lundi 21 mai 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Unir et réunir dans un monde tourmenté, le défi prométhéen du Centrisme

Unir (dans son pays), réunir (au niveau international) a toujours été une préoccupation des centristes, un objectif du Centrisme et un challenge pour le Centre face à une société depuis toujours en conflit avec elle-même et un monde où la loi du plus fort fait le plus souvent office de droit international.
C’est encore plus vrai dans ce début de XXI° siècle troublé où, après avoir enfin puis vainement espéré que les valeurs humanistes imprègnent l’Humanité toute entière, c’est le retour à l’égoïsme et l’irresponsabilité chez les individus ainsi qu’à la force des muscles et la pensée primaire unique chez les nations, le tout dans un populisme dévastateur qui menace de tout emporter comme aux plus sombres heures de l’Histoire humaine, en particulier ce XX° siècle où la violence et la mort ont rôdé constamment et que nous croyions avoir quitté à jamais pour ce qui est de sa propension à détruire et à s’autodétruire.
Oui, nous revoilà en arrière mais aussi en avant où se collisionnent les plus bas instincts de l’ancien et les plus mauvais comportements du nouveau.
C’est dire le défi, voire la gageure pour certains, de ceux qui, comme les centristes, croient dans la liberté, la tolérance, le respect, la solidarité de tous, égaux et responsables, le tout dans le juste équilibre.
Ce qui se passe en Russie, en Turquie, en Syrie, aux Philippines, en Chine, en Hongrie, en Pologne et ailleurs (la liste est longue…) mais aussi ce qui est en train de se passer en Autriche, aux Etats-Unis et maintenant en Italie en attendant que d’autres pays rejoignent ce club de gouvernements qui tournent le dos au libéralisme politique, désespérant les humanistes, doit nous faire réagir et être prêts à la défense sans concession des valeurs que je viens de rappeler.
Car, nous, la France comme d’autres pays qui n’ont pas encore basculé ou pas encore tout à fait (comme la Grèce), nous ne sommes pas à l’abri d’en faire partie.
Evidemment, c’est la montée, dans les populations, des comportements les plus radicaux, excités par les discours haineux des populistes et des démagogues qui y trouvent un large écho, comme c’est le cas en France, qui est une des causes majeures de la situation actuelle et qui nécessite cette réaction.
Bien entendu, dans ce tableau, il ne faut surtout pas oublier le fanatisme politique et religieux qui tue et détruit et face auquel, non seulement, nous ne devons céder rien mais que nous devons éradiquer sans la moindre faiblesse et la moindre hésitation.
Ce n’est, ni faire preuve de catastrophisme, ni d’une vision apocalyptique, que d’appeler au sursaut, l’Histoire nous enseignant que c’est bien parce que nous ne l’avons pas fait à temps quand cela était encore possible que les tragédies humaines ont eu lieu.
Bien sûr, la démocratie républicaine libérale n’est pas un système parfait, loin de là, et sa pratique, ici ou là, dans ceci ou cela, n’est pas conforme aux idéaux humanistes.
Mais nous n’avons pas encore trouvé mieux pour garantir la liberté et tenter de construire un monde qui soit le meilleur possible en regard de ce que nous sommes en essayant de gommer le plus les inégalités sociales tout en garantissant la différence ontologique qui fait de notre individualité un bien intouchable.
Alors oui, unir et réunir est encore possible.
C’est surtout le plus bel objectif de la politique car c’est le seul moyen de permettre à ce monde d’avancer sans se prendre les pieds dans ses vieux et nouveaux démons au risque, cette fois-ci, de ne jamais se relever.


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