jeudi 11 février 2021

Vues du Centre. La lente mais sûre dérive populiste du centriste Lagarde

Par Thomas Pape

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.          
Thomas Pape est un centriste de longue date autrefois adhérent de l’UDF. Ses propos sont les siens et non ceux du CREC.

Jean-Christophe Lagarde

Ceux qui ont lu depuis quelques mois les tweets de Jean-Christophe Lagarde ont du être plus que surpris qu’en plus d’un français approximatif, ils soient truffés de grossièretés, d’attaques personnelles et, plus perturbant, d’un fond populiste, le tout étant devenu les armes politiques favorites du président de l’UDI, surtout quand il s’agit de parler du président de la république et du gouvernement.

Cette manière de communiquer se retrouve également dans toutes ses interventions dans les médias

Bien sûr, comme la plupart des observateurs et notamment ceux de ce site, tous avaient pu noter la dérive droitière d’un homme dont on sentait surtout qu’il estimait ne pas être reconnu à ce qu’il considère être sa juste valeur qu’il pense grande.

Ses attaques contre la presse qui ne le traitait pas correctement lui mais aussi son parti ont été légions.

Sa prétention désormais de se présenter à la prochaine présidentielle alors que lors de la seule élection où le parti qu’il dirige a concouru seul, il n’a pas dépassé les 2,5% des suffrages, participe de cet amour de soi narcissique, d’une infatuation assez déplacée au vu de ses accomplissements.

Déjà, sous Nicolas Sarkozy, alors que son rival de toujours, Hervé Morin, devenait ministre de la Défense, il n’avait eu droit à aucun strapontin et en avait voué un ressentiment à l’égard de la majorité d’alors.

Puis, bombardé porte-parole du candidat Sarkozy en 2012, il avait alors été plus sarkozyste que celui-ci…

Ce qui est gênant pour tout centriste c’est de voir que les valeurs et les principes de Jean-Christophe Lagarde sont à géométrie variable sauf, peut-être, sa défense de la démocratie, ce qui n’est pas rien, il faut en convenir.

Si l’on peut expliquer assez facilement ses changements de cap incessants ainsi que sa nouvelle posture «proche du peuple» d’un homme qui n’a pas réussi à faire la carrière dont il rêve et qui voit les années passer, qui a également échoué à imposer l’UDI qu’il préside depuis plus de six ans, comme une formation qui compte au-delà des quelques voix qu’elle peut apporter à un grand parti lors des élections, on ne peut comprendre et accepter que, comme son ennemi mortel Morin, il dévoie le Centre et le Centrisme, les faisant apparaître pour les caricatures que leurs opposants ne cessent de diffuser: un lieu d’opportunistes sans grandes convictions autres que de chercher des postes et de monnayer leur soutien au plus offrant.

On l’a vu dans ces allers-retours incessants depuis l’élection d’Emmanuel Macron où les tentatives de rapprochement ont succédé aux attaques les plus agressives avec, désormais, une opposition frontale qui frise souvent la mauvaise foi, voire le ridicule, d’autant, qu’il le veuille ou non, le président de la république, son gouvernement et sa majorité font partie de l’axe central ou sont centristes et que la politique suivie obéit le plus souvent aux canons du Centrisme.

Ce n’est pas la première fois que l’on voit une dérive chez des centristes.

Parfois elles ont été tellement fortes qu’elles ont conduit ceux-ci sur les terres que le Centre a toujours combattues.

Il sera donc intéressant de voir à l’avenir si Lagarde s’est fixé une limite et où elle se trouvera.

Une première réponse pourrait venir s’il est candidat à la présidentielle.

 

Thomas Pape

 

 

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