jeudi 5 décembre 2019

Vues du Centre. Pourquoi une destitution de Trump parait si évidente?

Par Aris de Hesselin

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste.

Donald Trump
Alors qu’à la Chambre des représentants, la Commission du renseignement vient de publier son rapport accablant sur la réalité des agissements répréhensibles du président des Etats-Unis qui sert actuellement de support aux auditions de la Commission des affaires judiciaires avant que celle-ci n’adopte une résolution qui sera soumise à tous les membres de l’institution et que la présidente de ladite chambre, la démocratie Nancy Pelosi, vient de déclarer, ce 5 décembre, que ses troupes la voteraient, il y une évidence dans la destitution de Trump bien que l’on sache qu’elle n’aura pas lieu effectivement puisque la majorité républicaine au Sénat s’y opposera malgré les faits qui ne soufrent aucune discussion (la recherche de l’aide d’une puissance étrangère, l’Ukraine, pour salir son principal concurrent à la présidentielle de 2020, Joe Biden).
Cette évidence provient de ce que, pendant la campagne de 2016 puis depuis qu’il est président, Trump a constamment défrayé la chronique par ses comportements inqualifiables dont beaucoup relevaient d’une possible procédure de destitution à laquelle il a échappé pour plusieurs raisons (une étant la crainte des démocrates que celle-ci ne se retournent contre eux à l’occasion de la présidentielle de l’année prochaine).
Car ce qui devrait plus étonner que cette procédure de destitution, c’est qu’elle n’est pas eu lieu plus tôt!
Mais l’affaire ukrainienne était trop grave, trop indiscutable et trop inacceptable pour que Trump puisse, encore une fois, ne pas devoir rendre des comptes au pays.
Car si l’on sait que les républicains dans un comportement qui mêle l’intérêt partisan au plus haut degré face à l’intérêt du pays, la lâcheté la plus crasse (ainsi que parfois la bêtise du même acabit) et la peur de la sanction électorale de la part de cette frange de la population qui est en pâmoison devant le milliardaire populiste, sauveront ce dernier de la manière la plus honteuse qui soit, cette procédure de destitution existera bien aux yeux des électeurs de 2020 mais aussi aux yeux de l’Histoire et sera une satisfaction, peut-être bien mince mais réelle, pour tous ceux qui, comme les centristes, défendent les valeurs démocratiques et les règles républicaines.
Même s’il n’est pas destitué, cette procédure et les preuves irréfragables qui sont désormais établies sans l’ombre d’un doute et qui vont aboutir à sa mise en accusation par les représentants du peuple américain, sans doute dans les 15 jours qui viennent, avant un procès qui va être instruit par les sénateurs, sont une défaite cuisante pour Trump qui ne s’y est pas trompé, lui qui a rédigé des centaines de tweets et fait nombre de déclarations à ce propos qui contenaient, comme d’habitude, des mensonges, des grossièretés, des insultes, des insanités (telles «je suis un génie» ou «je suis le plus grand président américain, plus grand que George Washington et Abraham Lincoln) qui mériteraient sûrement une consultation psychiatrique…
Parce qu’in fine, si la destitution risque de ne pas se faire, personne dans son for intérieur, pas même les défenseurs les plus acharnés de Trump, ne peuvent douter de son évidence.

Aris de Hesselin


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