mercredi 5 octobre 2016

L’Humeur du Centriste. Les tentations populistes de monsieur Macron

Il y a un Emmanuel Macron séduisant, celui qui pose un regard clairvoyant sur l’état de la France et propose une vision progressiste et réformiste dans le droit fil du Centrisme avec quelques aménagements qui en font ce qu’il appelle son social-libéralisme qu’il situe à gauche.
Celui-là est un homme intéressant qu’il faut écouter.
Mais il y a également celui qui, comprenant que le monde politique était largement discrédité dans la population, parle parfois comme un démagogue, parfois comme un populiste à l’instar de tous les créateurs de ces «mouvements citoyens» dont quasiment un se forme chaque semaine pour «redonner le pouvoir à la société», dixit le leader d’En marche lors de son discours de Strasbourg.
Ce Macron là surfe sur un mécontentement et, au lieu d’élaborer un plan de sauvetage pour corriger les dérives de la démocratie républicaine, invente des «machins» pour soi-disant impliquer ce peuple oublié dans les choix de l’exécutif et du législatif.
Comme, par exemple, de créer une «commission de citoyens» qui serait chargée, tous les ans, de faire un audit du pouvoir, notamment de l’action du président de la république afin de rétablir le principe de «responsabilité».
Au-delà de la nomination de ses membres par tirage au sort, sorte de nouveau joujou des bobos de la politique qui appellent à la rescousse ce bon vieil Aristote pour qui c’était le système le plus démocratique puisqu’il mettait tous les citoyens à égalité devant l’élection mais qui n’ont pas compris que l’Athènes de l’Antiquité ne se gère pas comme la France du XXI° siècle, on sait bien que ces gadgets ne servent à rien d’autre qu’à faire croire que l’on peut diriger une démocratie républicaine d’«en bas» alors que ce n’est, non seulement, pas possible mais pas souhaitable.
De même, en flattant certains instincts poujadistes, toujours prêts à resurgir, on gagne de la notoriété et de la popularité à peu de frais mais on s’engage sur une voie périlleuse et l’on ne rend pas service à la démocratie républicaine.
Car là où Macron se trompe et tous les leaders autoproclamés de la société civile qui ne leur a rien demandé, ce n’est pas les institutions démocratiques qui sont en cause mais la pratique qui en est faite.
Il ne s’agit pas de sortir de son chapeau des fausses innovations mais plutôt de s’atteler à ce que la démocratie républicaine fonctionne correctement.
Là est le vrai challenge.
Et ce n’est pas en instillant une petite dose de proportionnelle aux législatives comme il le propose qu’on règlera le problème de la représentativité mais bien en mettant en place un vrai scrutin proportionnel avec une prime au parti ou à la coalition arrivée en tête pour permettre à une vraie majorité de gouverner avec le président de la république.
En outre, ses attaques tous azimuts contre Juppé, Sarkozy, Hollande, Valls et d’autres qui, c’est vrai, le critiquent parfois durement, sont de la distraction qu’il devrait éviter.
Jouer la victimisation de celui qui dit la vérité, posture dangereuse que beaucoup avant lui ont utilisé avec plus ou moins de bonheur pour eux, est une démarche qui ne fait pas avancer grand-chose dans le réel et le concret.
Même s’il est vrai qu’il est un peu seul contre tous, c’est-à-dire ceux qui, comme d’habitude, veulent barrer la route au petit nouveau qui veut se faire une place au soleil et leur prendre une part du gâteau.
Pour autant, Macron sur-joue sa solitude politique en fustigeant les politiciens comme n’importe quel démagogue et il n’est pas sûr qu’il en sorte gagnant.
Emmanuel Macron a peut-être un avenir en politique.
Mais pour qu’il en ait un avec les centristes, il devra éviter ses tentations populistes.

Centristement votre.

Le Centriste


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