dimanche 25 septembre 2011

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Pour le Centrisme, l’Etat doit être un outil


Ni vénération, ni rejet mais une vision de juste équilibre, voilà comment le Centre et Centrisme conceptualisent l’Etat. Au moment où celui-ci est accusé d’inefficacité, d’incapacité à agir et à résoudre les problèmes, alors qu’il croule sous les dettes et les déficits, il est bon de rappeler que l’Etat n’est que ce que nous voulons bien en faire et non une espèce de Léviathan que nous ne pourrions contrôler comme le prétendent tous ceux qui ont renoncé à le réformer, faute de courage politique. Car il s’agit bien de courage, de responsabilité et de volonté politiques afin de définir la place et l’importance du pouvoir étatique dans la communauté.
Bien sûr, il ne faut pas être naïf, la place démesurée qu’il a prise aujourd’hui – et qui est une des raisons de son incapacité à résoudre les problèmes - ne permet pas, d’un coup de baguette magique, de le changer immédiatement. Pour autant, dire que l’on ne peut rien faire pour qu’il évolue différemment, dès maintenant, est un mensonge de ceux qui ont renoncé d’agir et de prendre des vraies décisions, masquant leur démission par une gesticulation de façade d’autant plus dangereuse qu’elle fait croire à la population que le politique n’a plus aucune capacité pour organiser et réformer la société.
Alors que nous devrions nous tourner, à la fois, vers l’histoire pour nous rappeler les leçons des crises passées et réorganiser l’activité économique en conséquence et vers l’avenir afin de redéfinir pragmatiquement et efficacement la gouvernance de la sphère publique afin de lui permettre de remplir efficacement ses fonctions, nous sommes à nouveau dans l’immédiateté irréfléchie et dans la prise de décisions qui se contredisent les unes les autres et s’annihilent pendant que la situation empire.
Au moment où de nombreux intellectuels redécouvrent que cet Etat, si vénéré par certains qui en attendent tout comme d’une mère nourricière et si haï pour ceux qui fantasment son emprise totale sur leurs existences, peut être un outil, le Centre, une nouvelle fois, les avait précédés dans cette redéfinition…
En ce début de XXI° siècle nous sommes à un moment-clé pour cette réforme qui en conditionne beaucoup d’autres. Et pas seulement parce que nous sommes depuis trois ans dans une crise plus ou moins déclarée qui menace à tout moment de réapparaître avec plus d’intensité, diffusant un climat d’angoisse paralysante dans tout le corps social.
Comme je l’ai déjà écrit «Il faut donc une nouvelle définition qui établisse le rôle de l’Etat et sa place dans la Cité. Ainsi, son action doit être revue sous le prisme de son efficacité à organiser du mieux possible la vie en société et à protéger les citoyens dans un cadre juridique garantissant son impartialité et les droits fondamentaux de la personne humaine, cadre établi par le politique. C’est donc un Etat outil qu’il faut édifier et non un Etat grand ordonnateur. Et ses activités doivent, comme toutes les autres, être jaugées sur ses gains de productivité et, surtout, d’efficacité.
De là, on aboutira à un Etat rationalisé et dynamisé, outil de précision au service de la communauté. Un Etat qui assurera la sécurité de ses concitoyens, garant du lien social. Un Etat qui tendra vers un objectif du ‘toujours mieux’ et non du ‘toujours plus’ par lequel il montrera la voie à la communauté.
Car il n’est pas dans l’intention du Centre de se passer d’un Etat capable de remplir correctement ses missions. Cependant, même si l’appareil étatique peut toujours être compris comme le garant de la civilisation dans un monde violent, il ne peut en être son plus haut degré d’achèvement comme voudrait le faire croire les étatistes dans la droite ligne de Hegel. L’Etat n’est pas la représentation de la civilisation car ce rôle échoie à la communauté tout entière. D’autant qu’en le figeant ainsi dans cette sorte de mausolée, ceux-ci en ont fait une organisation à la fois hégémonique, auto-légitimée et condamnée à l’immobilisme». (1)
Il faut donc inventer un Etat efficace, efficient, capable de se remettre en question et de garder constamment une dynamique qui lui évitera l’ankylosement, souple, ciblant ses interventions, fier de ses missions mais aussi conscient de ses limites et facilitateur des capacités qui s’expriment au sein de l’appareil de production et de la société civile, moteur d’un progrès soutenable d’une société qu’il doit accompagner et non phagocyter, voire paralyser.
Ainsi, il doit, tout en garantissant la sécurité (qui comprend une protection sociale pérenne humainement et financièrement avec, de pair, son développement dans le cadre de l’économie sociale), investir dans le savoir, le savoir-faire et leur transmission (recherche, innovation, éducation) et dans les investissements ciblés (par exemple avec une vraie politique industrielle en faveur des petites et moyennes entreprises) qui seraient une force d’entrainement de toute la machine économique.
La nécessaire redéfinition du rôle de l’Etat est désormais une urgence. Ce n’est pas une raison de faire n’importe quoi n’importe comment en proposant, par exemple, des mesures démagogiques et populistes sans aucune réelle portée. Il faut seulement des hommes et des femmes politiques courageux qui agissent avec responsabilité. Qu’ils se manifestent vite!

(1) Le Centrisme du Juste Equilibre, Crec Editions, 2009 disponible à notre librairie en ligne

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