mardi 22 janvier 2019

L’Humeur du Centriste. Quand Lagarde donne une très longue interview à un site internet d’extrême-droite!

Jean-Christophe Lagarde
Dans sa volonté d’exister et de faire parler de lui le plus possible, au moment où il se présente en tête de liste de son parti pour les élections européennes, Jean-Christophe Lagarde a fait fort.
Non seulement le président de l’UDI a donné une très longue interview au site d’extrême-droite, identitaire et complotiste, Breizh-info.com, mais, en plus, il l’a publié in-extenso sur le site de son parti!
Pour ceux qui ne connaitraient pas ce site et son idéologie bien loin des valeurs centristes, voici ce qu’en disait Le Monde dans un article consacré aux organes de presse régionaux d’extrême-droite:
«Breizh Info se trahit également à quelques détails, comme ce titre de rubrique ‘La Bretagne orange mécanique’ (allusion à un livre, La France orange mécanique, très populaire à l’extrême droite); cette interview du fondateur très islamophobe de l’Observatoire de l’islamisation, Joachim Véliocas; ou cette annonce d’un forum de la Fondation Polémia (créée par Jean-Yves Le Gallou, un théoricien d’extrême-droite cofondateur du Club de l’horloge). Parmi les membres de la rédaction, on compte d’ailleurs l’ancien président du mouvement identitaire Jeune Bretagne Yann Vallerie, ou un ancien candidat FN à Nantes, Thierry Monvoisin.»
Concernant ce monsieur Yann Vallerie qui vient d’être cité, il s’agit de celui qui a réalisé l’interview de monsieur Lagarde, voici ce qu’en dit Le Monde:
«M. Vallerie est une figure de l’extrême droite locale. Il a notamment été à la tête de Jeune Bretagne, groupuscule qui a longtemps été une branche du Bloc identitaire (extrême droite radicale).»
Et de poursuivre:
«Pourfendeur des ‘valeurs républicaines’, Yann Vallerie lui-même prend parfois la plume. Récemment, il s’est fendu d’un texte à propos du burkini qui était plutôt clair: ‘La seule alternative humaine, pacifiste à ces conflits communautaires ne réside ni dans l’assimilation forcée et impossible, ni dans la société multiculturelle et multiraciste, mais bien dans la remigration, dans le Grand Rembarquement [des musulmans]. Ils sont là-bas chez eux, nous sommes ici chez nous!’.
Voici quelques exemples de questions qu’il a posé au président de l’UDI:
- Est-ce que le sentiment anti-Union européenne (pas anti-Européen) ne provient pas d’un manque de légitimité, par exemple de la Commission européenne qui fait la pluie et le beau temps de l’UE sans avoir été élu par les peuples, qui se disent qu’ils sont au-dessus de tout?
- Si l’Europe est simplement un territoire accueillant le monde entier, sans vraiment de définition de son espace, est-ce encore l’Europe?
- Sur la question des migrants, sujet de préoccupation majeure des populations en Europe, on a l’impression que tout débat est interdit. Tous les dirigeants politiques parlent comme si l’immigration était obligatoire, un fait, quelque chose qu’on ne peut pas résorber….
- Ici en Bretagne, les bouchers, les boulangers, les ouvriers de l’agroalimentaire, ne sont pas des immigrés, mais bien majoritairement des Bretons…
- Au-delà de la question sur les migrants, la question posée est de savoir si un continent qui peine déjà à se définir, à s’unir, à définir ses frontières, peut accueillir et assimiler autant de gens venus de l’extérieur sans entrainer d’énormes problèmes (communautarisme, affrontements) par la suite?
- Si vous regardez la Hongrie par exemple ou certaines populations en Europe centrale, qui refusent de devenir une société multiculturelle, pourquoi voudrions-nous les forcer à le devenir?
- Sur le communautarisme, je voulais parler également du choix que font de plus en plus de citoyens qui n’en peuvent plus des grandes métropoles et des banlieues, de se regrouper à la campagne, ou dans des régions où il y a moins d’immigrés, où ils sont entre Gaulois, entre Européens, entre Blancs…
- Ce n’est pas forcément un racisme. C’est simplement l’envie de ne pas vivre avec d’autres communautés, sans pour autant les dénigrer…
- Sur certains sujets y compris du grand débat national, le Gouvernement explique qu’il n’y aura pas débat, de discussion (avortement par exemple et immigration) comme si certains sujets n’étaient pas discutable.
Bien sûr, Jean-Christophe Lagarde a le droit de parler à tout le monde et, parions-le, il expliquera à propos de cette interview qu’il voulait parler à ce «peuple d’extrême-droite» pour lui apporter la bonne parole centriste.
Mais si l’on doit porter la contradiction face aux extrêmes de tous bords et défendre sa vision, ses valeurs et ses principes, on peut tout de même se demander qui se sert de qui dans cette histoire.
Légitimer des sites de propagande déguisés en sites d’information en répondant à leurs questions orientées, ce n’est pas la même chose que de débattre sur un vrai média avec des représentants de ces extrêmes et ce n’est pas rendre service à la démocratie républicaine.
Pourtant, c’est ce qu’a fait monsieur Lagarde.

Centristement votre

Le Centriste


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