convention où un candidat monte en général de quelques points supplémentaires dans les enquêtes d’opinion après qu’elle se soit tenue.
Sans oublier que la convention démocrate a été une réussite alors même que la républicaine a été proche du désastre.
Les semaines qui viennent devraient en dire plus sur la situation de Trump d’autant que, désormais, il y a un nombre incalculable de gens qui veulent lui voir mordre la poussière ce qui pourrait délier les langues et engendrer nombre de révélations désastreuses pour lui.
Encore que la personne capable de faire le plus de mal à Trump est Trump lui-même.


Sondages des sondages au 2 août 2016
Clinton creuse l’écart

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
45,9%
43,2%
Clinton 2,7
Five Thirty Eight (1)
44,3 %
39,4%
Clinton 4,9
Huffington Post
46,3%
41,4%
Clinton 4,9
New York Times
44,0%
41,0%
Clinton 3,0
Polltracker
47,5%
39,5%
Clinton 8,0
Pure Polling
46,6%
42,6%
Clinton 4,0
Real Clear Politics
45,5%
42,0%
Clinton 3,9
270 to win (1) (2)
47,3%
41,0%
Clinton 6,3
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC



Présidentielle USA 2016

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