vendredi 13 décembre 2019

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Bonne nouvelle! la Grande Bretagne va enfin quitter l’Union européenne

Ce n’est sans doute pas une bonne nouvelle pour les Britanniques mais certainement pas une mauvaise pour l’Union européenne, au contraire et surtout pour tous les européens convaincus dont les centristes.
Avec la victoire écrasante des Conservateurs menés par le populiste démagogue et premier ministre sortant, Boris Johnson, aux législatives anticipées qui viennent d’avoir lieu, la Grande Bretagne devrait enfin quitter l’Union européenne au début de l’année 2020.

Beaucoup estiment que ce départ – baptisé Brexit – programmé puis reprogrammé puis re-reprogrammé va être un coup dur pour l’Europe.

Avec d’autres, je pense que non.

Evidemment, le départ d’un pays de l’Union n’est pas, en soi, une bonne chose d’autant plus que celui-ci est important par le nombre de ses habitants, son économie et sa place dans le monde.

Mais, la Grande Bretagne a toujours été depuis son adhésion à la CEE (Communauté économique européenne, ancien nom de l’UE) en 1972, le ver dans le fruit européen.

Parce que les britanniques n’ont rejoint la construction européenne que contraints et forcés et non avec enthousiasme et volonté de faire progresser celle-ci.

Il ne faut jamais oublier que, pendant des années, ils ont tenté de la torpiller de l’extérieur par toutes sortes de moyens dont la création d’une zone de libre-échange directement concurrente et sensée démontrer son inanité.

Dès leur entrée, ils n’ont eu de cesse de demander un statut spécial et des avantages exorbitants, demandes qui ont culminées, dans les années 1980, avec la tristement célèbre formule de leur première ministre, Margaret Thatcher, «I want my money back» (Je veux que l’on me rendre mon argent) et qui signifiait que les Britanniques devaient intégralement se voir reverser d’une manière ou d’une autre leur contribution financière à l’Union européenne.

Ce n’était plus de l’extérieur qu’ils voulaient détruire l’Europe mais de l’intérieur tout en se servant au passage.

Et après leur décision de partir par référendum où la désinformation a été la règle du côté de ceux qui souhaitaient le «Brexit», au premier rang desquels ont trouve Boris Johnson, dans les négociations de sortie, ils ont tenté d’extorquer un statut spécial à l’UE qui, s’ils avaient réussi dans leur entreprise, leur aurait donné tous les avantages d’être dedans tout en profitant, en même temps, de tous les bénéfices d’être dehors!

Oui, l’histoire de la Grande Bretagne vis-à-vis de l’Union européenne est celle d’une prédation constante qui l’a déstabilisée sciemment ou cyniquement pour ses seuls intérêts.

Et il faut espérer que, pendant la période de transition qui devrait suivre son départ le 31 janvier prochain, on aille aussi vite que possible et sans concession outrancière aucune dans les règles qui vont dorénavant régir les relations entre les deux entités.

Ce que l’on peut espérer avec son départ c’est d’abord une clarification de la situation de l’UE ainsi que de constater qui veut ou pas y demeurer.

Si les 27 pays membres ont tous fait bloc – avec quelques variantes mineures – face aux britanniques, certains seront peut-être tentés de les imiter.

On pense notamment aux pays dirigés par des populistes radicaux comme en Hongrie ou en Pologne.

Et pourquoi pas d’autres départs qui clarifieraient toujours plus la situation et permettraient à ceux qui veulent vraiment rester de donner cette nouvelle impulsion absolument indispensable pour que l’Europe devienne réellement ce qu’elle doit être: une grande puissance basée sur les valeurs humanistes, espace de paix à l’intérieur et propagandiste de celle-ci partout dans le monde.

Non pas pour la beauté du geste ou une quelconque mégalomanie mais tout simplement pour une question de survie et de pouvoir être maître de son destin dans ce XXI° siècle.

Il serait dommage de gâcher ce moment qui s’annonce, voire de provoquer une dislocation de l’UE parce que tous les peuples européens en paieraient le prix d’une manière ou d’une autre.

Bon vent donc à la Grande Bretagne qui doit, évidemment, demeurer une alliée et une partenaire de l’Union européenne.

Mais, dorénavant, elle devra le démontrer en paroles et surtout en actes.




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