dimanche 4 octobre 2020

Propos centristes. France – Intempéries; Nouvelle-Calédonie; France relance; crise économique; séparatisme; égalité femmes-hommes; augmentation de la violence; justice trop lente; politique de la petite enfance; journée mondiale des animaux…

Voici une sélection, ce 4 octobre 2020, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.


Emmanuel Macron (Président de la République)

- Les Calédoniens ont confirmé leur souhait de maintenir la Nouvelle-Calédonie dans la France. C'est une marque de confiance dans la République. J’entends aussi la voix de ceux qu’anime la volonté de l’indépendance. Nous construirons tous ensemble la Nouvelle-Calédonie de demain.

- Il y a 30 ans, l’Allemagne était réunifiée, ouvrant la voie à la réunification européenne. Aujourd’hui, nous défendons ensemble la démocratie et le progrès, au cœur de notre identité, notre souveraineté et la solidarité européenne. Notre détermination européenne nous unit !

- Toutes mes pensées aux victimes de la tempête Alex, à leurs proches. Partout l’Etat est aux côtés des élus pour aider les Français. Ensemble nous surmonterons cette épreuve. Immense gratitude aux pompiers, gendarmes, policiers et à l’ensemble des forces engagées sur le terrain.

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean Castex (Premier ministre)

- Les prochains mois devront permettre d’imaginer concrètement pour la Nouvelle-Calédonie les solutions institutionnelles mais aussi politiques, économiques et sociales sur le chemin du destin commun.

- Ici, dans les Alpes-Maritimes, je suis venu exprimer la solidarité de la Nation tout entière. Le phénomène climatique qui a touché ce département est exceptionnel : du jamais vu depuis l'installation des instruments de mesure. (…)Les mots sont peu de choses pour décrire le courage, le dévouement et le professionnalisme de nos forces de sécurité et secours qui sont intervenues au péril de leur vie. Je leur ai dit, au nom de tous nos compatriotes, notre reconnaissance et notre immense gratitude.

 

Barbara Pompili (ministre de la Transition écologique)

- Un chiffre : nos importations générèrent + de 40% de notre empreinte carbone. La lutte contre le dérèglement climatique passe par notre souveraineté économique. C’est le sens de France relance.

- Le Gouvernement a engagé la fin de la présence d'animaux sauvages dans les cirques itinérants, delphinariums et la fin de l'élevage de visons. J'ai reçu des ONG qui militent depuis des années pour cette cause. Nous sommes tous mobilisés pour mettre en oeuvre ces mesures.

 

Jean-Michel Blanquer (ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports)

- L’instruction à l’école sera obligatoire pour tous dès trois ans avec les exceptions qu’établira la loi. L’école maternelle est un bienfait pour tous les enfants.

- Il ne s'agit pas de prendre des mesures anti-islam mais anti-islamisme radical.

Le phénomène de l'instruction à domicile a pris trop d'ampleur, [une aubaine pour] des groupes radicaux.

- Solidarité totale avec tous ceux qui doivent faire face aux graves intempéries dans le Var et les Alpes Maritimes.

- Nous le réaffirmons très clairement. L214 n’est pas une association agréée par l’éducation nationale. Nous l’avons rappelé très clairement par un courrier aux recteurs en février 2019.

 

Bruno Le Maire (ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance)

- Notre problème aujourd’hui n’est pas d’emprunter davantage mais de bien dépenser l’argent dont nous disposons pour aider les Français qui en ont le plus besoin et investir. Le débat politique ne doit pas céder à la facilité. Certains tenants de la pensée unique expliquaient il y a quelques années que nous dépensions trop et qu’il fallait réduire la dette. Ce sont les mêmes qui disent aujourd’hui que nous ne dépensons pas assez et qu’il fallait s’endetter beaucoup plus. Il n’y a pas d’idée magique. Il y a juste une économie à relever.

- Je n’ai jamais caché que la crise durerait longtemps. L’économie s’est effondrée de 10 %, ce qui n’était pas arrivé depuis 1945, L’idée que nous serions tous tirés d’affaire au milieu de l’année prochaine est fausse. Je crois, en revanche, profondément qu’à l’échéance de deux ans, nous pourrons avoir réinvesti dans une économie plus verte. D’ici là, nous continuerons de soutenir massivement ceux qui en ont besoin. Tant que des entreprises seront soumises à des obligations de fermeture administrative, nous les aiderons. Certains s’inquiètent de nous voir embarqués dans quelque chose d’absolument hors norme mais rien n’est pire dans une politique que les changements de pied.

- En période de crise, il ne faut pas subir. Cela oblige à des révisions déchirantes. J’ai tenté pendant trois ans de tenir les finances publiques au nom de la souveraineté nationale. Et, soudain, nous mettons 300 milliards d’euros sur la table. Ce n’est pas facile à assumer, mais si nous ne l’avions pas fait, nous aurions couru chaque jour après la crise économique. Maintenant, il faut être conscient d’une chose : il y aura d’autres pandémies et pour garder ce temps d’avance si précieux sur la crise, il faut mettre sur pied le plus rapidement possible un système d’assurance pandémique pour couvrir les pertes d’exploitation des entreprises. L’Etat ne pourra pas les supporter à chaque fois. Les assureurs doivent en être conscients. Cela passera par une loi.

- Quand l’épidémie a éclaté, la dette structurelle française était proche de 97 % du PIB. Nous allons y ajouter 20 points qui correspondent aux investissements nécessaires pour sauver les salariés, les compétences et investir dans l’avenir. Ces 20 points seront cantonnés dans un projet de loi spécifique qui sera présenté début 2021, avec un amortissement prévu jusqu’en 2042 et une recette venant de la prolongation de la CRDS ou d’autres solutions.

- J’en veux terriblement à ceux qui disent que la dette est de l’argent gratuit. Je leur en veux, car je pense que c’est irresponsable. Cela dégrade la signature française. Comment voulez-vous qu’un ministre des finances dise : « Prenez ces obligations que nous ne rembourserons jamais ! » Nous devons rembourser la dette et nous le ferons de trois manières : par la croissance, par des finances publiques responsables, et par des réformes de structure qui garantiront les grands équilibres notamment sociaux.

- Il arrive que dans un gouvernement, des ministres ne soient pas entendus. Ce n’est pas pour autant que cela change mes convictions. La France a besoin d’une réforme des retraites pour un système plus juste. On ne peut garantir un système parmi les plus généreux au monde sans aucun effort en matière de travail.

- L’immense majorité des fonds de ce plan de relance est soumise à des contreparties immédiates : embauche de jeunes, d’apprentis, transition écologique, etc. La seule dépense sur laquelle il n’y a pas de contrepartie, ce sont les impôts de production. Je n’en demanderai pas car je veux rester cohérent. Je ne peux pas défendre la relocalisation industrielle et dans le même temps maintenir des impôts de production 7 fois plus élevés qu’en Allemagne et 3,5 fois plus élevés que la moyenne européenne. En revanche, je pense que les entreprises doivent s’engager. Elles ont une dimension sociale, éthique, culturelle. Nous avons modifié le code civil pour créer la raison d’être. Ce n’est pas un gadget. Les entreprises disparaîtront si elles ne le réalisent pas, car les meilleurs talents s’éloigneront d’elles.

- Nous avons dans la loi Pacte supprimé le forfait social à 20 % sur l’accord intéressement pour les petites entreprises, mais cela ne suffit pas. Il faudra l’an prochain d’autres assouplissements car c’est au moment de la reprise que les salariés doivent pouvoir être intéressés aux résultats. J’applique toujours la même méthode : j’agis et si besoin je corrige.

 

Florence Parly (ministre des Armées)

Les Armées françaises vont contribuer aux opérations de secours face aux violentes intempéries dans les Alpes-Maritimes. (…)J'adresse toutes mes pensées à nos concitoyens qui subissent cette terrible situation et salue le travail de tous les secouristes à pied d'œuvre sur le terrain.

 

Gérald Darmanin (ministre de l'Intérieur)

- L'Etat est pleinement mobilisé pour porter secours aux habitants des Alpes-Maritimes, qui font face à une véritable catastrophe. Mes pensées vont à l’ensemble des victimes et leurs proches ainsi qu'aux forces de secours, qui sur le terrain, jour et nuit, font preuve d'héroïsme.

- Avec la loi que nous portons avec Marlène Schiappa, nous allons imposer la neutralité politique et religieuse aux entreprises délégataires de service public : les agents des piscines, les agents des sociétés de transport, etc.

- Tout pour les musulmans de France qui respectent la République, rien pour les islamistes radicaux. Personne n’est en France pour essayer de remplacer les institutions républicaines.

- [Séparatisme islamiste] Dans mes diverses fonctions depuis trois ans, je l'ai vu sur ces sujets avoir une main de fer dans un gant de velours. Notre projet de loi renforce la laïcité, il ne cible pas une religion. Mais l'islamisme radical est évidemment la menace principale, le Président de la République a eu raison de le souligner. (…) Les suprémacistes blancs, par exemple [sont une autre menace]. Des gens qui croient à la pureté de la race et pour qui le blanc est forcément supérieur. Certains vont jusqu'à prendre les armes. Nos services ont déjà empêché des attentats préparés par cette mouvance.

- Aujourd'hui, 92% des associations musulmanes et beaucoup d'associations évangéliques choisissent le statut loi 1901: le même statut que celui qui régit l'association sportive du coin, par exemple. Ce choix implique des inconvénients financiers. Avec le régime de la loi 1905, ils ne paient pas d'impôts ­locaux et leurs fidèles bénéficient d'une déduction fiscale quand ils font un don (comme le denier du culte chez les catholiques) ; ils auraient moins besoin de financements étrangers. (…) Il n'y aura pas que des incitations, il y aura surtout des contraintes. Les préfets pourront vérifier que les dirigeants des associations cultuelles n'ont pas été condamnés pour des faits liés à la radicalisation ou au terrorisme – actuellement, de telles condamnations n'empêchent pas de diriger un lieu de culte! Pour clarifier les choses, les associations vouées au culte ne pourront plus avoir d'autres activités, sportives ou culturelles. Elles devront transmettre leurs comptes aux préfectures et déclarer toute somme venue de l'étranger à partir d'un certain montant. L'État pourra ainsi surveiller et signaler les mouvements de fonds suspects.

- Toutes les religions reçoivent de l'argent étranger: des fonds russes pour les orthodoxes, américains pour les évangéliques… Nous ne voulons pas interdire mais connaître ces flux. C'est bien le moins pour un État souverain. Notre objectif est de contrôler l'insidieux : l'influence malsaine, le soft power qu'exercent des États étrangers avec l'islam politique sur certaines populations.

- On a récemment vu un club d'arts martiaux qui obligeait ses membres à se doucher habillés et à faire la prière, qui refusait la mixité et dont les dirigeants tenaient des propos antisémites sur WhatsApp. Vous conviendrez avec moi qu'ils ne respectaient pas les "exigences minimales de la vie en société"… Or la mairie subventionne cette association. Avec le régime actuel, on peut attirer l'attention du maire ou saisir le procureur, mais rien de plus. Avec notre texte, le club fautif aura violé son contrat : la municipalité pourra exiger le remboursement des subventions et nous pourrons très rapidement dissoudre l'association et poursuivre ses dirigeants. (…) Dans ce cas, le préfet pourra exiger l'arrêt de la subvention et réclamer lui-même le remboursement, sous le contrôle d'un juge. Le texte prévoit aussi que les propos racistes, antisémites et ceux qui portent ­atteinte à la dignité de la personne tenus par un dirigeant puissent être reprochés à l'association – la sanction pourra aller jusqu'à la dissolution en Conseil des ­ministres. La loi ajoutera de nouveaux motifs pour dissoudre une association, notamment l'irrespect de la dignité humaine. Je précise qu'il ne s'agit pas de sanctionner des opinions – la liberté d'association reste un grand principe. Mais ceux qui militent pour des modèles séparatistes ne méritent pas d'être soutenus par de l'argent public. Dans le même esprit, la loi tranchera : un maire ne pourra plus réserver des créneaux horaires aux femmes dans les piscines pour raison religieuse. Si l'élu outrepasse la loi, alors le préfet pourra suspendre cette décision et la faire annuler par un juge.

- [Critères précis entraînant l'arrêt des subventions publiques] Le refus de la mixité pour motif religieux, l'organisation de repas communautaires, des prières ou du port du burkini à la piscine… Chacun fait ce qu'il veut en République tant qu'il ne trouble pas l'ordre public et qu'il respecte des exigences minimales de vie en société. Le gouvernement prendra un décret pour préciser cela, sous le contrôle du Conseil d'État et en concertation avec les représentants des cultes. Rassurez-vous : nous n'allons pas interdire de subventionner le Secours catholique ni les scouts!

- L'islam doit être traité comme toutes les religions, ni plus ni moins. Or sur la fiscalité, par exemple, l'islam est en situation d'inégalité. Pousser les associations à adopter le statut loi de 1905, c'est cesser d'infantiliser l'islam de France. Arrêtons de considérer l'islam comme une religion de pauvres immigrés, qui n'auraient pas les moyens de financer leur culte : il y a une bourgeoisie de Français musulmans qui peuvent vouloir faire des dons à leur culte, comme les catholiques le font à leur église ou les juifs à leur synagogue. Arrêtons aussi de voir en l'islam une religion d'étrangers. Ce glissement sémantique, de plus en plus souvent pratiqué par l'extrême droite et la droite dure, est antirépublicain. La République, c'est aussi les harkis, les tirailleurs d'Afrique du Nord… Ils ont parfois été Français par le plus beau des sacrifices, celui du sang versé pour la République.

- Dès lors que l'État ou une collectivité confie contre de l'argent à une entreprise l'organisation d'un service public, ses salariés ont le même devoir de neutralité que les agents publics. Avec cette loi, un contrôleur dans les transports ne pourra plus refuser d'être en binôme avec une femme pour des raisons religieuses. Ce sera à l'entreprise de faire respecter cela ; à l'élu qui a délégué ce service ­public de contrôler, de sanctionner voire de résilier le contrat ; et au préfet d'intervenir si c'est nécessaire. Nous allons en finir avec des dizaines d'années de grand laisser-aller.

- Nous en avons déjà beaucoup [de moyens] pour surveiller. Un millier de postes ont été créés à la DGSI et au renseignement territorial depuis trois ans, les effectifs de Tracfin augmentent chaque année… Au-delà, quand il s'agit de rappeler à un agent ­public : "Au travail, vos convictions religieuses ou politiques s'effacent derrière le bien public", ça ne coûte rien. Un agent du service public doit avoir le visage de la ­République, pas celui de ses croyances politiques ou religieuses. Ce n'est pas le rôle de l'État, ni son intérêt, de dire comment doit s'organiser le culte musulman. En revanche, l'État veut entretenir des relations claires et franches avec tous les cultes. L'islam français doit être certain que tous ses fidèles considèrent les lois de la République comme supérieures à celles de leur dieu. Protestants, juifs, catholiques, tous sont passés par ce moment difficile où la loi de la République impose son autorité.

- En 2024, il n'y aura plus du tout d'imams rémunérés par des États étrangers. Ça nous laisse trois ans pour que le CFCM forme des imams certifiés. Ils ont besoin d'un lieu de formation et de l'argent pour les rémunérer. On aura

- [Rendre l'école obligatoire dès 3 ans] Avec cette proposition magnifique, la République fait un grand pas. Comme maire de Tourcoing, j'ai constaté la progression inquiétante de la déscolarisation, singulièrement celle des petites filles. Dans le même temps, on voit augmenter le nombre d'écoles hors contrat difficilement contrôlables qui ­enseignent une religiosité radicale, avec de plus en plus d'élèves. On y apprend la biologie et l'histoire avec des textes religieux… Une école, même confessionnelle, ne peut pas procéder ainsi. Notre loi permettra de beaucoup mieux contrôler ces établissements.

- Jadis, la laïcité était une grande et belle valeur de gauche. J'ai l'impression que nous portons avec Marlène Schiappa une grande loi de gauche, une grande loi laïque. C'est un texte que tous les républicains devraient chérir parce qu'il retrouve l'esprit de la loi de 1905, celui d'Aristide Briand.

- Il me semble impropre de parler d'un "danger communautaire". Nous nous sentons tous peu ou prou membres d'une communauté – pas forcément religieuse, bien sûr. Moi, je me sens membre de la communauté des gens du Nord, ça ne fait pas de moi un séparatiste. Le séparatisme, c'est la volonté de remplacer les institutions républicaines par d'autres. Dans toutes les religions il y a des intégristes ; mais ils ne veulent pas tous renverser la République! L'objectif de notre loi - dans laquelle les mots "islam" et "religion" ne figurent pas -, c'est de rappeler à tous les principes de la laïcité et que ceux-ci s'appliquant à tous. En le faisant, c'est aussi les musulmans que nous protégeons : ils sont les premières victimes de l'islamisme radical.

- [Renforcer l'apprentissage de l'arabe à l'école] C'est une proposition républicaine. Et courageuse. Quand j'étais enfant, mes copains, enfants de femmes de ménage comme moi et issus de familles portugaises ou espagnoles, apprenaient à l'école la langue de leurs parents. Mais mes cousins d'origine maghrébine n'avaient que la mosquée pour apprendre l'arabe… Est-ce cela que l'on veut? Nous avons besoin de jeunes Français qui parlent aussi l'arabe - pour nos relations avec les pays dont c'est la langue, pour le commerce, pour conquérir des marchés, pour notre influence dans cette partie du monde. L'enseigner à l'école, c'est aussi un moyen de réduire le pouvoir des religieux. Ceux qui dénoncent cette mesure feraient bien de réfléchir… ou alors ont-ils un surmoi raciste.

- [Voile à l'université] La quasi-totalité des étudiantes sont majeures, c'est à eux de décider ; en revanche, nous devons combattre les associations et les politiques qui font du prosélytisme à l'université. Mon expérience de maire m'a également fait comprendre que vouloir interdire le port du voile aux mères accompagnatrices dans les sorties scolaires était un faux combat. La neutralité s'impose aux agents des services publics, pas aux usagers ni aux bénévoles.

- Notre société est de plus en plus violente, l'autorité de plus en plus contestée, je me suis déjà exprimé à ce sujet. Il y a cinq ans, à la campagne, on constatait un refus d'obtempérer toutes les deux heures ; c'est un toutes les trente minutes aujourd'hui. Depuis de nombreuses années, nous n'avons pas su assumer l'autorité républicaine, pas assez affirmé que les policiers et les gendarmes en sont les représentants, et les seuls dépositaires de la violence légitime. Dans la société, quand la parole d'un mis en cause vaut celle des forces de l'ordre, on n'y arrive pas. Nous devons donc progresser. Ces mauvais chiffres s'expliquent aussi par l'augmentation du trafic de stupéfiants, partout et dans toutes les strates sociales, qui génère une délinquance générale. Enfin, il y a l'augmentation des violences intrafamiliales, en partie peut-être parce qu'on les détecte mieux. Nous allons d'ailleurs renforcer les services concernés.

- Il faut mettre des mots sur les choses, et soutenir les forces de l'ordre. Il y a les gentils et les méchants ; moi, je suis du côté des gentils, c'est‑à-dire des forces de l'ordre qui nous protègent. L'inversion des valeurs contribue à la perte d'autorité. C'est pourquoi, notamment avec le garde des Sceaux, nous allons mettre le paquet sur la lutte contre le trafic de stupéfiants.

- Notre justice n'est pas trop clémente, elle est trop lente. Et ce n'est pas parce que les juges sont laxistes, c'est parce qu'ils manquent de moyens. Quand la sanction arrive deux ans après les faits, c'est incompréhensible pour le policier, comme pour la victime et même pour le condamné. C'est pourquoi j'applaudis des deux mains l'augmentation de 8% du budget de la Justice : la police ira mieux quand la justice ira mieux.

- Je crois à un continuum entre l'État et les communes sur la sécurité. Il faut donc des polices municipales formées, armées et dotées de caméras. Et le Premier ministre nous a demandé de travailler à leur donner également davantage de compétences. Il ne s'agit pas pour l'État de se retirer des villes mais d'améliorer la ­sécurité des citoyens. Je respecte la liberté des maires, mais je les encourage à installer des caméras de vidéoprotection. Et je me réjouis que l'Assemblée examine bientôt [le 18 novembre] la proposition de loi des députés Fauvergue et Thourot qui permettrait enfin la création d'une police municipale à Paris. Ses agents se chargeraient de la salubrité publique et de la circulation ; la Police nationale pourra ainsi se concentrer sur les homicides, les vols, les trafics et les violences.

- [Divorce entre les Français et leur police] Ce débat m'agace. Il ne peut y avoir de divorce, car il n'y a pas deux corps sociaux distincts. Les policiers font partie de la population, ce sont des citoyens comme les autres, souvent issus des classes moyennes et populaires. Ils vivent très mal qu'on les montre du doigt. De même que le débat sur la "police de proximité" me paraît absurde : la police, par nature, est proche de la population. Elle est à son service et elle la protège.

- [Terrorisme qu'on ne peut pas prévenir] Le risque d'actions organisées de l'étranger a reculé mais il ­demeure, hélas. Il est vrai qu'à présent le danger le plus imminent est celui de passages à l'acte après des processus d'autoradicalisation très difficiles à détecter chez des individus isolés. L'assaillant de la semaine dernière était inconnu de nos services de renseignement. Cela dit, notre travail paye. Depuis 2017, 32 attentats ont été déjoués. Il devient de plus en plus difficile d'acheter des armes. Et la police est toujours plus performante : bien qu'il ait pris le métro après son attaque pour se perdre dans la foule, l'agresseur de la semaine dernière a été arrêté en moins d'une heure.

- [Anticiper les processus d'autoradicalisation] En améliorant le suivi des suspects, en étudiant les antécédents psychologiques des auteurs d'attaques. Il faut aussi se poser la question des sorties de prison. Pas pour prolonger les peines de ceux qui les ont purgées, mais en continuant la surveillance via des mesures administratives. Soixante et onze terroristes islamistes sont sortis de prison en 2020. J'ajoute que, en amont, notre projet de loi, en endiguant les menées subversives des islamistes, sert aussi à cette prévention, pour intervenir au début de la chaîne de radicalisation, à la racine du mal. Dans quinze ans, on dira que la situation s'est améliorée grâce aux mesures prises durant le quinquennat d'Emmanuel Macron.

 

Elisabeth Borne (ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion)

- En mars 2020, 77% des entreprises de plus de 1000 salariés avaient renseigné leur index. Elles sont aujourd'hui 97%. Et depuis le 1er mars, cette démarche est devenue obligatoire pour les entreprises de 50 à 250 salariés: 52% d'entre elles ont fait l'effort de le remplir malgré le contexte sanitaire et économique. On aurait pu penser que ces préoccupations d'égalité seraient davantage portées dans les grandes entreprises qui disposent de DRH. Finalement, grandes ou petites ne sont pas éloignées dans leurs résultats. Cela prouve que la dynamique de réduction des inégalités professionnelles est lancée. Je vais maintenant mobiliser les services de la Direction générale du travail pour contacter les 16 680 entreprises de 50 à 250 salariés qui n'ont pas encore rempli cet index. (…) Il est d'autant plus important de remettre le focus sur cet index en ce moment. La crise ne doit pas faire passer au second plan la lutte contre les inégalités salariales. Les écarts restent en effet considérables. Il faut qu'on soit vigilant. Et le simple fait pour les entreprises de devoir afficher tous les ans avant le 1er mars les résultats de l'index sur Internet, est une démarche qui leur permet de rester mobiliser sur ce sujet. Cette transparence imposée fait bouger les lignes. Elle a un impact indéniable sur la marque employeur et la réputation. (…) Beaucoup d'entreprises sont dans une dynamique de progression. Les lignes ont bougé car il y a un an, 17% des entreprises avaient des notes inférieures à 75/100, il n'y en a plus que 4% aujourd'hui. Par exemple, la filiale Safran Electronics & Defense ne figure plus dans la liste des mauvais élèves. Entre les exercices 2019 et 2020, la note globale de GO Sport s'améliore et est passée de 69 à 74. Encore un effort ! En revanche, pour De Richebourg Propreté qui stagne à 62, Socotec Equipements qui régresse avec 65 et Securitas France à 69, il reste encore du chemin à parcourir. (…) Sur la base de cet index, l'inspection du travail contacte les entreprises non vertueuses (en dessous de 75) ou qui n'ont pas rempli leur index pour leur rappeler la loi. Cette année, 4000 interventions ont été effectuées malgré les urgences liées à la crise. Au total depuis mars 2019, il y a eu 116 mises en demeure, 93 pour non-déclaration et 21 pour absence de mesures correctives. Deux entreprises ont été sanctionnées. L'une d'elles devra payer une amende équivalente à 0,8% de sa masse salariale. Certains secteurs sont à la traîne comme celui de la construction, de l'énergie ou encore des industries extractives. Ils doivent s'engager davantage.

- Je trouve choquant que 37% d'entreprises comptent encore moins de deux femmes parmi leurs dix plus hautes rémunérations. Il y a toujours un plafond de verre. Je vais engager une concertation avec les partenaires sociaux pour compléter cet index avec un indicateur supplémentaire sur la part des femmes dans les cadres dirigeants. En effet, c'est en agissant à ce niveau, qui est un vivier pour les Codir et les Comex, que nous pourrons changer les choses durablement.

 

Jacqueline Gourault (ministre des Territoires et des Relations avec les collectivités territoriales)

Il faut accélérer le déploiement du très haut débit, pour qu’il n’y ait pas de fracture entre urbains et ruraux. La crise Covid nous a montré le besoin de cet accès à tous pour le travail, l’école.

 

Julien Denormandie (ministre de l'Agriculture et de l'alimentation)

- [Journée mondiale desAnimaux] Ma priorité: la lutte contre les abandons: plus de 100.000/an! Un animal de compagnie n’est ni un consommable ni un jouet. En être propriétaire, c’est en être responsable. Avec les députés, nous souhaitons renforcer la sensibilisation et les sanctions.

- Des publications auraient été envoyées par L214 dans des écoles. Seules des associations agréées peuvent y intervenir. Ce n’est pas le cas de L214. L’école est un lieu de neutralité. Le message a été et sera repassé aux recteurs.

- [Filière betterave] La transition écologique ne peut se faire en tuant une filière et en important ensuite du sucre de pays étrangers moins-disants sur les questions environnementales!

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre chargée de l'Industrie)

Près de 35Mds€ pour l'industrie avec France relance, c'est absolument inédit. Il nous faut dès à présent saisir cette opportunité pour décarboner, innover, (re)localiser et moderniser notre industrie ; et que chacun, d'où qu'il vienne, puisse y trouver sa place.

 

Marlène Schiappa (ministre chargée de la Citoyenneté)

- On ne peut que se réjouir que les piliers forts de la laïcité soient renforcés.

- Au lendemain du discours d’Emmanuel Macron nous poursuivons les consultations pour renforcer le principe de laïcité et lutter contre le séparatisme.

 

Clément Beaune (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes)

- [Journée mondiale des Animaux] L’Europe protège aussi les droits des animaux. Et la France est aux avant-postes, grâce aux mesures fortes annoncées cette semaine par Barbara Pompili.

- Il y a 30 ans, l’Allemagne réunifiée, vers une Europe unie. Aujourd’hui, la France et l’Allemagne défendent ensemble une Europe puissante et fière de ses valeurs. Belle journée de l’Unité à tous nos amis allemands!

 

Sarah El Hairy (secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement)

Ce que je vois surtout, c'est un gouvernement qui choisit la jeunesse comme priorité. Quand on met en place un plan 1jeune1solution auquel on consacre 6.5 milliards d'€, ce n'est pas juste une déclaration d'amour, c'est une preuve d'amour!

 

Cédric O (secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques)

- Il faut développer dès aujourd'hui le réseau 5G car d'ici deux ans, il n'y aura plus de fréquences disponibles sur les réseaux 4G.

- Il va de notre responsabilité de responsables publics que les usines restent ou s’implantent en France et non ailleurs. Particulièrement en ce moment. Quel industriel choisirait un pays qui ne lui permet pas d’être le plus compétitif possible ? C’est aussi cela la 5G.

- Notre volonté est de déployer rapidement la 5G compte tenu de son importance pour l'industrie, les transports, la logistique, l'environnement... Nous avons aussi veillé à ce que 1/4 des antennes soient en zones peu denses.

 

Adrien Taquet (secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et des Familles)

- Si on additionne toutes les mesures, c’est un milliard d’euros que l’on met sur la petite enfance, c’est très ambitieux. (…)  En investissant dans ce domaine, on s’attaque aux inégalités là où elles se forment.

- Protéger les enfants, ça passe par mieux accompagner les parents.

- On ne s’arrête pas d’être parent une fois la porte de l’entreprise franchie. Un parent heureux est un salarié heureux, et un salarié heureux est un salarié productif.

- Il y a une vraie demande sur le congé parental, mais il y a aussi des vraies implications. Il faut être bien au clair, avoir tiré toutes les conséquences et les effets de bord que ça peut avoir avant de prendre des décisions. On donne l’exemple de la Suède, avec son congé parental élargi, où, en gros, on est auprès de l’enfant la première année de la vie. Mais cela veut dire que l’enfant ne va pas à la crèche. Or, en France, il y a des endroits, comme la Guyane par exemple, où si l’enfant n’est pas pris en charge très tôt à la crèche, il arrive à l’école sans parler un mot de français, ou il n’a pas le ventre plein toute la journée. L’augmentation des places en crèche s’inscrit dans la stratégie du gouvernement de prévention et de lutte contre la pauvreté. On a là deux objectifs qui se percutent.

- Nous devons renforcer l’accompagnement post-partum, notamment afin de couvrir les pics de dépression qui se situent à la cinquième semaine après l’accouchement, puis autour du troisième mois. Nous allons mettre en place un entretien dédié et remboursé qui aura lieu à ces moments précis.

- [Création de dix nouvelles « unités mère-enfant »] qui permettent une prise en charge en psychiatrie hospitalière de jeunes mères en dépression, avec leur bébé, [ainsi que vingt équipes mobiles en psychiatrie périnatale]  pour aller à la rencontre des mères en souffrance psychologique importante.

 

Assemblée nationale

Richard Ferrand (président)

- Toute la nation est solidaire des habitants des Alpes-maritimes, des victimes et des forces mobilisées pour secourir toute la population.

- Il y a 30 ans, l’Allemagne se réunifiait et amorçait l’unité de l’Europe. Que de chemin parcouru pour l’amitié entre nos deux pays: fierté d’avoir contribué à la création de la première Assemblée parlementaire binationale . Bonne fête à nos amis allemands !

- La France se doit de renouer avec la promesse d'émancipation pour tous. Le Président Emmanuel Macron a tracé les contours de la République en actes, pour replacer les filles et les fils de France en son sein. Maintenant, à chacun d'endosser la République et ses valeurs, partout.

 

Haut Commissariat au Plan

François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)

- [Discours de Macron sur le séparatisme islamiste] Je trouve que c'était un discours majeur, un moment où l'histoire est reprise en main. Tout le monde sentait depuis des années, non pas spécialement des sujets concernant les sorties scolaires, mais bien plus gravement s'agissant de la déscolarisation d'un certain nombre d'enfants et de pratiques que l'on sentait monter. Tout le monde sentait qu'il y avait une grande interrogation de la société française et que l'on n'arrivait pas à y répondre, que les gouvernants successifs, d'inspirations différentes, d'une certaine manière, hésitaient ou bien faisaient de grands discours sans qu'aucune décision ne soit jamais prise. Or, le discours du Président de la République, il dit une chose, il dit que nous choisissons l'unité du pays, que nous décidons, nous, Français, avec l'histoire de la République derrière nous, avec nous, que nous allons écarter la tentation de la division profonde de la société pour des raisons religieuses, car il faut appeler les choses par leur nom, pour des raisons pseudo-religieuses. Ce n'est pas moi qui vais dire que la religion est l'ennemi de la République. Au contraire, je pense que les croyants ont toute leur place et j'ai trouvé extrêmement juste et très encourageant que le Président de la République manifeste une fermeté indiscutable et le fasse dans une ambiance de compréhension de ce que vivent les femmes, les hommes, les familles, les enfants de cultures différentes et qui ont cependant besoin de vivre ensemble. S'agissant des décisions annoncées et des décisions prises, ce discours était un événement en même temps pour cette question de l'unité du pays et pour la place que le Président de la République a décidé de prendre dans ces questions angoissantes pour la société.

- On ne vient pas à l'école avec sa propre loi. L'école, c'est le lieu où on se retrouve sous une seule loi, celle de la connaissance et du savoir.

- Je ne crois pas que l'on puisse construire quoi que ce soit de bon dans un pays si on cultive la division, la désunion et l'affrontement interne.

- [Discours de Macron sur le séparatisme] En dépit de ce qu'ont dit un certain nombre de responsables politiques, à mon sens mal inspirés, ce n'est pas un discours qui porte quoi que ce soit contre l'Islam, au contraire. C'est un discours qui reconnaît explicitement à la conviction musulmane et à la pratique musulmane leur place dans la République et dit, avec cette compréhension que je trouve très importante, mais les mouvements que vous avez cités, qu'a énumérés le Président de la République, ce ne sont pas des mouvements du vivre-ensemble. Ce sont des mouvements, et il a eu raison de le dire comme tel, du "séparons-nous", chacun chez soi, chacun sa foi, chacun sa loi et la loi qui nous fait vivre-ensemble, on s'en détache, on s'en va.

- Le monde est suffisamment compliqué pour que l'on n'aille pas jeter perpétuellement de l'huile sur le feu.

- Il n'y a aucun doute qu'il y a, dans le monde, des régimes avec lesquels nous sommes en confrontation. Je vais vous en citer quelques-uns : l'Arabie saoudite, que vous indiquiez, mais pas seulement, l'Iran, la Turquie, la Chine. (…) Nous sommes en confrontation avec des régimes dont l'idéologie n'est pas la nôtre, dont la ligne politique qu'ils voudraient imposer au monde n'est pas la nôtre et nous résistons à cela, mais, derrière cela, il y a des peuples et des réalités économiques et il y a le tissu si serré des relations internationales. Dans ce tissu-là, la France a une ligne et elle doit la défendre. Pour autant, nous ne pouvons pas jeter de l'huile sur le feu. Sans cela, nous allons nous retrouver avec un univers complètement explosé. Si nous pouvons éviter cela, je préférerais. C'est tout l'art de la diplomatie pour le Ministre des Affaires étrangères et le Président de la République : défendre une ligne, défendre des valeurs, sans pour autant entrer en affrontement avec le reste des États qui n'ont pas la même ligne.

- En réalité, notre société est vraiment une société  difficile et fracturée et Emmanuel Macron a raison de dire que nous l'avons laissée se fracturer au cours des années. Il y a des décennies que l'on n'a pas su faire face à cela et je trouve très courageux qu'il nomme cette dérive et que l'on y fasse face.

-La responsabilité des dirigeants français devrait être de défendre la langue française qui est, par la loi, par la loi européenne, par la loi mondiale, une des deux ou trois grandes langues d'échange dans le monde. Les seuls qui ne la défendent pas, ce sont les Français.

- Il y a, dans la société, aujourd'hui, un certain nombre de personnes qui pensent que le masque sanitaire est un abus. Je me suis fait moi-même agressé à Paris il n'y a pas dix jours par une jeune femme tout à fait avertie, semble-t-il, qui était avec ses enfants et qui m'a dit : "Cela suffit les abus que vos amis imposent. Le virus n'existe pas, c'est une blague pour prendre le contrôle de notre vie". Or, quand nous constatons les dégâts de ce virus - nous avons tous perdu des amis, j'ai perdu des amis proches -, nous nous disons que ce type de dérive est dangereux. Je ne plaisante donc pas. Ce qui a été interdit par la loi, c'est le visage voilé pour des raisons culturelles et religieuses, car, en France, nous sommes, nous étions le pays du visage dévoilé et, donc de ce point de vue, le voile est interdit. Après, que les mères accompagnent les enfants dans les sorties scolaires, cela ne m'a jamais choqué.

- On confond tout. Il ne s'agit pas des enseignants qui, eux, sont soumis à l'obligation de neutralité. Il ne s'agit pas des accompagnants, des assistantes maternelles, car tous sont soumis à l'obligation de neutralité. Il s'agit des parents ayant le droit d'être dans la rue avec ce type de vêtements ou de couvre-cheveux. Ne faisons pas des guerres de religion à propos de tout. Réservons la fermeté de la loi à ce qui en vaut la peine. Très souvent, on laisse dériver vers, je crois, des mises en cause qui ne font que jeter de l'huile sur le feu, à mon avis.

- On a découvert pendant cette épidémie à quel point nous étions désarmés ou, nous nous étions laissés désarmer sur un certain nombre de sujets essentiels. On a connu les masques, on a connu les tests. Mais il y a aujourd'hui même un sujet sur lequel les soignants se trouvent complètement désarmés : on ne trouve plus, ou presque plus, de gants médicaux pour faire les prélèvements et les infirmiers, les infirmières, lorsqu'ils ou elles ont besoin d'aller chez un patient malade, qui a des symptômes pour faire un prélèvement pour savoir si, oui ou non, il a été contaminé, s'ils n'ont plus de gants, alors il y a autour des gants une dérive qui s'est développée. La boîte de gants chirurgicaux au début juillet coûtait 5 €. Aujourd'hui, elle en vaut entre 15 et 20. Comment se fait-il qu'un pays comme le nôtre se laisse ainsi désarmer ? Les gants, c'est du latex, c'est de l’hévéa, c'est en Malaisie qu'on le trouve, je comprends que ce soit limité. Mais il y a deux autres sortes de gants qui ne sont pas en latex, qui sont en nitrile ou en vinyle, or ce sont des produits de la chimie, du pétrole. Donc on peut-on doit pouvoir en produire autant qu'il faut. Comment se fait-il que nous nous laissions désarmer ainsi ? C'est la responsabilité de l’État et le ministre de la Santé a dit au mois de juillet qu'il avait commandé des centaines de millions de paires de gants supplémentaires, tant mieux, mais où sont-elles ?

- L'humanité navigue en partie à vue. L'humanité découvre au jour le jour une épidémie un virus qu'elle n'avait pas rencontré dans son histoire, ou en tout cas pas depuis la grippe espagnole qui a fait entre 40 et 50 millions de morts au lendemain de la guerre de 14 dont Apollinaire, dont je salue au passage la présence poétique auprès de nous. Eh bien, 40 ou 50 millions de personnes, là, on vient de passer 1 million. Oui, on a l'impression que l'on découvre et, de ce virus nous, nous ne savions rien. On a cru au début que c'était un virus bénin, ce n'était pas le cas. Nous avons découvert depuis à quel point il pouvait être agressif, notamment pour des tranches d'âge un peu plus âgées, et encore qu'il y ait des jeunes aussi qui soient gravement atteints

- Lorsque la gauche, dans un sondage IFOP, présente un candidat unique il est à 15 % des voix, sur les trois courants qui la forment. Vous voyez bien qu’un grand nombre de Français se rendent compte que l'attitude la plus compréhensive, celle qui veut faire le plus avancer le pays, c'est le Président de la République qui la porte et donc ce diagnostic que vous faisiez avec sourire n'est pas exact. Je voudrais dire quelque chose, je n'ai jamais pensé que mon combat politique, c'était réunir tous les camps, non. J'ai pensé qu'il était anormal et stupide de vouloir présenter la vie politique française comme l'affrontement de deux camps, droite contre gauche. J'ai toujours trouvé que c’était une stupidité abyssale et qui nous conduisait à la catastrophe. J'ai toujours pensé qu'il y avait plus de deux courants, souvenez-vous, je suis allé à Toulouse un jour dire : Si vous dites que nous pensons tous la même chose, c'est que nous ne pensons plus rien, Et j'avais raison sur le fond.

- Pour moi, c'est très clair. Il y a plusieurs courants fondamentaux. L'un de ceux-là est celui que l'on appelle central, du centre démocratique. Ce courant, qui aujourd'hui a une place importante dans les intentions de vote, est le seul à même de pouvoir réconcilier et dépasser les frontières.

- Quand c'est le courant central qui l'emporte, alors, on vient pleurer des larmes de crocodile en disant : « Mais comment ? Vous osez arriver devant les autres, vous osez leur prendre la place ? Mais est-ce sain ? » Oui, c'est complètement sain. Je crois qu'il y a quelque chose d'heureux dans la démocratie, c'est quand les gens qui pensent le plus juste l'emportent.

- Il faut une loi électorale juste dans laquelle chacun trouvera, pour l'Assemblée nationale qui doit être le lieu du débat, le nombre de sièges qui doit avoir l'adhésion de ces contemporains. Je parle d’une proportionnelle départementale, celle que Mitterrand a faite en 1984/86.

- Regardez la vie politique américaine. Pourquoi est-ce qu’elle a pris ce tour de violence absolument destructeur pour le pays ? Il y a deux raisons, il y en a une sur laquelle on ne s'interroge pas assez, c'est le financement de la vie politique américaine et une deuxième qui est que ces élections, ce sont des élections du tout ou rien. À une voix près on prend tous et à une voix de moins, on ne prend rien. Si on accepte l'idée que la vie politique, c'est un pluralisme de courants, que l'on ne pense pas tous la même chose et que, d'une certaine manière, le débat adoucit les mœurs, il n'est pas normal et je vais dire quelque chose que j'ai vécu : à la dernière élection présidentielle, Marine Le Pen était au deuxième tour, elle se retrouve avec 4 ou 5 ou 6 députés à l'Assemblée. J'ai approché 20 % en 2007 je me suis retrouvé avec 2 députés à l'assemblée. Tout ceci est anormal. Je plaide pour que l'on ait une vie politique qui reconnaisse le pluralisme et où chacun trouve sa place. Ce ne sera pas le blocage de la quatrième République car, entre la quatrième et la cinquième, il y a quelque chose qui a changé, c'est l'élection du Président de la République au suffrage universel. De Gaulle disait : « nous allons enlever le gouvernement aux manœuvres de partis, il sera nommé par le Président de la République élu - comme on sait - en tenant compte des nuances de l'Assemblée Nationale. » Si vous avez ce pluralisme et cette prééminence du Président, je trouve que ce serait bien et je trouve que tous les partisans de la loi électorale juste devraient s'allier pour que l'on en parle vite avant le mois de juin puisque c'est le mois de juin qui est la limite.

- Nous ne sommes pas devant une dette ordinaire. Nous sommes devant un cataclysme qui a submergé la planète sans que personne n’en soit responsable. Ce n'est pas la même chose qu'une dette dont un pays qui se gère mal encoure la charge à raison de son incapacité à se gérer. Celle-ci, en revanche, est une dette pour se sauver, pour maintenir la tête du pays hors de l'eau et pour se protéger. (…) J’ai donc proposé depuis le début que l'on isole la dette due à cette épidémie, qu'on la cantonne et que l’on se donne 10 ans - je crois qu'ils ont choisi 8, mais c’est la même idée - pour la rembourser, que l'on fasse un différé d'amortissement ou, en d'autres termes, qu'on la renouvelle le temps nécessaire pour venir, dans huit ou dix ans, la rembourser. On pourrait aussi imaginer que la BCE décide de nous relayer dans ce report et dans cet effort et qu'elle soit remboursée dans quelque deux ou trois décennies.

- Nous, nous allons dépenser 1 % de plan de relance. Les États-Unis en sont à 5 ou 6 %. C'est la Banque Centrale Américaine qui permet cela, mais il y a une question que vous ne posez pas : Où en serait-on s'il n'y avait pas la BCE ? Où en serait-on si, par malheur à l’époque, le non à Maastricht l’avait emporté et que nous soyons aujourd'hui, nous, avec nos épaules limitées de la Banque de France, sous les assauts perpétuels de la spéculation qui ferait que l'on devrait payer nos emprunts 8 ou 10 % par an ? Nous sommes sauvés par le choix de la BCE et, cela, cela nous permet de commencer à rembourser dans 8 ou 10 ans, quand les choses seront rétablies.

- Je trouve que la Nouvelle-Calédonie ne serait pas la Nouvelle-Calédonie sans la France et que la France ne serait pas entièrement la France sans la Nouvelle-Calédonie. Je pense que cette terre lointaine présente un exemple.

- La prochaine présidentielle va se jouer sur le sentiment des Français de savoir si le Président de la République a fait face aux problèmes du pays. Dieu sait qu'il n'y a jamais eu de Président qui ait eu autant de tsunamis en face dans une si courte période. Ce que je ressens, c'est qu'il fait montre d'un courage et c'est une vertu qui n'est pas si fréquente dans le monde politique.

- S'occuper des affaires internationales, c'est s’occuper des Français. Si l’on ne comprend pas que le sort de la France se joue en Europe par exemple et dans les contacts entre la chancelière allemande et le Président de la République, mais je parle assez souvent avec le Président de la République sans jamais révéler quoi que ce soit de ce que nous nous disons, je puis vous assurer que son souci constant est la situation du pays et notamment, dans le pays, la situation de tous ceux qui se sentent coupés des pseudo-prétendues élites. La question pour lui, mais j’en atteste et on vient de le voir dans ce grand discours sur le séparatisme, c'est la base, c'est la France que l'on prétend être la France d’en bas.

 

Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Stanislas Guerini (délégué général)

La Nouvelle-Calédonie a réaffirmé aujourd’hui son attachement à la France. Nous travaillerons avec tous les Calédoniens pour que chacun ait sa place dans une France unie.

 

Laetitia Avia (porte parole)

La République par dessus tout ! Un discours juste, équilibré et ambitieux, des mesures de terrain concrètes et un horizon clair dessiné par Emmanuel Macron pour donner corps à nos valeurs républicaines auprès de toutes et tous !

 

●UDI
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]

 

Jean-Christophe Lagarde (président)

- Séparatisme: très bon discours et diagnostic juste d’Emmanuel Macron D’accord avec 95%. Manque 2 choses importantes: 1) une réforme du mode d’élection du CFCM 2) la rupture avec les financements étrangers des lieux de culte. De Villepin avait déjà la bonne solution en 2005!

- Le résultat encore resserré du référendum en Calédonie montre que la solution exige un compromis solide et sérieux entre loyalistes et indépendantistes dans lequel l’Etat doit s’impliquer fortement!

- [Intempéries] La solidarité nationale doit être totale avec nos concitoyens des Alpes Maritime! Et des autres départements touchés (notamment en région bretagne)! Pensées à ceux qui souffrent et confiance dans les élus locaux. Il faut changer scientifiquement notre modèle économique pour éviter ces drames répétés!

 

 

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