jeudi 21 décembre 2017

Actualités du Centre. Et maintenant, c’est quoi l’UDI? La FED?

Avec le départ de Les centristes et du Parti radical de l’UDI après l’exclusion d’Alliance centriste (et le départ, bien avant, de Territoires en mouvement, du CNIP et quelques autres micro-partis), l’UDI est-elle encore une confédération et rassemble-t-elle encore les centristes de centre-droit comme elle en avait l’ambition?
Jean-Christophe Lagarde, son président, a un discours souvent contradictoire en la matière.
D’autant qu’il a longtemps tout fait pour nier la réalité d’un délitement de l’UDI et de mettre sur pied une fiction en se présentant à la tête d’un parti uni qui allait être le moteur du renouvellement du centre-droit et de la droite libérale jusqu’à… hier où, lors d’un passage à la chaîne Public Sénat, il a été obligé de reconnaître, «Bien sûr qu’il y a un problème», ajoutant, sans doute à l’adresse de son comportement passé, «faudrait vraiment se moquer du monde pour dire qu’il n’y avait pas de problème».
Dont acte.
Et de poursuivre:
«Le Centre a vécu une année assez difficile parce que la composition même l’UDI qui était constituée de micro-partis a conduit, par concurrence interne essentiellement, à nous empêcher à la fois d’avoir notre autonomie et notre indépendance.»
La faute à qui?
«Vous avez une tradition de certains chefs et sous-chefs dans le Centre qui est toujours de vouloir se réduire à la portion la plus petite possible.»
Mais alors qu’il devrait s’inclure dans ceux-ci (n’a-t-il pas fondé un micro-parti, la FED, Force européenne démocrate), et bien, pas du tout: «Que certains décident de s’isoler et de se réduire à l’impuissance, je ne peux que le regretter.»
Donc aucune remise en cause de sa présidence qui a abouti à ce désastre.
Ce qui ne surprendra guère ceux qui le connaissent.
Plus, toujours sur Public Sénat, Lagarde s’en est à nouveau réjouit de la situation (il l’avait fait la veille sur RTL):
«Je me réjouis d’une chose c’est que cela va permettre à la fois d’unifier, d’homogénéiser et de pacifier notre formation politique. Ça nous rendra plus efficace et ça nous permettra de mieux assurer notre indépendance.»
Pourtant, quelques instants auparavant, il avait expliqué que «quand on a créé avec Jean-Louis Borloo l’UDI, on a montré que le rassemblement permettait de peser sur la vie politique et que la dispersion ne le permettait pas.»
Ce qui veut dire, si on suit son raisonnement en entier, que la dispersion est donc un affaiblissement de l’UDI tout en la renforçant!
Quant à l’avenir de la confédération centriste, Lagarde est plus que confiant puisque qu’il «constate qu’il y a beaucoup de gens qui sont en train de quitter les radicaux pour rester à l’UDI et beaucoup de gens qui sont en train de quitter monsieur Morin pour rester à l’UDI.»
On verra dans les semaines et les mois à venir si ces troupes sont aussi nombreuses qu’il le prétend.
Pour autant qu’est-ce que l’UDI aujourd’hui?
Une confédération de partis ou un seul parti?
Si l’on s’en tient à ce que dit Lagarde, ce n’est plus une confédération car elle ne se réduit plus qu’à un seul clan, le sien.
Et ce clan est déjà unifié dans la FED.
Reste que des groupuscules, la plupart sans aucune visibilité politique, font encore partie de l’UDI.
Ces formations fantômes encore affiliées ont pour nom Nouvelle Écologie démocrate, La Gauche moderne, France écologie, Canal écologiste républicain et GayLib.
Seule la Gauche moderne possède un élu national, son président, Jean-Marie Bockel, qui est sénateur.
Mais la formation est aussi «affiliée» au Parti radical si bien qu’il est difficile de dire si elle est encore dans l’UDI ou non…
Mais il faut savoir: soit comme le dit Jean-Christophe Lagarde, il n’y a plus de chapelles à l’UDI et donc l’UDI se réduit à la FED, soit ces groupuscules ont encore une existence, et alors l’UDI n’a pas cette «unité» et cette «homogénéité» dont il parle qui lui permettent d’être «pacifiée».
Sans doute que la clarté politique serait, soit de changer le nom d’UDI en FED, soit de dissoudre la FED et de faire en sorte qu’il n’y ait qu’un seul nom pour une même formation, même si le «union» de l’UDI serait une contre-vérité.
Le congrès de l’UDI se tiendra le 17 mars 2018 après le vote les 4 et 14 mars pour le président du parti fera peut-être l’un ou l’autre, si tant est que la confédération existe encore.


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