mardi 18 octobre 2016

L’Humeur du Centriste. Vraiment, si c’est pas Juppé l’UDI ne soutiendra pas le candidat de droite?!

Nicolas Sarkozy & Jean-Christophe Lagarde
Or donc 90% de l’UDI selon les estimations de Jean-Christophe Lagarde, son président, ont chois de soutenir Alain Juppé pour la primaire LR puis pour la présidentielle.
Et il a ajouté, tout comme d’autres membres du parti, que si ce n’est pas Juppé, l’UDI reprendra sa liberté et ne soutiendra pas automatiquement celui qui sera choisi par cette primaire.
Vraiment?!
Si tout centriste aime entendre cette déclaration d’indépendance et de fidélité à des valeurs, toute personne dotée d’un cerveau peut être dubitative.
Voyons cela.
Actuellement, les sondages donnent Juppé grand vainqueur, ce qui arrange bien les affirmations de Lagarde et consorts.
Et il a même accru son avance face à ses adversaires.
Parmi ceux-ci, le principal s’appelle Nicolas Sarkozy.
Evidemment, une grosse surprise reste possible mais peu probable, avec la victoire de Bruno Le Maire ou de François Fillon.
On ne parle même pas ici de François Copé, de Nathalie Kosciusko-Morizet et d’un certain monsieur Poisson.
On peut penser que s’allier avec Le Maire ou Fillon, même si ce dernier a un programme peu centro-compatible en l’état, ne posera pas de grands dilemmes existentiels à l’UDI.
Dans ces deux cas de figure, la reprise de sa liberté sera sans doute de courte durée.
En revanche, si l’on a bien compris toutes les déclarations de Lagarde et d’autres leaders de l’UDI, se rallier à Nicolas Sarkozy serait quasi-impossible.
Question de dignité.
Voire.
Car, quelles seront les alternatives de Jean-Christophe Lagarde et de ses amis si l’ancien président de la république part à la reconquête de l’Elysée et qu’ils décident de ne pas le rallier.
La première est de présenter un candidat UDI.
Cette possibilité est devenue nulle à tout point de vue, tout comme les scores dans les sondages des personnalités du parti qui ont été testées pour éventuellement être son représentant.
On voit mal un Lagarde dont la crédibilité et l’image sont bien ternes, risquer son poste et son avenir politique en allant au casse-pipe comme le tenta en son temps Hervé Morin.
La deuxième est de s’allier avec Emmanuel Macron.
Le leader d’En marche, comme l’indique tous ses propos, sera sans doute candidat à la présidentielle.
Et les ouvertures de dialogue venues ces dernières semaines de l’UDI en sa direction montrent que les convergences de vues existent et pourraient aboutir sans trop de difficultés à un accord politique.
Mais Jean-Christophe Lagarde, en se ralliant à Juppé, a développé toute une critique de Macron et de ses «postures», pour bien montrer son allégeance totale au maire de Bordeaux qui n’apprécient guère l’ancien ministre de l’Economie.
Désormais, en termes de dialogue, il ne lui offre plus que la possibilité de rejoindre la majorité présidentielle une fois Juppé à l’Elysée…
Bien entendu, la défaite de ce dernier à la primaire rabattrait les cartes.
Cependant, si des sondages montrent que Macron n’est pas loin de Sarkozy et que sa candidature ainsi que l’absence de Juppé pourrait booster son score, l’ancien président de la république possède une avance et toute une organisation structurée qui devraient faire la différence, même si rien n’est à exclure.
D’autant que Macron vise plutôt 2022 que 2017.
Quoi qu’il en soit, soutenir Macron serait prendre un risque important et on voit mal dès lors l’UDI qui n’s pas pris celui de présenter un candidat, se mettre derrière lui et se retrouver peut-être dans le camp des battus.
D’autant qu’il a peu à offrir en termes de sièges à l’Assemblée nationale ou au gouvernement.
Et puis, et ce n’est pas la moindre des raisons, l’alliance avec Macron ferait sans doute imploser l’UDI, certains de ses membres n’acceptant pas celle-ci (alors que le regroupement derrière Juppé se fera sans difficultés).
La troisième c’est de ne présenter personne et de ne soutenir personne, en tout cas lors du premier tour, le réflexe républicain faisant que l’UDI se range derrière le candidat du second tour qui sera opposé à Marine Le Pen et dont tout semble montrer, sans écarter l’éventualité Macron, que ce sera celui de LR, donc, en l’espèce Nicolas Sarkozy.
Si c’est bien Sarkozy, alors, ce ralliement de dernière minute ne sera sans doute d’aucun intérêt pour l’ancien président de la république qui bénéficiera d’un très large rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas de Marine Le Pen à l’Elysée et qui ne sont pas à la gauche de la Gauche ou à l’extrême-gauche.
De même, il n’aura que peu d’intérêt pour gagner les législatives qui suivront.
D’où peu de gratifications à ce ralliement tardif.
La conséquence majeure de ces trois alternatives est que l’UDI ne sera pas capable de négocier des sièges de députés et des postes ministériels.
La seule manière d’y parvenir avec peu de risques c’est de choisir de soutenir Nicolas Sarkozy s’il gagne la primaire.
Evidemment, cela démontrera l’absence à l’UDI de courage et de volonté de se battre pour ses valeurs.
Mais toute personne dotée d’un cerveau le sait déjà… malheureusement.

Centristement votre

Le Centriste


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