dimanche 24 mars 2019

Actualités du Centre. Auvergne-Rhône-Alpes: l’alliance improbable entre Wauquiez et le MoDem est-elle terminée?

Si le MoDem quitte enfin la majorité qui gouverne la région Auvergne-Rhône-Alpes, ce sera, enfin, la fin d’une incongruité politique mais ne lavera pas cette tâche éminemment politicienne du parti de François Bayrou qui, malgré les dérapages de Laurent Wauquiez qui dirige l’exécutif régional et sa radicalisation vers l’extrême-droite, continuait à recevoir le soutien des centristes.
Sans oublier que les attaques virulentes du président de LR contre Emmanuel Macron et son gouvernement n’avaient, semble-t-il pas, convaincu le Mouvement démocrate (présent dans ledit gouvernement!) de mettre un terme à cette alliance.
Il faut croire, malgré tout, qu’il y avait quelques états d’âme au parti centriste puisque, soudainement, ce dernier a décidé majoritairement de mettre un terme à sa présence dans le gouvernement régional au motif pour le moins risible et ridicule que Laurent Wauquiez n’aurait pas tenu sa «promesse» (selon le MoDem), de ne pas mélanger politique régionale et nationale.
Ainsi François-Xavier Pénicaud, le président du MoDem dans le Rhône, avait expliqué:
«Un des piliers de cet accord  consistait à ce qu'une cloison étanche soit installée entre la politique régionale et la politique nationale. Notre territoire ne devait en aucun cas être l'otage des positionnements, postures et responsabilités nationales des uns et des autres. Une gouvernance partagée devait en découler, appuyée sur les deux jambes de la majorité dont on s'assurerait que chacun soit, en toute occasion, musclée et confortée, pour que le corps de la majorité ne penche à l'extrême d'aucun côté. Cette promesse n'est plus tenue».
Mais comment penser que cette promesse (si elle a bien existé) pouvait être tenue par le président d’un des principaux partis nationaux?!
Comment faire confiance à Laurent Wauquiez qui a une relation particulière avec la vérité, surtout, qui a réussi à faire croire qu’il était du Centre pour se faire élire député dans la circonscription du centriste Jacques Barrot qui lui apporta même son soutien à l’époque…
Il faut rappeler que cette alliance entre Wauquiez et le MoDem avait été conclue par Patrick Mignola qui est actuellement le président du groupe du parti centriste à l’Assemblée nationale.
Pire, elle avait été entérinée par François Bayrou lui-même…
Le pire dans cette affaire est que sur les sept élus, cinq ont décidé de quitter la majorité régionale alors que deux y demeurent…
Bonjour la clarté politique!
Dans le communiqué publié pour annoncer cette rupture, le MoDem indique que ses élus au Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes «se sont réunis ce jeudi. La question de leur positionnement politique au sein de la majorité de Laurent Wauquiez a été débattue. Ils ont décidé ensemble d’acter que cinq de ses sept membres se positionneront désormais de façon indépendante et constructive. Anne Pellet et Samy Kefi-Jérôme restant ainsi membres de la majorité».
A noter que l’UDI, dont le président, Jean-Christophe Lagarde, ne cesse de critiquer ouvertement Laurent Wauquiez et sa dérive vers l’extrême-droite, continue à faire partie de la majorité régionale et de son exécutif.
Cette affaire montre que l’opportunisme des partis centristes n’est pas mort, un bien triste constat.


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