samedi 18 février 2017

Actualités du Centre. Le suivisme de l’UDI envers Fillon n’en fait plus un parti centriste

François Bayrou a tout à fait raison de s’étonner du soutien inconditionnel des dirigeants de l’UDI à François Fillon encore rappelé ces derniers jours par son président, Jean-Christophe Lagarde.
L’alignement total des leaders de la confédération centriste est d’autant plus choquant qu’il est basé uniquement sur la volonté d’obtenir un accord électoral des plus favorables pour obtenir nombre de députés et de sièges au gouvernement.
Car le programme de François Fillon n’a jamais été et ne sera jamais centriste, surtout, n’a pas beaucoup à voir avec celui d’Alain Juppé qui était le premier choix de l’UDI pour la présidentielle.
Les déboires de Fillon sur ses pratiques malhonnêtes dévoilées par le «Pénélope Gate» mais qui ont débordé de ce seul cadre, son incapacité à se remettre en cause, ses changements d’attitudes continuels (il avait promis de se retirer s’il était mis en examen, il dit exactement le contraire désormais qu’il y a un risque important pour lui qu’il le soit), son virage encore plus à droite pour conforter sa base radicale et chasser de plus en plus sur les terres du Front national pour compenser les pertes des électeurs de droite modérée et de centre-droit n’ont pas l’air de perturber outre mesure les dirigeants d’un parti devenu cartel électoral pour de biens médiocres personnes.
De même que les nouvelles alliances du candidat LR, en particulier celle avec Nicolas Sarkozy, l’homme que Jean-Christophe Lagarde vilipendait sans cesse pendant la primaire LR, affirmant qu’il ne pouvait y avoir d’alliance avec lui et dont désormais le nouveau lieutenant et principal opposant de Juppé à qui il voue une haine démesurée, François Baroin, est présenté comme le futur premier ministre de Fillon…
Et puis cette hargne et cette rage à attaquer sans cesse Emmanuel Macron, en voulant être encore plus LR que les membres de LR eux-mêrmes, est totalement indécente pour des gens qui prétendaient il y a peu qu’il existait de très nombreux points communs entre le leader d’En marche! et l’UDI.
On rappelle les déclarations de Lagarde, Hénart ou Morin qui appelaient Macron à prendre sa carte à l’UDI…
De qui ces politiciens se moquent-ils?
Pas vraiment de l’énorme majorité des Français qui n’ont pas du tout l’intention de voter pour eux mais aussi pour de moins en moins de centristes, qu’ils soient membres ou non de l’UDI et dont beaucoup voteront pour Macron, ne pouvant se résoudre à mettre un bulletin dans l’urne au nom de Fillon.
Evidemment, en ayant joué le jeu du suivisme de façon incompréhensible dès les résultats du deuxième tour de la primaire LR connus, les dirigeants de cette formation se sont mis eux-mêmes dans une impasse et une situation impossible.
Leur manque de jugement politique, leur opportunisme, leur vision politicienne, leur absence de projet politique ne pouvaient sans doute pas donner autre chose.
Dès aujourd’hui, on ne peut plus considérer l’UDI comme un parti centriste (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas encore des centristes qui en soient membres).
Sans doute que demain, il ne sera plus un parti et que personne ne le regrettera vraiment.


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