vendredi 31 juillet 2020

Présidentielle USA 2020. Trump prépare ses soutiens fanatiques à ne pas accepter sa défaite quasi certaine

Donald Trump

Comme l’avait prédit le candidat démocrate à la présidentielle, Joe Biden, Donald Trump vient de déclarer qu’il fallait reporter les élections de novembre prochain au motif totalement fallacieux que le vote par correspondance induirait la plus grande fraude électorale que les Etats-Unis connaitront de toute leur histoire.
Lorsqu’il avait mis en garde les Américains contre cette tentative de torpiller la démocratie, le centriste avait été vilipendé par les républicains et la chaine d’extrême-droite Fox news, accusé de n’être qu’un complotiste de bas étage et de faire peur pour pouvoir remporter le scrutin…
Rappelons que, non seulement, le vote par correspondance est une institution dans le pays depuis toujours, mais qu’il n’a jamais induit de fraude notable.
D’ailleurs, Trump vote… par correspondance!
Rappelons également que le président des Etats-Unis n’a strictement aucun pouvoir pour reporter quelque élection que ce soit sauf à faire un coup d’Etat!
Rappelons, enfin, que les Etats-Unis, depuis leur création, n’ont jamais reporté aucune élection, même pendant la Guerre de sécession, même pendant la Première et la Deuxième guerres mondiales.
C’est le seul pays au monde dans ce cas.
Mais le mensonge de populiste démagogue a plusieurs objectifs qui démontrent une fois de plus qu’il est un danger réel pour la démocratie et qu’il est plus que temps de se débarrasser de lui.
D’abord, comme la plupart de ses provocations, insultes et mensonges, il s’agit de détourner la population et les médias de la très grave crise épidémique, économique, sociale et sociétale que vit le pays actuellement largement de par son incurie et son incompétence.
Puis, très prosaïquement, il sait qu’il a toutes chances de perdre l’élection et que la reporter peut lui permettre de garder le pouvoir un peu plus longtemps et, qui sait?
Ainsi, si, pendant cette période, l’épidémie de la covid19 disparaissait «par miracle» – selon ses propres termes – alors que les 150.000 morts viennent d’être dépassés, voire qu’un vaccin était trouvé, et que l’économie repartait (elle vient de chuter de plus de 32% au deuxième trimestre, du jamais vu), il pourrait éventuellement inverser la tendance même s’il oublie qu’avant la crise actuelle, il était déjà donné largement perdant.
Ensuite, son annonce était de tester combien d’élus républicains allaient se ranger à son opinion.
Il a du être très déçu puisqu’aucune personnalité de premier plan ne l’a soutenu, pire, pour lui, tous les leaders importants du parti ont montré leur désaccord avec cette possibilité.
Surtout, il s’agit, à moins de 100 jours du scrutin, de jeter un doute, voire le discrédit sur les résultats de novembre prochain, comme il l’avait fait en 2016 où il avait déclaré qu’il ne reconnaitrait pas la victoire d’Hillary Clinton (et qu’il continue à prétendre qu’elle n’a pas gagné le vote populaire par près de trois millions de voix d’écart et que de nombreuses fraudes gigantesques ont été commises sans pouvoir en apporter le début du début d’une preuve).
Cela lui permettra de ne pas reconnaitre sa défaite, ce qu’aucun candidat des deux grands partis n’a jamais fait (même pas Al Gore en 2000) et jeter la suspicion sur le vainqueur.
Mais le plus grave et le plus dangereux, c’est le message que Trump fait passer à ces soutiens les plus fanatiques, ceux qui manifestent avec des armes de guerre dans les lieux de la démocratie américaine, ceux qui ont des propos racistes, ceux qui appellent à la violence, ceux qui diffusent et croient toutes les théories complotistes, ceux qui ne croient ni à la réalité de la covid19, ni au nombre de morts qu’elle a causé.
Oui, Trump prépare son peuple à toutes les réactions possibles en lui demandant d’être prêt à toutes les éventualités et à le soutenir s’il ne voulait pas quitter la Maison blanche pacifiquement ou s’il voulait fomenter des troubles après sa défaite.
Oui, il joue le jeu du pire en tentant de délégitimer la victoire de Biden et de justifier toute action violente qui s’en suivrait par ses excités de fans.
Fantasme que tout cela, croyez-vous?
A Washington, un groupe composé de hautes personnalités républicaines et démocrates se réunit périodiquement pour envisager la situation où Trump n’accepterait pas les résultats et tenterait par tous les moyens de se maintenir au pouvoir, et se montre très préoccupé par sa capacité de nuisance en la matière parce qu’il possède le pouvoir exécutif dont on sait qu’il permet beaucoup de choses aux Etats-Unis.
Même si aucune institution comme l’armée n’a montré jusqu’à présent la moindre envie de soutenir Trump dans de tels agissements, la simple existence de ce groupe montre à quel point la situation est grave.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC


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