jeudi 8 novembre 2018

Vue du Centre. Dans le monde de Trump, une défaite est donc une victoire…

Par Aris de Hesselin

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. Ses propos sont les siens et non ceux du CREC.

Donald Trump
Dans le monde de Donald Trump une large défaite à la Chambre des représentants lors des élections de midterms est donc un «énorme succès» (son tweet: «Tremendous success tonight. Thank you to all!»).
Cette sémantique transformant un rejet majoritaire de la population américaine (le Sénat, lui, n’était renouvelable que par tiers et dans beaucoup d’Etats pro-Trump) serait risible si des journalistes et des commentateurs avaient abondé en son sens en particulier dans notre pays!
On se pince quand on voit certains gros titres comme celui du Figaro qui prétend que «Trump est en position de force pour 2020» alors que, comme je viens de le dire, son parti vient de perdre la Chambre des représentants et qu’une majorité des Américains a voté contre lui pour ces élections de midterms avant de sanctionner le Parti républicain lui-même.
On aurait aimé que le quotidien de plus en plus à droite (voir, par exemple sur les Etats-Unis, les reportages complaisants réalisés sur Steve Bannon, l’ex-conseiller d’extrême-droite de Trump) ait la même vision après la défaite de Barack Obama en 2010 lors de ces mêmes élections avec la perte de la majorité à la Chambre des représentants!
Les journalistes du Figaro parlaient alors d’une «machine politique menacée de complète paralysie» et d’un «sérieux revers» pour un président centriste rejeté par le peuple qui avait peu de chances de se faire réélire en 2012...
Le pire, sans doute, est que la rhétorique de Trump a joué dans les commentaires journalistiques.
En qualifiant sa défaite d’énorme succès, il a entraîné avec lui une partie de la presse qui l’a suivi comme mouton de panurge sur ce mensonge gros comme une maison.
Quant à l’«ancrage» de Trump dans le paysage politique américain qui serait sa principale victoire et son passeport pour un deuxième mandat, rappelons seulement que 62 millions d’électeurs ne s’évanouissent pas en un claquement de doigt ou deux ans de mandat, surtout quand vous êtes soutenu sans réserve par l’un des deux grands partis du pays.
Comme le rappelait Alexandre Vatimbella ici, Trump avec cette élection et celle de 2016, n’a jamais été majoritaire dans le pays, ce que nos fins observateurs oublient de mentionner…
Mais, donc, dans un déni propre à ceux qui n’aiment pas la démocratie (et aux ignorants qui parlent sans savoir), une défaite est une victoire…
Pour ces «experts» et ces «spécialistes», j’ai une autre affirmation trumpienne à leur soumettre.
Lors d’un meeting au Kansas, il a déclaré: «J’ai tenu plus de promesses que j’en avais faites».
Je leur laisse cogiter le sens et le fond de cette phrase…
Attention, il y a un piège!
Le même à peu de chose près sur la transformation d’une défaite en victoire.

Aris de Hesselin



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