vendredi 14 février 2020

Actualités du Centre. Affaires: les présidents du MoDem et de l’UDI, Bayrou et Lagarde, dans l’œil du cyclone

François Bayrou & Jean-Christophe Lagarde
François Bayrou et Jean-Christophe Lagarde sont au centre de deux affaires et d’enquêtes de la justice.
Si, pour le président du MoDem, les deux se recoupent, ce n’est pas tout à fait le cas pour celui de l’UDI.

Rappelons qu’en ce qui concerne Bayrou, il s’agit d’une suspicion de détournement de fonds publics, en l’occurrence d’argent versé par le Parlement européen au Mouvement démocrate pour des attachés parlementaires que le parti centriste aurait utilisé pour employer du personnel qui ne travaillait pas sur les questions européennes mais remplissaient des tâches administratives à son siège parisien.

Le président du MoDem – comme d’autres responsables de sa formation – ont été mis en examen pour cette affaire.

Pour ce qui est de Lagarde, il est visé par une enquête du parquet national financier, en tant que député pour avoir employé sa femme comme attachée parlementaire mais sans réel travail supposé de cette dernière, enquête pour laquelle il n’a pas été, jusqu’à présent, mis en examen.

Mais c’est surtout pour une autre affaire qu’il est aujourd’hui dans la tourmente.

Il est ainsi accusé d’avoir pactisé avec le milieu et les islamistes de Seine-Saint-Denis (il a été maire de Drancy jusqu’en 2017, démissionnant après la loi sur le cumul des mandats et demeurant député de la circonscription) pour assoir son pouvoir dans la ville qu’il administre mais également à Bobigny, préfecture du département, où il avait réussi à faire élire un des ses proches qui est au cœur d’une enquête judiciaire pour des embauches irrégulières qu’a pointées la Chambre régionale des comptes avec des mises en examen.

Un livre écrit par une journaliste de l’AFP sort ces jours-ci et contient un certain nombre d’accusations qui ont été reprises dans le dernier du numéro du magazine Le Point.

Concernant cette affaire politico-judiciaire, elle n’est pas nouvelle puisque les opposants de Lagarde ont souvent parlé de sa gestion «particulière» et «autoritaire», voire «clanique» de Drancy et de la fédération UDI (et auparavant celle du Nouveau centre) de Seine-Saint-Denis.

C’était ainsi un des thèmes privilégiés des attaques d’Hervé Morin, lorsque celui-ci fut élu président du Nouveau centre face à Lagarde en 2007 puis lorsqu’il y eu une nouvelle bataille entre les deux protagonistes qui se haïssent, pour prendre la tête de l’UDI, bataille remportée par Lagarde, cette fois-ci.

Ceci ne préjuge évidemment pas d’une quelconque culpabilité du leader de la formation centriste qui a toujours nié ces accusations récurrentes, admettant seulement une volonté forte et ferme de s’imposer dans une ville et un département noyauté pendant longtemps par le Parti communiste qui y régnait en maître et avait fait des communes du territoire une de ses principales sources de financement.

Pour ce qui est de Bayrou, ce détournement de fonds prendrait sa source dans la désastreuse situation dans laquelle il avait lui-même mis son propre parti qui, n’ayant quasiment plus d’élus, ne bénéficiait plus de la manne financière que ceux-ci rapportent grâce aux financements publics versées par l’Etat en la matière.

Dès lors, l’argent de Bruxelles aurait permis au MoDem de survivre jusqu’à ce qu’il s’allie avec LaREM et obtienne une quarantaine de députés lors des dernières législatives, ce qui le sauva sans doute d’une crise, voir d’une possible disparition.

Les deux centristes ont réagi de manière véhémente à leurs accusateurs (et, pour Bayrou à sa mise en accusation), niant les faits et parlant de malveillance et de complot à l’encontre de leurs personnes.

Ainsi, Jean-Christophe Lagarde a déclaré:

Je ne peux trouver les mots pour dire ma colère contre la Une aussi calomnieuse que grotesque du Point, en contradiction avec le combat de toute ma vie politique et personnelle».

Dans le même temps, il a publié un communiqué où il déclare avoir «chargé mon avocat d’engager des poursuites judiciaires pour rétablir mon honneur et la vérité», s’estimant «victime d'une manipulation aussi calomnieuse que grotesque, comme par hasard à un mois des élections municipales».




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