mercredi 9 août 2017

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. L’histoire américaine s’écrira aussi (malheureusement) avec Trump

Bien sûr, la politique américaine a eu Thomas Jefferson, James Madison, Abraham Lincoln, Theodore Roosevelt, Franklin Roosevelt, John Kennedy, Lyndon Johnson, Bill Clinton et Barack Obama, des personnalités de premier plan, souvent très brillants intellectuellement parlant, ayant accompli de grandes choses.
Mais ce pays qui, avec la France, a inventé la démocratie républicaine universaliste et qui n’a cessé, depuis sa création, d’être démocratique, aura dorénavant, également, Donald Trump.
Et son histoire s’écrira donc avec ce populiste démagogue, grossier et grotesque, inculte et incompétent posant, une nouvelle fois, la question des dérives toujours possibles et terribles du pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, selon l’heureuse formule Lincoln pour définir la démocratie lors de son hommage aux morts de la bataille meurtrière de Gettysburg qui fut un tournant de la Guerre de sécession et du futur de ce régime de liberté qui n’existait plus alors qu’aux Etats-Unis.
Et tout  ce qui se passe actuellement, les décisions dangereuses, les propos inqualifiables, l’irresponsabilité effrayante, les attaques contre la liberté notamment contre celle de la presse et d’opinion, la volonté de s’allier avec les dictateurs et autocrates, sans oublier la vacuité de sa présidence jusqu’à présent où aucune mesure d’importance n’a encore été prise avec désormais le risque d’un blocage budgétaire, sera à mettre au passif du régime politique du pays.
D’autant que ce dernier a favorisé la victoire d’un personnage qui jouant la carte de la démagogie la plus détestable, a pourtant été battu par le suffrage populaire, ne devant sa victoire qu’aux mesures prises par les Pères fondateurs afin d’éviter qu’un Trump puisse jamais être élu au poste suprême!
Alors oui, nous devons, tous les défenseurs intransigeants de la démocratie républicaine, réfléchir à mettre en place des garde-fous, au sens littéral du terme, pour que cela ne se reproduise jamais alors même que le passé nous avait pourtant enseigné que ce genre de catastrophe était possible.
Il est facile à certains de jouer aujourd’hui les indignés et les résistants alors même que pendant la campagne présidentielle américaine ils n’ont pas lutté contre la menace Trump avec la force et l’énergie qui étaient pourtant indispensables pour lui barrer a route de la Maison blanche.
Pire, certains se sont amusés de la présence du promoteur newyorkais dans ce grand cirque électoral quand d’autres en ont profité largement, je pense ici, d’abord, aux médias qui ont – comme pour la téléréalité – fait des audiences records et donc des recettes publicitaires de même importance.
Quoi qu’il en soit, la grande leçon pour tous les démocrates est bien cette réalité évidente que nous devons toujours avoir à l’esprit: la démocratie républicaine n’est pas un système politique naturel qui s’imposerait sans protection.
Bien au contraire, il est le fruit d’une avancée de la civilisation et d’une lutte contre les barbaries qui demeurent à l’affût comme l’ont prouvé les années qui ont suivi la Première guerre mondiale et qui ont été responsables du deuxième conflit planétaire, vingt ans après.
Il est même toujours en devenir pour éliminer toutes les imperfections et les tares qu’il trimbale encore avec lui.
Dès lors, la démocratie républicaine se défend, doit être protégée, nécessite des règles pour repousser les attaques de ses ennemis.
Elle a besoin que ses partisans demeurent toujours vigilants et dénoncent, comme certains mais pas assez nombreux, ont tenté de faire pendant les présidentielles américaines et françaises, d’éclairer les peuples et les électeurs, de leur faire prendre conscience de leurs responsabilités.
Alors, c’est vrai, Donald Trump dans les livres d’histoire des Etats-Unis mais aussi du monde entier est une grosse tâche qui aura du mal à être effacée.
Peut-être d’ailleurs qu’il ne faut pas qu’elle le soit.
De cette manière, on peut espérer, avec cette vigilance indispensable qui doit caractériser notre approche du gouvernement des humains, que le tragique qui régit en grande partie la marche de la civilisation dont la victoire de Trump en novembre dernier en est une des manifestations d’autant plus désespérante qu’elle a eu lieu dans un des pays phares de la démocratie mondiale, soit une leçon qui serve aux générations futures.


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