vendredi 12 mars 2010

Une semaine en Centrisme: L’exemple de l’UMP ou de la nécessité de l’indépendance pour les centristes


Le Centre ne peut être lui-même que dans l’indépendance. Indépendance qui ne veut pas dire isolement et refus d’alliances électorales et gouvernementales mais qui signifie que les centristes ne peuvent exister réellement et peser sur la vie politique que s’ils sont maîtres de leur destin. A chaque fois que les centristes ont renoncé à cette indépendance, ils ont perdu leur âme et leurs capacités politiques quel que soit le bord qu’ils ont rejoint.

L’exemple de l’UMP est emblématique à cet égard. Le ralliement d’une frange importante de l’UDF au RPR pour créer un grand parti de la Droite et du Centre a été un fiasco pour les idées centristes même si les ralliés ont pu obtenir pendant un temps des postes importants comme ce fut le cas pour Jean-Pierre Raffarin, Pierre Méhaignerie ou Philippe Douste-Blazy. Mais ceux-ci ont du mettre leurs engagements centristes entre parenthèses, voire plus, et ils n’ont pu infléchir sur le long terme la politique de l’UMP. C’est plutôt le contraire qui s’est produit avec une droitisation des centristes de l’UMP.

Les récentes velléités de quelques ex-centristes membres de l’UMP, autour de Pierre Méhaignerie et de Fabienne Keller, de demander une plus grande considération et une reconnaissance de leurs valeurs est caractéristique d’un certain désarroi dans lequel ils se trouvent. Car, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, ils ne comptent pour plus grand-chose, l’essentiel de la stratégie politique du nouveau Président de la république ayant été de rallier le Nouveau Centre et de l’accoler le plus possible à l’UMP pour lui ôter le plus d’indépendance possible quitte à lui donner une représentation démesurée dans la majorité présidentielle et au gouvernement par rapport à son poids politique réel.

Pour les membres de droite de l’UMP, majoritaires, l’ancien ralliement centriste est désormais considéré comme un ralliement politique total, c’est-à-dire que les anciens de l’UDF qui ont rejoint Jacques Chirac en 1995 puis en 2002 n’ont plus guère d’intérêt électoral en termes de diversité politique et que leur voix doit désormais être au diapason de la leur. C’est une leçon que devrait méditer le Nouveau Centre avant de se faire absorber par l’UMP à plus ou moins brève échéance s’il ne joue pas une carte plus indépendante et s’il abandonne les valeurs centristes. Mais c’est une leçon aussi pour tous les anciens UDF qui se trouvent dans le Mouvement démocrate. La création de ce nouveau parti par François Bayrou pour l’ancrer à gauche de l’échiquier politique a permis aux écologistes et aux socialistes qui l’ont rejoint de noyer la mouvance centriste qui n’a plus guère actuellement de moyen de peser sur le positionnement politique de cette formation.

Le Centre n’est pas soluble dans la Droite ou la Gauche. Il peut s’allier avec l’une ou l’autre dans un programme pour diriger le pays. Mais dès qu’il renonce à son indépendance, il perd son âme et ne gagne que des strapontins avant de ne plus rien gagner du tout.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC

Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC

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