dimanche 10 décembre 2017

Une Semaine en Centrisme. Naissance d’un Mouvement radical social-libéral à l’avenir incertain

Hénart & Pinel lors du congrès de réunification
Ce sera donc Mouvement radical social-libéral et non Parti radical.
En se réunifiant, le samedi 9 décembre, les radicaux ont choisi de ne pas reprendre le nom du «plus vieux parti de France» mais d’être dans la modernité avec les termes «mouvement», «social-libéral», tout en gardant celui qui fait qu’ils se réclament d’une même famille, «radical».
Des retrouvailles célébrées dans une certaine allégresse mais qui ne manquent pas de poser des questions sur la solidité de ce nouveau «mouvement» politique et de sa capacité à séduire les Français, notamment ceux du Centre.
Car si les différences ne sont pas aussi nombreuses que cela, elles concernent souvent des points importants comme, par exemple, l’Impôt sur la fortune, détesté du côté des radicaux valoisiens (de centre-droit) et apprécié du côté des radicaux de gauche (centre-gauche).
De même, devant l’offre politique actuelle au centre de l’échiquier politique, LREM, MoDem, UDI, Alliance centriste voire du côté de la droite libérale avec Agir, les radicaux vont avoir du mal à trouver un espace et à affirmer leurs différences qui feraient que ce seraient eux et pas les autres que l’électeur choisira.
D’autant que la faiblesse du radicalisme en France ne vient pas de sa scission en deux courant pendant 45 ans mais bien d’une désaffection progressive des Français pour se parti pilier de la III° République et qui avait réussi, contre toute attente, à garder une certaine puissance lors de la IV° République.
Mais la naissance d’un parti gaulliste puis du PS (avec lequel les radicaux de gauche s’étaient adossés) et enfin la création de l’UDF (que les radicaux de droite avaient rejoint) autour de Valéry Giscard d’Estaing avaient montré, après l’épisode Servan-Schreiber, la difficulté pour le Parti radical d’avoir encore un avenir indépendant.
Et il avait réussi à ne pas sombrer en offrant sa présidence à Jean-Louis Borloo en 2011, lui qui cherchait alors un parti pour ses ambitions politiques d’alors.
Mais, en se détachant de l’UMP auquel il était «associé», le Parti radical n’avait pas trouvé mieux que de se fondre dans une confédération de centre-droit, l’UDI (créée par Borloo), ce qui démontrait alors son incapacité à vivre en toute indépendance.
Quant aux Parti radical de gauche, il n’était plus devenu qu’un appendice du PS avec quelques places fortes dans le Sud-ouest et qui permettait aux socialistes d’affirmer qu’ils n’étaient pas seuls et aux radicaux de gauche d’avoir quelques élus et quelques strapontins ministériels.
Bien entendu, au vu de l’actuel bouleversement du paysage politique français, la réunification radicale prend un sens et c’était pour les deux partis radicaux, le moment ou jamais de l’entreprendre.
Reste à savoir si cela suffira, d’autant qu’il manque chez les radicaux des figures fortes et médiatiquement connus.
Ce n’est pas faire injure de dire que Laurent Hénart (président du Parti radical) et Sylvia Pinel (présidente du Parti radical de gauche) qui vont co-présider le nouveau mouvement, n’ont pas l’aura, ni le charisme d’une Jean-Louis Borloo, d’un Jean-Jacques Servan Schreiber et encore moins d’un Léon Gambetta, d’un George Clémenceau d’un Edouard Herriot ou d’un Pierre Mendès France.
C’est sans doute pourquoi une partie des radicaux espèrent faire venir chez eux l’ancien premier ministre Manuel Valls, admirateur de Clémenceau et chantre de la laïcité, valeur éminemment radicale.
En attendant, plusieurs membres des deux partis ont décidé de ne pas suivre le mouvement.
Il s’agit, en général, d’opportunistes de droite ou de gauche comme Yves Jégo ou Michel Zumkeller, qui avaient trouvé refuge dans la mouvance radicale mais aussi de militants désorientés.
Pour ces derniers comme pour une hypothétique «France radicale», le Mouvement radical social-libéral devra faire preuve de beaucoup de persuasion pour les convaincre qu’il est l’avenir du radicalisme et, surtout, du pays.
Car si «le radicalisme n’est soluble dans rien» comme le prétend Laurent Hénart, il est sans doute capable de disparaître définitivement malgré ses 116 ans d’existence.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC


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