vendredi 3 avril 2020

Propos centristes. France – Spécial guerre contre le coronavirus: défense de la démocratie en Europe; contrôle démocratique de l’urgence sanitaire; protection des salariés; confinement, violences familiales et conjugales; mécanismes d’aide aux plus démunis et aux SDF; confinement et vacances; solidarité européenne; protection des salariés; organisation du bac; déconfinement…


Voici une sélection, ce 3 avril 2020, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de l’épidémie de coronavirus et de ses conséquences.

[Déclaration de l’Allemagne, de la Belgique, du Danemark, de l’Espagne, de l’Estonie, de la Finlande, de la France, de la Grèce, de l’Irlande, de l’Italie, de la Lettonie, de la Lituanie, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Portugal et de la Suède]
 Dans cette situation sans précédent, il est légitime que les Etats membres adoptent des mesures extraordinaires pour protéger leurs citoyens et surmonter la crise. Nous sommes toutefois profondément préoccupés par le risque de violation des principes de l’Etat de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux découlant de l’adoption de certaines mesures d’urgence. Les mesures d’urgence devraient être limitées à ce qui est strictement nécessaire, être proportionnées et provisoires par nature, faire l’objet d’un réexamen régulier et respecter les principes susmentionnés, ainsi que les obligations du droit international. Elles ne devraient pas restreindre la liberté d’expression ou la liberté de la presse. C’est ensemble que nous devons surmonter cette crise et défendre nos principes et valeurs. Nous soutenons donc l’initiative de la Commission européenne visant à surveiller les mesures d’urgence et leur application afin de garantir le respect des valeurs fondamentales de l’Union, et nous invitons le Conseil Affaires générales à se saisir de la question au moment opportun.

● Emmanuel Macron (Président de la République)
- Pour aider les équipes du SAMU et l'ensemble de nos soignants à sauver des vies, rien de plus simple : restez chez vous.
- Échange amical avec Narendra Modi pour renforcer notre coopération et notre solidarité face au COVID-19. La démocratie, la santé, l’éducation, la lutte contre le changement climatique sont au cœur de notre partenariat et de notre vision internationale.

● Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Edouard Philippe (Premier ministre)
- Notre pays peut faire face à ce défi. La France est un grand pays, qui a une grande histoire. Confrontés à ce qu'il y a de plus dur, les Français peuvent souvent se révéler courageux, solidaires, déterminés. Dans cette période difficile, c'est ce qu'il faut mettre en actes.
- Le baccalauréat 2020 ne se déroulera pas dans les conditions normales. Je crois que c'est sur le contrôle continu le plus complet qu'il va falloir se reposer.
- Je veux remercier nos amis allemands d'avoir mis à notre disposition des respirateurs et d'accueillir dans les hôpitaux allemands des malades français. Le Luxembourg, la Suisse l’ont fait aussi. Il faut savoir dire merci à ses amis lorsqu’ils vous aident.
- En Île-de-France, nous avons accéléré l’ouverture d’un plateau ultra moderne, qui pourra accueillir 86 patients supplémentaires d’ici le 10 avril. Notre objectif a été de transformer des lits en lits de réanimation en les équipant de respirateurs et du matériel nécessaire.
- Pour certains médicaments, les stocks sont plus limités et les tensions sont réelles. C’est ma priorité numéro un en ce moment : nous nous battons, heure après heure, pour répondre à l'augmentation inouïe de la consommation.
- L'hôpital est soumis à une pression considérable. Il tient encore par un engagement humain exceptionnel. Avec de très nombreuses difficultés, je ne les cache pas. Il tient parce que, tous ensembles, nous nous battons et nous ne relâchons pas l’effort sur le confinement.
- Il ne doit y avoir aucun départ en vacances dans les jours qui viennent. Vous propageriez le virus et vous ruineriez notre effort collectif depuis près de trois semaines. Il y aura des contrôles. Je fais appel au civisme, respectez les règles du confinement.
- Le dévouement et l’engagement des personnels qui travaillent dans les EHPAD sont admirables. Certains se sont même confinés à l'intérieur des EHPAD pour continuer à accompagner nos aînés. Je veux tous les saluer avec beaucoup d’admiration.
- Une préoccupation majeure : garantir la bonne santé de nos 750 000 concitoyens dans les EHPAD. Nous avons pris des décisions difficiles pour les protéger et nous devons les assumer.
- Depuis le début de la crise, je tiens à entretenir un dialogue permanent et régulier avec les responsables politiques. Quatrième point de situation sur le COVID19 avec les présidents des Assemblées, des groupes parlementaires, des associations d’élus et les chefs de parti.
- Contre le COVID19, vous avez tous un rôle. Il n’y a pas de spectateurs dans ce combat contre le virus. Il n’y a que des acteurs. Il n'y a que des citoyens qui luttent contre une épidémie, en respectant les consignes de confinement.
- La question du déconfinement est redoutablement complexe : il n'y a pas de précédent, pas de méthode éprouvée. On n'a jamais confiné aussi largement, on n'a donc jamais déconfiné aussi largement. Nous étudions les scénarii et nous avons besoin de continuer à travailler.
- Contre le virus, nous livrons un combat avec une volonté farouche et un engagement total. Toute notre énergie est consacrée à lutter et à trouver les solutions les plus adaptées, compte tenu des contraintes qui s’imposent à nous.
- Face au COVID19, nous ne savons pas tout : nous avons pris le parti de dire ce que nous savons et ce que nous ne savons pas. Nos décisions sont souvent prises sur le fondement d’informations parfois incomplètes et souvent contradictoires. C’est un fait.
- Le contrôle parlementaire est indispensable dans une démocratie. Dans un souci de dialogue et de transparence constant depuis le début de la crise, je répondrai bien sûr à toutes les questions que me posent les parlementaires sur le COVID19 et notre stratégie pour y faire face.

Christophe Castaner (ministre de l’Intérieur)
- Non, on ne part pas en vacances pendant la période de confinement : c'est mettre en danger ses proches et nos concitoyens. Forces de police et de gendarmerie seront mobilisées pour faire respecter les préconisations sanitaires. Tout contrevenant sera sanctionné.
- Depuis la mise en place du confinement, nous comptabilisons 6,7 millions de contrôles et 406 283 infractions relevées. Nous avons constaté une légère baisse des contraventions, mais elle n'est pas spectaculaire. Globalement, les règles du confinement sont bien respectées, même si l'on ressent une différence en fonction de la sociologie de certains quartiers. Je sais, c'est encore plus difficile quand on vit à plusieurs dans 50 m2 dans un quartier que lorsque l'on a la chance d'avoir un pavillon avec un jardin. Il y a des exceptions et donc des verbalisations, mais cela reste à la marge. On a le sentiment que les Français ont compris qu'il s'agissait d'une protection et que si nous voulons « casser les chaînes de propagation », il faut que le confinement soit efficace.
- À partir de lundi, nous mettons en place une attestation numérique en complément du dispositif papier. Le service sera accessible en ligne, sur le site du ministère de l'Intérieur et du gouvernement. Désormais, les Français se sont approprié les règles du confinement, il convient donc de leur donner un peu de souplesse avec cet outil. On pourra éditer le formulaire, depuis son smartphone, afin de le présenter aux policiers grâce à un QR Code. Nous n'avons pas voulu d'une application comme celles que nous avons vu fleurir lors des premiers jours du confinement, car il y avait un risque de piratage des données. Là, il n'y aura pas de fichier. Personne ne pourra collecter les données des usagers. Ce système est aussi construit pour lutter contre la fraude : il faudra préciser votre heure de sortie, mais l'heure à laquelle vous avez édité le document sera accessible aux policiers. Cela évitera que des personnes remplissent l'attestation uniquement à la vue d'un contrôle de police. Et grâce au QR code, les policiers et les gendarmes n'auront pas besoin de prendre le téléphone en main, il leur suffira de scanner l'écran.
- Confinement et départs en vacances sont incompatibles. Cela ruinerait l'effort fait depuis trois semaines par les Français. Il faut éviter la propagation du virus d'une région à l'autre et continuer de réduire drastiquement les contacts. J'ai donc demandé aux préfets un point précis sur les locations de vacances, afin d'augmenter les contrôles dans certaines zones si besoin. Notre objectif est de dissuader les départs en vacances, avec des contrôles renforcés au départ des grandes villes, dans les gares, sur les routes et dans les lieux touristiques… Je le rappelle, toutes les personnes présentes dans une voiture peuvent donc être verbalisées.
- Je ne veux pas supposer que les gens ne respecteront plus la règle. Je fais le pari de l'intelligence. C'est une question de santé, de vie. Dans tous les cas, il y aura toujours des contrôles. Et si besoin, nous durcirons encore les règles. Le couvre-feu est d'ores et déjà en place dans 150 communes, j'ai demandé aux préfets d'élargir en lien avec les maires les mesures de couvre-feu partout où cela leur paraît nécessaire. Et je les encourage à prendre des arrêtés de fermetures des commerces partout où cela génère des rassemblements.
- Compte tenu de la tension sur les masques en France, il s'agit de mobiliser tous les moyens pour préserver les professions sanitaires. La clé, ce sont les gestes barrière. Ensuite, si les policiers ou les gendarmes ont le sentiment d'être face à un porteur du Covid-19, ils doivent être équipés de masques. Nous en avons déjà distribué 800 000 et 300 000 de plus arrivent. J'ai aussi lancé l'acquisition de visières, de lunettes ou de masques textiles.
- Nous avons un problème de disponibilité de masques. Dans notre pays et dans le monde entier. Il faut du temps pour monter en puissance, mais nous faisons face.
Sur 250 000 agents, environ 10 000 policiers et 2300 gendarmes sont en arrêt, en quarantaine ou empêchés pour des raisons de garde d'enfants par exemple. On a anticipé cela avec un roulement, un allègement des horaires et des missions des policiers. Cela garantit notre capacité à tenir dans la durée tout en garantissant la continuité des missions. (…) J'assume les décisions que je prends qui visent à protéger les Français, mais aussi les policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers. Je suis extrêmement fier de leur engagement.
- Je ne veux pas laisser caricaturer les quartiers. Le confinement y est globalement respecté. Leurs habitants ne sont pas moins intelligents que les autres, ils savent aussi qu'il en va de leur santé. Il ne faut pas non plus caricaturer la police qui est présente dans les quartiers. Mais on prend en compte les situations de tension qu'il peut y avoir. J'ai demandé, non pas une politique spécifique pour les quartiers, mais d'appliquer, comme partout, les contrôles avec discernement et intelligence.
- Les quartiers sensibles restent globalement calmes, même si des tensions peuvent survenir à l'occasion. Le trafic de stupéfiant est effectivement au ralenti. Donc oui, on appréhende ce risque de voir la délinquance se déplacer et prendre d'autres formes.
- Le problème de la délinquance, c'est qu'elle sait parfaitement s'adapter aux situations. Des pharmacies ont été cambriolées, notamment pour des vols de masques. Le trafic de drogues à domicile se développe. On est attentifs aux affaires de cybercriminalité, dont les hôpitaux pourraient être la cible. Ou aux escroqueries en ligne, sur les ventes de masques, de gel, de tests ou visant des publics plus fragiles. Nous sommes aussi attentifs aux cambriolages.
- [Violences intrafamiliales dans le cadre du confinement] Nous n'avons pas encore de statistiques. Mais nous redoublons de vigilances et avons mis en place de nouveaux outils : l'alerte dans une pharmacie ou dans certains centres commerciaux, sur Internet ou par SMS avec le 114. Policiers et gendarmes font aussi des appels d'initiatives. S'agissant de violences intrafamiliales je refuse que le confinement soit synonyme d'impunité.
- Les forces de sécurité sont équipées de masques à utiliser lorsqu’elles sont confrontées à des personnes symptomatiques. 800 000 masques ont été mis à disposition & 300 000 supplémentaires sont en cours de distribution. Un équipement en lunettes et visières est aussi expérimenté.
- Le savoir-faire de la police technique et scientifique du ministère de l'Intérieur va être mis à contribution de la santé des Français. Nos experts et nos laboratoires permettront d'augmenter notre capacité nationale de dépistage du Covid19.

Nicole Belloubet (ministre de la justice)
[Tribune: «L’Etat de droit n’est pas mis en quarantaine»]
Avec l’épidémie de Covid-19, nous avons tous été projetés, collectivement et individuellement, dans une situation inédite. Totalement inédite. Comme si nous entrions tout à coup dans une nouvelle dimension où certains de nos points de repère seraient effacés. C’est en tout cas ce que certains craignent, quand ils s’inquiètent de voir l’Etat de droit mis en quarantaine.
Ces préoccupations sont non seulement légitimes mais également saines, pour autant qu’elles ne relèvent pas d’une logique purement polémique, politique, voire complotiste. Pour légitimes qu’elles soient, elles sont néanmoins infondées. L’Etat de droit n’est pas mis en quarantaine.
Il est vrai que le gouvernement et le Parlement ont dû prendre des mesures imposant des contraintes sans précédent, qui restreignent certaines de nos libertés quotidiennes les plus précieuses. Les Français comprennent très bien que tel est le prix à payer pour protéger la santé de tous, et d’abord celle des plus faibles. C’est en pesant soigneusement les conséquences de ces mesures, à court et à moyen termes, que nous avons résolu de les mettre en œuvre. Sans gaieté de cœur mais sans états d’âme, avec responsabilité.
L’Etat de droit passe par le respect des droits fondamentaux sous le contrôle du juge. Rien de cela n’est atteint, n’est remis en cause. Ni en théorie ni en pratique.
Notre objectif est simple : préserver le droit à la santé dans notre démocratie. Ce droit à la santé est un droit proclamé par le préambule de la Constitution et une composante de l’ordre public. La théorie des droits de l’homme a toujours admis que certaines libertés, comme la liberté d’aller et de venir ou la liberté d’entreprendre, puissent être limitées lorsque c’est à la fois rationnellement nécessaire et proportionné à la gravité d’une menace.
L’équilibre normal doit revenir avec les temps normaux
Et puisque la liberté, nous enseigne l’article 4 de la Déclaration de 1789, consiste « à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », c’est bien « autrui » qu’il s’agit aujourd’hui de préserver.
Même en période « normale », aucune liberté n’est absolue. Les libertés doivent toutes être conciliées afin que les intérêts légitimes des uns et des autres soient respectés. En période exceptionnelle, certaines d’entre elles doivent être plus strictement restreintes, parce qu’il y va de l’intérêt général, au sens le plus élevé du terme.
Mais précisément, ce qui a du sens lorsque les circonstances sont exceptionnelles ne conserve son sens que tant que les circonstances demeurent exceptionnelles. L’équilibre normal doit revenir avec les temps normaux. Je veux être à cet égard d’une absolue clarté : les dispositions qui ont été prises sont temporaires. La loi du 23 mars 2020 crée un cadre juridique nouveau pour faire face aux catastrophes sanitaires les plus graves. Elle n’autorise en aucun cas l’édiction de règles et de décisions durables au-delà de ce que l’urgence justifie.
L’habilitation donnée au gouvernement pour statuer par ordonnances prévoit expressément la limite temporelle des dispositions prises « pour faire face aux conséquences de la propagation de l’épidémie de Covid-19 et aux conséquences des mesures prises pour limiter cette propagation ». Ainsi, les mesures dérogatoires issues de ces ordonnances cesseront-elles à la fin de l’épidémie de Covid-19 et ne sauraient être réactivées lors de la survenance d’une nouvelle épidémie.
Assurer la primauté du droit
C’est la volonté du gouvernement comme du Parlement, mais c’est surtout une exigence juridique absolue. Sur le fond, les ordonnances promulguées dans le périmètre du ministère de la justice visent sans exception à assurer, en dépit du fonctionnement dégradé des juridictions et d’un accès réduit à la justice, la primauté du droit.
Il ne serait pas acceptable que nos tribunaux aient à travailler dans des conditions dangereuses pour le droit à la santé des magistrats, des fonctionnaires des greffes, des avocats, de tous les autres auxiliaires de justice et acteurs du procès judiciaire, forces de l’ordre, personnels pénitentiaires, éducateurs et justiciables !
Le télétravail, que nous demandons à tous les Français de privilégier, et les audiences en visioconférence devaient prendre place dans le procès, moyennant les précautions nécessaires à la sécurité des échanges et au respect des droits de la défense. Juridiquement et techniquement, nous l’avons désormais rendu possible.
Il ne serait pas acceptable non plus que certains de nos concitoyens puissent se trouver privés d’un droit ou subir un préjudice parce qu’un délai de procédure s’est écoulé depuis le début de la crise. Nous les avons tous prolongés. Il ne serait pas acceptable que la société ou les victimes soient confrontées aux conséquences de l’impossibilité de voir les instructions se poursuivre ou les procès pénaux se tenir dans les délais de la détention provisoire.
Les voies de recours sont préservées, les droits de la défense garantis
Nous avons donc prolongé la durée de ces détentions ordonnées et contrôlées par les juges, sans ôter à ces derniers la possibilité de remettre en liberté les personnes dont la détention ne paraîtrait plus nécessaire, et bien sûr, sans ôter la possibilité aux détenus de solliciter leur libération et de voir alors leur situation débattue contradictoirement.
Il ne serait pas acceptable, enfin, que les questions urgentes ne puissent pas être traitées en priorité. Lorsque les circonstances l’exigent, il faut pouvoir s’occuper d’abord de ce qui est essentiel : la santé, la liberté, la sécurité, la protection contre les violences, la survie des entreprises, l’emploi… Les fonctions dédiées à l’urgence sont donc toutes maintenues au sein des juridictions dans le cadre des plans de continuation d’activité actionnés depuis le 16 mars.
Nous avons également ouvert la possibilité, pour le cas où cela serait rendu nécessaire par la durée ou la gravité de la crise, de rendre les décisions de justice par un juge statuant seul et non par une formation collégiale. Ces dispositions encadrées permettront de répartir au mieux les forces et les moyens disponibles afin que ce qui doit être jugé tout de suite puisse l’être. Mais nous avons tout mis en œuvre aussi pour empêcher, en ces circonstances, que cette justice diligente et efficace ne se transforme en justice arbitraire et expéditive. Les voies de recours sont préservées, les droits de la défense garantis, le contradictoire respecté.
Personne ne sera privé de son droit d’accès à un juge efficient
Nos compatriotes doivent savoir qu’aucune protection juridictionnelle ne leur a été ni ne leur sera enlevée. Les actions en justice que les uns ou les autres souhaitent introduire pourront l’être. Chacune sera jugée. Ce qui peut attendre sera tranché un peu plus tard, dans les conditions du droit commun. Ce qui demande à être examiné tout de suite sera jugé maintenant, dans le cadre aménagé par les ordonnances du 25 mars. Mais personne ne sera privé de son droit d’accès à un juge efficient.
Les textes que nous avons pris permettent qu’il en aille ainsi, de même que l’action de tous ceux qui, par leur engagement et leur sens profond du service public, contribuent au fonctionnement de notre justice en ces temps difficiles.
Quant aux « autres » droits fondamentaux et aux contrepoids essentiels de la vie démocratique, ils ne sont même pas effleurés : la liberté de s’exprimer, de communiquer, de s’informer, de critiquer est et reste en tout point celle des temps ordinaires.
Respect des équilibres qui définissent l’Etat de droit
Le Parlement continue à exercer sa fonction de contrôle sur l’action du gouvernement. Le Conseil d’Etat n’a pas cessé un seul instant de statuer en urgence sur les recours intentés contre cette action. Le juge pénal fait son office. Quant au Conseil constitutionnel, qu’il est parfaitement possible de saisir, il n’est, lui non plus, privé d’aucun pouvoir. Le législateur a simplement permis qu’il dispose, s’il le souhaite, d’un peu plus de temps pour juger. Rien d’autre.
Proportionnées, limitées dans leur durée, contrôlées, les mesures que nous avons édictées respectent tous les équilibres qui définissent l’Etat de droit. Ses principes sont préservés. Juges, ONG, médias, universitaires et citoyens, tous y veilleront scrupuleusement.
Par sa brutalité, la crise dans laquelle cette épidémie vient de nous plonger met à l’épreuve notre société et chacun d’entre nous. Nous n’avons désormais qu’un impératif : protéger notre santé en protégeant nos droits ! Au côté du sens du devoir, de la fraternité, de l’intérêt général, le respect de nos libertés fondamentales constitue l’un de nos plus précieux viatiques. Dans cette tourmente, ce qui nous unit nous protège.

Bruno Le Maire (ministre de l’Economie et des Finances)
- L'Union européenne a pris de bonnes décisions sur le plan économique. Elle doit maintenant aller plus loin et frapper plus fort. Nous proposons la création d'un fonds exceptionnel et temporaire pour relancer l'économie européenne une fois la crise du coronavirus derrière nous.
- L’Union européenne doit repenser son modèle économique avec un objectif stratégique rappelé par Emmanuel Macron: la souveraineté économique.
Nous voulons que les personnes les plus précaires continuent de percevoir leurs aides et d’exécuter les opérations bancaires dont elles ont besoin dans de bonnes conditions sanitaires.
- Les boulangeries restent ouvertes pendant le confinement. J’invite tous les Français à acheter leur pain en boulangerie. La profession est fortement sensibilisée aux règles d’hygiène. Le pain est cuit à haute température, ce qui élimine le Covid19.

Elisabeth Borne (ministre de la Transition écologique et solidaire)
- Le Chèque énergie continue d’être distribué pendant la période de confinement. 150€ en moyenne pour aider 5,5 millions de ménages à payer leurs factures d’énergie.
- Pour les déplacements autorisés en période de confinement, le covoiturage est possible sous conditions: une attestation par passager plus une pièce d’identité; respect des gestes barrières : conducteur seul à l’avant, 2 personnes maximum à l’arrière, véhicule nettoyé.

Jean-Michel Blanquer (ministre de l’Education)
Lorsque l’on pense qu’un enfant est en danger et subit des violences, on appelle le 119.

Olivier Véran (ministre de la Solidarité et de la Santé)
- À tous les médecins, infirmiers, soignants, en activité, retraités ou volontaires, nous avons plus que jamais besoin de vous dans les régions les plus touchées!
- Il est hors de question que l’épidémie de COVID19 restreigne le droit à l’avortement dans notre pays. Plusieurs dispositions sont à instruction et vont être prises dans les meilleurs délais.
- Il n'y a pas de vacances pour le virus, donc pas de vacances pour le confinement. Ce n'est pas parce qu'il y a des vacances que les Français peuvent quitter leur lieu de confinement.

Didier Guillaume (ministre de l’Agriculture)
Nos demandes faites à la Commission européenne: aménagement déclaration PAC, autorisation de stockage privé pour le lait et la viande, aménagement pour la filière pêche.

Jacqueline Gourault (Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales)
- Notre manière de travailler est bouleversée, mais la continuité de l’action républicaine est assurée. Le gouvernement, autour du premier ministre, est à la tâche sans relâche. Notre administration réalise un immense travail, et l’État n’a jamais été aussi présent.
- Je ne vais pas vous dire que les choses ne sont pas bousculées, car comme le président de la République l’a dit, il faudra tirer toutes les conséquences de cette crise. C’est ainsi que, par exemple, le pacte de Cahors, qui encadrait les dépenses de fonctionnement, a été temporairement levé, car on sait bien que cette crise engagera des dépenses supplémentaires et des recettes minorées. Toutefois, l’esprit de la loi 3D demeure et se révèle très précieux puisqu’il s’agira de permettre aux collectivités de construire des réponses rapides et spécifiques à leurs problématiques propres, sans jamais perdre de vue la solidarité nationale. Ainsi, toutes les concertations que j’avais menées ne seront pas vaines.
- Les ordonnances prises par le gouvernement]  mettent en œuvre, de manière très pratique, l’état d’urgence au niveau local. Après une ordonnance qui assure la continuité budgétaire, financière et fiscale des collectivités, j’en présente une nouvelle sur la gouvernance des assemblées délibérantes. Les préfets conservent un contrôle de légalité, mais l’objectif est de faciliter la vie des exécutifs en leur évitant au maximum d’avoir à se réunir physiquement. Les présidents se voient confier automatiquement l’intégralité des pouvoirs qui pouvaient auparavant leur être délégués. Bien sûr, en parallèle, ils ont le devoir d’informer leurs assemblées, y compris les élus du 1er tour qui ne siègent pas encore comme le prévoyait déjà la loi d’urgence. L’objectif est de permettre aux collectivités de respecter les consignes en garantissant l’efficacité de l’action publique.
- Les agences régionales de santé jouent un rôle essentiel pour coordonner la gestion de la crise dans les territoires, avec les préfets. Elles adaptent les réponses aux besoins. Peut-être existe-t-il des fonctionnements plus ou moins fluides, mais les choses sont bien tenues. En période de crise, les décisions s’adaptent au fil des jours.
- Dans le malheur, il y a aussi des signes d’optimisme. Quand on voit ces malades français hospitalisés en Allemagne, en Suisse ou au Luxembourg, on se dit que, malgré tout, l’Europe a du bon.

Franck Riester (ministre de Culture)
J'ai réuni en visioconférence le Conseil des Territoires pour la Culture. Avec les élus représentants des collectivités territoriales, nous sommes mobilisés pour apporter des réponses au monde culturel particulièrement touché par la crise sanitaire.

Gérald Darmanin (ministre des Comptes publics)
- Nous avons décidé de verser en avance la plupart des prestations sociales : RSA, allocation adulte handicapé, prime d’activité, APL... Elles seront disponibles sur le compte bancaire de tous les allocataires concernés dès le 4 avril 2020.
- Nous accélérons le remboursement des crédits d’impôt pour aider les entreprises françaises à faire face à la crise du coronavirus.

Muriel Pénicaud (ministre du Travail)
- Protéger les salariés ce n'est pas négociable
- Pour répondre aux besoins de recrutements des secteurs en tension et en première ligne pendant la crise COVID19, nous lançons la plateforme #mobilisationemploi avec pole emploi.
- Nous avons publié, à destination des employeurs, des guides métier par métier pour protéger efficacement les salariés des risques de contamination au Covid19. Les entreprises doivent se conformer à ces guides.
- Très forte montée en puissance du dispositif chômage partiel : 400 000 entreprises et près de 4 millions de salariés protégés, soit 1 salarié sur 5. Préservons nos emplois et nos compétences.
- Le système d’information du chômage partiel a été transformé en profondeur pour répondre à l’afflux sans précédent des demandes des entreprises.
- Pour récompenser les salariés qui travaillent afin que les Français puissent continuer à vivre au quotidien, les entreprises pourront verser une prime totalement exonérée de charges sociales et d’impôts pour le salarié et l’employeur.

Julien Denormandie (ministre de la Ville et du Logement)
- Nous continuons à ouvrir des chambres d’hôtel pour mettre à l’abri les sans domicile: 7600 chambres réquisitionnées depuis le confinement 59 centres pour l'accueil des malades Grâce aux associations et aux  services de l’Etat, 170.000 personnes hébergées hier soir.
- Pour aider les sans abri, l'Etat va distribuer des chèques services permettant d'acheter nourriture et produits d'hygiène. Depuis le début de la crise, l'Etat est aussi mobilisé pour leur hébergement 170.000 personnes hébergées hier soir dont 7.600 places d'hôtels réquisitionnées
- Nous allons distribuer des chèques-services aux SDF qui rencontreraient des difficultés d'accès aux aides alimentaires. Un peu comme des titres restaurant. Nous débloquons 15 millions d’euros pour pouvoir en fournir à 60 000 personnes.
L'ANIL est là pour répondre aux questions des locataires en difficulté et les accompagner vers des soutiens financiers correspondant. Grâce à l'accord avec les départements, le Fonds de solidarité pour le logement de €350 Mio va être pleinement mobilisé.

Adrien Taquet (secrétaire d’Etat à la Protection de l’enfance)
Seul un Français sur quatre a le réflexe d'appeler le 119 face à une suspicion de violences sur un enfant. Quand on a un doute, il faut agir au risque de se tromper. Quand on ne se trompe pas, c'est souvent la vie d'un enfant que l'on sauve.

Amélie de Montchalin (secrétaire d’Etat aux Affaires européennes)
Nous sommes profondément préoccupés par le risque de violation de l’Etat de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux.

Gabriel Attal (secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education)
- Depuis son lancement le 22 mars, près de 250 000 personnes ont rejoint la réserve civique. Une telle mobilisation est inédite dans un temps aussi court. 45 000 Français sont déjà mobilisés sur le terrain autour des missions essentielles : l'aide alimentaire et aux plus vulnérables, le lien à distance, la garde exceptionnelle d'enfants de soignants, et pour beaucoup, la livraison de courses pour les personnes âgées ou en situation de handicap. Je lance aujourd'hui une nouvelle mobilisation en soutien à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et aux établissements de santé, afin que les soignants puissent se concentrer sur leurs missions essentielles.
- Nous allons recruter 500 volontaires pour faire du lien avec des malades du coronavirus qui sont chez eux. Ils appelleront les personnes qui ont du mal à remplir l'application mise en place par l'AP-HP pour le suivi des malades à domicile.
- La réserve civique a été construite avec les associations. Nombre d'entre elles reposent habituellement sur des bénévoles âgés de plus de 70 ans. Elles ont naturellement demandé à ces personnes de rester chez elles pour éviter de s'exposer au virus, et ce sont autant de bras qui leur manquent. C'est tout l'enjeu de la plateforme que de permettre ce renfort de nouveaux bénévoles. Aujourd'hui, une association qui exprime un besoin sur la plateforme trouve en moyenne 100 volontaires en une demi-heure.
- Nous allons appeler 20 000 jeunes en service civique, dont la mission a été interrompue au début du confinement, à se mobiliser. Dès cette semaine 1 000 jeunes sont déployés, grâce à Unis-Cité, pour maintenir un lien par téléphone avec des personnes âgées, ou leur livrer des courses ou des médicaments. Et, dès aujourd'hui, des jeunes en service civique vont venir en soutien aux établissements hospitaliers. Ils participeront pour treize hôpitaux des Hauts-de-France à l'acheminement et la gestion des stocks de masques. Ils n'interviendront pas sur des sujets sanitaires, mais apporteront un soutien logistique important pour le fonctionnement des structures de santé.
- De nombreux Français se trouvent en grande difficulté du fait de cette crise. Les entrepreneurs, les artisans, les allocataires des minima sociaux… Les associations aussi. Les Restos du cœur ont dû récemment dépenser 500 000 € pour compenser des dons alimentaires qui leur manquaient. J'ai échangé avec Gérald Darmanin pour lui proposer que la cagnotte permette aussi de flécher des fonds vers les associations d'aide aux plus démunis.
- Les 2 000 jeunes qui ont participé au SNU [Service national universel] l'an dernier se sont spontanément tournés vers nous pour nous demander comment aider. Nous leur avons transmis le kit «voisins solidaires» pour qu'ils s'engagent dans leur immeuble, dans leur rue ou leur village.
- [Service national universel] Il serait incompréhensible qu'en cette année où le pays a tant besoin de mobilisation, on y renonce. Mais évidemment, nous allons l'adapter. Les jeunes commenceront par leur mission d'intérêt général qui se fait près de chez eux. Pour le séjour de cohésion, nous en arrêterons les modalités en fonction du contexte sanitaire.

Agnès Pannier-Runacher (secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances)
- La mobilisation de notre industrie, de ses opérateurs, techniciens et ingénieurs, est totale. Merci infiniment pour leur mobilisation sans faille pour accroître nos capacités de production et réorienter des lignes de production dans des temps records.
- Nous faisons le bilan avec chaque filière pour faire le bilan de ce qui gène la continuité. Nous travaillons à préciser les conditions dans lesquelles ces travaux doivent être exercés et comment les salariés peuvent être équipés.
- Dans le cadre des arbitrages que nous venons de rendre, la vente de semences et de plants potagers est considérée comme un achat de première nécessité.
- Nous avons multiplié par 10 la production de gel hydroalcoolique. Nous allons construire en 50 jours autant de respirateurs que la France en a produit en 3 ans. Cela permet d’accompagner la montée en puissance de nos soignants.
- Face au COVID19 le sujet n'est pas d'aller réquisitionner ou nationaliser les entreprises. Le sujet c'est d'entraîner notre industrie comme nous sommes en train de le faire en ayant porté la production de masques de 13,5 millions d'unités par mois à plus de 40 millions en avril.

Marlène Schiappa (secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes et à la Lutte contre les discriminations)
- Même si vous êtes opposé au gouvernement (et c’est votre droit) partagez, s’il vous plaît, les nouvelles mesures contre les violences conjugales pendant le confinement! Faites-les connaître pour soutenir les femmes.
- L’éviction du conjoint violent est notre priorité ! Près de 1 000 Téléphones grave danger sont attribués aujourd’hui pour protéger les femmes.
- Toutes les associations qui défendent les femmes sont sur le pont, comme les services de l’Etat, et je leur tire mon chapeau! C’est pour les soutenir que j'ai débloqué un fonds d’un million d’euros supplémentaire.
- Nous créons un numéro d’écoute avec la Fédération nationale d’accompagnement des auteurs de violences. Il n'y a pas de honte à téléphoner, c'est une action responsable que de vous faire accompagner pour préserver votre famille!
- Le confinement, c’est déjà une épreuve psychologique pour beaucoup mais quand vous êtes confiné avec quelqu’un qui vous agresse, qui vous insulte, qui vous frappe, qui vous viole et qui parfois vous menace de mort, l’urgence pour nous c’est de mettre fin à cette cohabitation.
- Mesdames, vous avez le droit de sortir pour porter plainte en commissariat et en gendarmerie même pendant le confinement.

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Richard Ferrand (président de l’Assemblée nationale)
Avec cette mission d’information Covid19, l’Assemblée nationale assure la permanence de ses missions constitutionnelles et fait vivre le contrôle démocratique. Nous veillerons à ne pas entraver l’action de l’Exécutif : le combat contre l'épidémie reste la priorité absolue.

Stanislas Guerini (délégué général)
- Bravo à toutes celles et ceux qui font jouer à plein la solidarité nationale et intergénérationnelle grâce à leur formidable mobilisation. En ces temps difficiles, ils font ressortir ce qu'il y a de plus beau dans notre pays.
- Grâce aux 15 millions € débloqués sous forme de chèques-services, l'État va permettre à 60 000 SDF d'acheter de la nourriture ou des produit d'hygiène. L'engagement du Gouvernement auprès des plus fragiles est total. Merci.

Gilles Le Gendre (président du groupe à l’Assemblée nationale)
- Je suis très heureux que notre santé soit confiée au ministre de la Santé Olivier Véran et à ses équipes, plutôt qu'à Madame Le Pen.
- La première séance de la Mission d'information COVID19 est une réussite. Elle a permis à la majorité et aux oppositions d’engager leur travail de contrôle. Le vrai cadre d'un débat démocratique de qualité, c'est l'Assemblée Nationale.
- L'élan des Français est admirable et il faut le souligner : la plateforme http://jeveuxaider.gouv.fr compte 230 000 inscrits et la réserve sanitaire 40 000!

Aurore Bergé (porte-parole)
- Dire la vérité. Dire aussi que les informations reçues peuvent être incomplètes ou contradictoires. Dire enfin que l'on croit farouchement en la capacité des Français à surmonter cette épreuve.
- Tous engagés pour la culture et l'éducation avec #nationapprenante. Merci aux médias privés qui se mobilisent malgré un contexte économique sans précédent et une baisse record de l'investissement publicitaire.

●MoDem
François Bayrou (président)
- Il serait très imprudent de faire des pronostics optimistes à court terme. Je ne suis pas certain que dans deux semaines, les raisons qui ont conduit au confinement seraient terminées. Je pense au contraire que tout ce que l'on voit dans les chiffres ainsi que la dynamique des chiffres conduit à penser que, probablement, les pouvoirs publics seront amenés à prolonger ce délai et donc tout le monde s'y prépare. Il n'y a pas un Français qui croit que tout cela va se lever à l'instant. Je pense au contraire que, ce que l'on voit, c'est la nécessité d'avoir des disciplines, des conduites prudentes, d'avoir tous ces gestes et ces attitudes qui font que la propagation du virus sera ralentie, à la fois pour que les hôpitaux ne soient pas encombrés, et pour que l'on attende - j'espère que cela viendra un jour - traitements et vaccins.
- Tout le monde a conscience que chacun, où qu'il se trouve, a des responsabilités et des devoirs. Il est vrai que ceux qui sont dans le travail manuel dans les interventions, je pense aux équipes qui sont les équipes des communes, des départements et des régions, ceux qui font que les autres peuvent vivre, ont évidemment des responsabilités particulières. On a organisé des équipes qui se relaient et il y aura, je le pense aussi des primes. C'est vrai que ce n'est pas la même vie ni le même confinement lorsque vous avez une maison et un jardin, même petit, et lorsque vous avez un petit appartement pour une famille nombreuse. C'est vrai que, de ce point de vue, les tensions augmentent, les tensions à l'intérieur des couples, les tensions avec les enfants, il y a même parfois une augmentation des violences. C'est vrai, ce n'est pas la même vie et c'est pourquoi il faut être très attentif à la manière dont on régule le confinement selon les quartiers et selon les espaces de vie où l'on se trouve.
- C'est un moment très dur et, dans ce moment très dur, il faut au minimum qu'il y ait des gestes de reconnaissance. Il faut au minimum que l'on comprenne que, ceux qui assument ce travail qui est souvent un travail manuel, un travail de proximité, ils ont droit à ce qu'on leur donne un coup de pouce, quelque chose qui leur permette de reconnaître que leur travail a été repéré, a été vu et qu'on leur rend hommage. Je trouve que c'est une solidarité nécessaire. Le gouvernement vient de faire des gestes très importants en permettant que la prime qui porte le nom du Président de la République depuis l'an dernier soit versée sans charges, sans difficultés supplémentaires pour un certain nombre d'entreprises. Cela doit être aussi le cas des collectivités locales.
- Du temps où j'ai fait campagne pour mettre en garde contre le creusement de la dette - et on voit bien aujourd'hui que si l’on avait plus de marges de manœuvre ce serait mieux comme un certain nombre de pays qui nous entourent - la dette était une dette nationale. Je crois qu'aujourd'hui la situation est extrêmement différente car toutes ces dépenses que l'on doit faire, toutes ces aides que l'on doit apporter pour faire face à l'épidémie du coronavirus, cela ne doit plus, cela ne peut plus être seulement une dette nationale. Pourquoi le coronavirus? C'est la faute de personne. Il n'y a pas un pays dans le monde dont on puisse dire : c'est eux qui ont fait des fautes de gestion donc ils n'ont qu’à assumer la responsabilité de leurs actes. Ce que je crois au contraire, c'est que cette calamité qui frappe le monde entier, qui a commencé en Chine, qui est en Europe, qui va être demain aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Afrique avec les difficultés que l'on voit, cette calamité doit être assumée par l'humanité tout entière, elle doit être assumée par les organisations politiques de l'humanité tout entière. Pour moi, cela doit être une dette partagée. Il faut que les banques centrales - la Banque centrale européenne a déjà fait un certain nombre de choix qui sont justes. La Banque centrale américaine est allée encore plus loin - s'entendent pour que cette catastrophe qui frappe l'humanité soit assumée dans ses conséquences par l'humanité tout entière.
- C'est une catastrophe qui frappe l'humanité tout entière sans que nul n'en soit responsable. Il n'y a pas, où que ce soit dans la planète, quelqu'un qui en porte la responsabilité. Il faut donc l'assumer ensemble.
- Si l'Europe n'a pas une réponse coordonnée en direction de ce fardeau partagé, eh bien elle explosera. Vous voyez bien que l'on ne peut pas dire: on abandonne l'Italie à son sort, on abandonne l'Espagne à son sort, on abandonne la France à son sort, car vous allez voir qu'au-delà des frontières, les maux, les calamités, les victimes, le nombre de personnes atteintes montrent qu'il y a une unité profonde du continent européen et que l'on ne peut pas se débarrasser cette unité uniquement au nom d'égoïsmes budgétaires, nationaux. Je suis très choqué de la position des Pays Bas. Les Pays Bas ont organisé une fiscalité pour que les grandes entreprises aillent de préférence placer leur siège européen chez eux, mais on ne peut pas considérer qu'à partir de là ils sont exonérés de tout effort. Je crois exactement le contraire. Je pense qu'il faut, d'une certaine manière, bloquer le compteur au début de cette crise et analyser les dépenses qui sont faites sur l'ensemble du continent européen pour lutter contre cette épidémie du corona virus. Cette partie-là des budgets publics doit être le plus possible partagée et ceci est la conception même de l’Union européenne.
- C'est la plus grande crise que l'on ait connue de mémoire d'homme sur l'ensemble de la planète depuis plusieurs siècles. Cette crise a en effet un aspect sanitaire extrêmement dangereux, mais vous voyez bien que l'économie de la planète s'est arrêtée sous toutes les latitudes et dans tous les pays. Aujourd'hui, un habitant de la terre sur deux ou presque est confiné et ceux qui ne le sont pas courent de terribles risques. Je pense à l'Afrique, on vient de voir que Pape Diouf a été hélas le premier mort du corona virus au Sénégal, mais vous imaginez les risques de contagion, les risques de contagion en Amérique du Sud et vous observerez que tous les chefs d'État qui voulaient d'une certaine manière hausser les épaules et considérer que ce n'était pas pour eux, qu'ils allaient être plus malins que les autres, qu'ils allaient jouer avec l'épidémie, tous ceux-là sont obligés aujourd'hui de faire des volte-face à 180 degrés et de prendre une position différente ; c'était le cas de Boris Johnson, c'est le cas de Donald Trump, ce sera le cas de Jair Bolsonaro demain au Brésil. On est obligé de considérer que les disciplines les efforts, les contraintes qui viennent de cette épidémie touchent l'ensemble des pays de la planète.
- [Elections municipales] Mon regret, c'est qu'alors même que le Président de la République était acquis à cette idée, j'en atteste parce que j'étais à tout instant, pendant ces heures-là en ligne avec lui, et puis des responsables de l'opposition, et non des moindres, toutes les organisations politiques de l'opposition en vérité, ont dit : « Cela, c'est une ruse, c'est une atteinte à la démocratie, on veut nous empêcher de tenir les élections, c'est scandaleux, on se prononcera contre publiquement ». Or, ce que le Président de la République avait en tête, c'était qu'il y ait un consensus, que toutes les forces démocratiques puissent dire : Aujourd'hui, ce n'est pas raisonnable, on va reporter à un peu plus loin les élections. C'est ce qu'il aurait fallu faire pour des raisons sanitaires et pour des raisons j'allais dire psychologiques dans l'opinion. On ne peut pas à la fois fermer les bars et les restaurants, demander aux gens de ne pas sortir de chez eux et maintenir cette organisation. Bon, c'est fait, c'est fait, c'est derrière nous. De ce point de vue, il y a eu un manque de civisme.
- Cela fait très longtemps, très longtemps, que les questions qu'a eues à traiter le monde politique n'étaient pas des questions de vie ou de mort. Cela fait très longtemps que le sentiment que la société peut être entraînée vers une dissolution, vers des attitudes qui sont des attitudes de dispersion, d'antagonisme, qui menacent même la vie au sens propre de nos concitoyens, ce sentiment-là de responsabilité doit s'imposer à tout le monde.
- Tout le monde voit bien que le confinement sert à ralentir la propagation du virus pour des raisons qui sont immédiates, je pense par exemple la saturation des services d'urgence des hôpitaux, et pour des raisons de plus long terme : est-ce qu’on va pouvoir avoir tous les équipements nécessaires, tous les tests nécessaires ? Est-ce qu’on va pouvoir expérimenter des traitements ? Tout cela, ce sont évidemment des questions qui demandent à avoir un certain délai pour qu'on puisse les organiser. Donc, le confinement, c'est la mesure d'urgence la plus importante et tous les épidémiologistes sur toute la planète sont d'accord sur ce sujet. Mais évidemment tout le monde voit bien que cela ne va pas suffire à arrêter le virus. Ce qui est très important, c'est que nos concitoyens puissent se faire une idée de la manière dont on va sortir du confinement. Quelle sera l'étape d'après ? Ce que je crois, c'est que, lorsqu’on regarde ce qui s'est fait ailleurs, en Corée du Sud par exemple, on voit qu'il y a une mesure dont on n'a pas les moyens encore aujourd'hui - je sais bien parce qu'à Pau nous y travaillons tous les jours - c'est une capacité de détection généralisée, que l'on ait les moyens, lorsque le moment viendra de lever le confinement, de voir qui a été atteint par le virus, qui est porteur du virus dans le moment présent et qui n'a pas été atteint. Il se trouve que les tests que nous avons aujourd'hui, sans vouloir faire de précision technique, mesurent la présence du virus au moment où l’on fait le prélèvement, mais il y a d'autres systèmes de détection que l'on appelle sérologiques qui regardent dans le sang la trace de la contamination du virus.
- Est-ce qu’il a été prudent, dans la période passée, de se défaire, de se démunir de nos capacités de production ? Production de médicaments j'entendais tout à l'heure l'appel des responsables des hôpitaux et notamment des hôpitaux de Paris sur le fait qu'ils craignaient de manquer des médicaments nécessaires, notamment pour les anesthésies, du curare par exemple.  De ce point de vue, est-ce que cela a été prudent de se démunir, y compris de la fabrication des masques ? Le Président de la République a répondu hier, j'ai le même sentiment que le sien : Cela a été très imprudent. Vous vous souvenez que j'ai fait des campagnes présidentielles sur le thème de « produire en France, produire en Europe » car, ce qui est de l'ordre de l'essentiel pour l'indépendance d'un pays, ce qui concerne sa santé, ce qui concerne sa défense, il faut à tout prix qu'on le conserve sur le sol, je ne dis pas seulement du pays mais de notre Union européenne, au moins de l'Union européenne étroite, ceux qui décident, ceux qui ont la volonté et au fond c'est ce que Jacques Delors rappelait, d’aller de l'avant ensemble.
- Il faudra un avant et un après car je ne crois pas une seconde que la société repartira après une crise sanitaire, économique, sociale, démocratique peut-être, de cet ordre, comme avant. Je ne crois pas que la manière de vivre-ensemble, de se saluer sera la même qu'avant, beaucoup de choses vont changer et, d'une certaine manière, il y a peut-être aussi un espoir dans le fait que tant de choses vont changer dans la société.

Patrick Mignola (président du groupe à l’Assemblée nationale)
Merci aux élus locaux et aux préfets pour leur mobilisation : les plants et semences pourront être vendus dans nos jardineries ou en drive. Bon pour l’économie, les salariés, les consommateurs, dans le respect des règles sanitaires.

Sarah El Hairy (porte-parole)
Les violences conjugales ne s'arrêtent pas le temps du confinement au contraire ! Alors soyons vigilants.

●UDI
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]

Jean-Christophe Lagarde (président)
- C'est un virus qu'on ne connait pas, d'autant que les Chinois n'ont pas forcément fait preuve de transparence en temps utile. Le Gouvernement a l'honnêteté de dire ce qu'il sait et ce qu'il ne sait pas.
- Les assurances doivent aider les TPE/PME et contribuer avec un prélèvement exceptionnel : nous continuons à payer nos cotisations tous les mois alors qu'ils ont moins de sinistres à rembourser avec le confinement.
- Il faut arrêter de jouer à se faire peur avec la Seine-Saint-Denis : le confinement est respecté, je le sais par la Police Municipale et la Police Nationale. Si les hôpitaux ont été débordé, c'est parce qu'il y a moins de lits qu'ailleurs!

Nathalie Goulet (sénatrice)
[Tribune sur l’épidémie de covid19 et l’économie]
Alors que la France et le monde traversent une crise sanitaire d’une ampleur inédite, chacun évalue la crise économique qui va en résulter. L’économiste Christian Gollier estime entre 10 % à 20 % la chute du PIB national. Dans le domaine de la prévision chacun navigue au doigt mouillé, pour faire au mieux dans des circonstances d’une gravité inconnue pour notre génération, et nous sommes nombreux à nous ranger derrière le vocabulaire guerrier du Président Macron. Le système financier va sans doute connaître des changements violents, et pas de simples ajustements, en cette matière comme dans d’autres il y aura un avant et un après COVID19. L’heure est à l’urgence sanitaire, la situation budgétaire et financière attendra, comme attendra, la reprise de l’économie en état mort cérébrale.
Pour tenter d’endiguer cette chute vertigineuse et le marasme qui va en découler, le G20 vient de décider une injection de 5 000 milliards de dollars dans l’économie mondiale, en plus de ce que les pays ont prévu individuellement ou par le biais de leurs banques centrales. Aux États-Unis, le plan proposé par Donald Trump, voté par les démocrates au Sénat, prévoit le déblocage de 2 000 milliards à destination des salariés, des hôpitaux et des entreprises.
En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a mis en place un plan d’urgence le 19 mars consistant au rachat d’actifs pour près de 750 milliards d’euros, faisant culminer (pour l’instant) l’aide de la BCE à plus de 1 000 milliards d’euros, une véritable révolution pour l’institution. La situation a contraint Christine Lagarde à modifier sa stratégie pour permettre à la BCE de «soutenir chaque citoyen de la zone euro».
Afin de laisser une marge de manœuvre plus grande aux États membres, la Commission européenne a choisi quant à elle de mettre en place un cadre temporaire leur permettant de soutenir financièrement les entreprises touchées par l’arrêt brutal de production et de consommation causé par la pandémie.
Le Parlement allemand, revenant sur les limitations prévues par la Constitution, a débloqué près de 1 100 milliards d’euros visant à appuyer les systèmes de santé, les salariés et entreprises ainsi que les collectivités.
Dans cette chronique du tsunami économique annoncé, il faut se garder de faire des pronostics imprudents. Néanmoins, l’inquiétude est inversement proportionnelle à la visibilité, qui est nulle. Les agences de notation tentent des analyses, mais cette crise de tous les superlatifs aura des effets majeurs mettant à mal la résistance des économies et des banques…et ne parlons pas de dette des États…
Dans ce contexte, il n’est guère surprenant de constater que les pays se ruent vers l’or. L’or est la valeur refuge par excellence. La fin du XXe siècle avait entraîné un désintérêt relatif pour le métal précieux, au profit des actifs rapportant des intérêts. La crise financière de 2008 et plus récemment les mouvements erratiques du commerce international (guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, retour progressif et multiforme au protectionnisme, Brexit) n’ont fait qu’encourager les banques centrales à délaisser des éléments trop fluctuants et à revenir aux valeurs de base, c’est-à-dire à l’or.
Et ce n’est pas la crise du coronavirus qui va inverser la tendance, bien au contraire.
L’or n’est pas soumis aux dévaluations. C’est en 1971 que le Président Nixon décidait de mettre fin à la convertibilité du dollar en or, et en faisait la monnaie de référence, soumettant par là même l’économie mondiale au dollar roi, dollar arme politique, stratégique et économique - il suffit de se souvenir de l’Europe inféodée, impuissante à faire valoir ses positions et à protéger ses entreprises face à la politique des sanctions américaines contre l’Iran. Une Europe totalement désarmée, face à la puissance politique du dollar.
Recherchant sécurité et souveraineté, certains États reviennent donc à une valeur sûre et constituent des réserves d’or, non soumises au bon vouloir de la politique ignorante du multilatéralisme des États-Unis et de son imprévisible président.
Ainsi la Chine, la Russie ou la Turquie ont clairement et ouvertement engagé une course à l’achat d’or. Si la Chine en achète massivement ces dernières années sans que les chiffres exacts soient connus, la Russie était le plus gros acheteur en 2018 (274, 3 tonnes sur un total de 651,5, soit la plus grande acquisition d’or de l’histoire par une banque centrale) et la Pologne le plus gros acheteur au premier semestre 2019 (100 tonnes, devant la Russie, 94 tonnes).
Les achats d’or par un nombre accru de pays (Qatar, Colombie, Chine, Russie, Pologne, Hongrie, Équateur, etc.) constituent des marqueurs de la volonté de ces pays de faire reposer leur économie sur une valeur sûre. Des stocks d’or importants permettent donc à la fois de s’affranchir de l’esclavage du roi dollar et de tenter de garantir une certaine stabilité de l’économie.
Le prix de l’or n’a fait que grimper depuis 2008, atteignant des niveaux historiques. Avant même que la crise sanitaire nous touche, les économistes alertaient sur cette hausse, symptôme de l’instabilité économique mondiale, et certains se préparaient à une crise boursière majeure, ou à un nouveau choc pétrolier. Le coronavirus n’a donc fait qu’accentuer ces trajectoires.
La possession physique des stocks d’or devient dès lors un enjeu fondamental. En effet, si une crise économique ou politique trop forte éclate, il faut que les gouvernements aient la possibilité d’en disposer. C’est ainsi que depuis de nombreuses années, le rapatriement des stocks d’or par les pays peut être lu avec du recul comme le calme qui précède une tempête: la Belgique (dont la réserve d’or est de 227,4 tonnes), en 2015, faisait revenir ses stocks du Canada et d’Angleterre, l’Allemagne (3366.8 tonnes) rapatriait, en 2016, ses stocks d’or depuis Paris et New York, la Turquie (428,7 tonnes) depuis les États-Unis en 2018.
Le Royaume-Uni dispose certes de 310,3 tonnes d’or qu’elle conserve à la Bank of England. Cependant, l’établissement «héberge» également les réserves d’or d’autres pays européens. Le Brexit a entraîné le rapatriement des stocks d’or de pays comme la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie mais aussi la Serbie et la Pologne.
La France possède, en mars 2020, 2 436 tonnes d’or ce qui la situe a à la quatrième place après les États-Unis (8 133,5 tonnes), l’Allemagne et l’Italie (2451,8 tonnes). L’article L. 141-2 du code monétaire et financier prévoit d’attribuer la compétence de la gestion de ces stocks à la Banque de France: «la Banque de France détient et gère les réserves de change de l’État en or et en devises et les inscrit à l’actif de son bilan selon des modalités précisées dans une convention qu’elle conclut avec l’État.»
La gestion des stocks d’or a été l’objet d’une question quant à la souveraineté des États face à l’Union européenne. En effet, si les États membres de l’Eurosystème restent théoriquement propriétaires souverains de leur or et non soumis aux décisions de la BCE, cette dernière dispose néanmoins du pouvoir de la gestion des stocks d’or.
Mario Draghi, ancien président de la BCE précisait: «La BCE doit approuver toute opération concernant les réserves restant au sein des banques centrales nationales (…) ainsi que les transactions des États membres avec leurs soldes de réserves de change au-dessus d’un certain montant.» Ainsi, puisqu’elle gère l’euro, la BCE est compétente et peut contrôler les réserves et changes d’or des banques centrales nationales.
Rien d’anormal à cela si l’on considère les efforts des instances européennes dans le sauvetage des économies de l’Union.
Le cas de la Grèce n’aura alors été qu’un galop d’essai de la solidarité des pays européens face à une débâcle économique et budgétaire
La réserve d’or française n’a pas bougé depuis 2009, après la fin d’une série de ventes organisées par Nicolas Sarkozy à partir de 2004, pour un cinquième de son stock de l’époque, à savoir 589 tonnes. Désormais, toute vente ou dilapidation de stock d’or d’un pays de l’Eurosystème doit passer sous les fourches caudines de la BCE.
Nous voyons le débat en flux continu des effets de la dépendance et de l’absence de souveraineté en matière sanitaire ; avant que la crise du COVID19 ne soit dernière nous, il faudrait penser à notre souveraineté monétaire et financière.
Nos stocks d’or seront-ils suffisants pour garantir les emprunts colossaux de la France pour maintenir notre économie sous perfusion, sans compter ceux qu’il faudra encore lancer pour la faire redémarrer?
La crise du coronavirus appelle une vigilance accrue vis-à-vis des valeurs refuges. L’actuelle ruée vers l’or (la devise devrait atteindre 1 800 dollars d’ici la fin de l’année, en rebond de plus de 23 %) n’est pas le signal d’une accalmie mais bien au contraire celui d’une inquiétude majeure qui pèse sur le monde et que chacun d’entre nous partage. Peut-être faudrait-il y réfléchir alors que le déficit budgétaire va flamber (légitimement) pour cause d’Urgence sanitaire?


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