vendredi 13 novembre 2020

Présidentielle USA 2020. Trump: avec moi le chaos, après moi le chaos, une stratégie tout sauf chaotique

Donald Trump

Trump a toujours été constant dans au moins deux de ses comportements, celui de détruire l’Etat de l’intérieur et celui de considérer qu’une défaite à la présidentielle nécessiterait de punir les Américains.

Ajoutez à cela son incompétence et ses limites intellectuelles ainsi que sa psychologie minée par une vision complètement complotiste de l’existence et vous avez cette stratégie du chaos qui est tout saut improvisée.

En place à la Maison blanche, il lui fallait se débarrasser de ce fameux «Deep State», ce fantasme d’un «Etat profond» qui gouvernerait réellement le pays avec à sa tête des hauts fonctionnaires et des administrations publiques complices, tout et toutes évidemment aux mains des démocrates.

Mais il lui fallait également casser la machine administrative qui empêcherait, selon lui et ses amis, les riches de s’enrichir, les propriétaires d’armes à feu de s’en servir comme ils veulent, et donc vider de substance nombre de services publics et de lois comme en matière d’environnement ou d’enseignement.

Viré du bureau ovale, il faut non seulement accélérer le mouvement de désorganisation de l’Etat pour que celui-ci ne puisse pas fonctionner normalement le plus longtemps possible tout en châtiant les électeurs de ne pas avoir voté correctement.

Et c’est ce que l’on voit actuellement où le refus de reconnaitre sa défaite face au centriste Joe Biden, est accompagnée de nombres de licenciements, de nominations de sbires prêts à tout pour leur chef, d’une absence totale de gouvernance alors que le pays est en crise sanitaire, sociale, économique et sociétale, le tout en attisant les haines dans la population entre les individus et les communautés afin d’inciter à la violence et à la diabolisation de l’autre.

Tout cela se faisant dans une atmosphère à dessein malsaine et d’une manière qui rappelle les agissements des autocrates voire des dictateurs comme le pointe une grande partie des médias, toutes orientations politiques confondues.

Reste à savoir si cette stratégie du chaos peut réussir et peut avoir des conséquences gravissimes sur le pays lui-même mais bien évidemment aussi sur la démocratie et la république.

La première réponse à ces terribles interrogations est que c’est déjà le cas et que ça dure depuis quatre ans!

Il faudra du temps pour réparer toutes les casses opérées par Trump et Biden a vraiment du pain sur la planche d’autant qu’il devra compter avec des résistances fortes de personnages extrémistes et radicaux nommés par le président sortant et indéboulonnables comme par exemple les juges à la Cour suprême mais également les juges fédéraux.

La deuxième est que, oui, Trump peut provoquer un encore plus grand chaos mais qu’il ne parviendra pas à désorganiser totalement l’Etat, faute de temps mais pas d’envie et faute d’un soutien unanime nécessaire dans certains secteurs comme, par exemple, l’armée, la police, les services de renseignements, etc.

De même, certains leaders républicains commencent à se démarquer d’un personnage encore plus dangereux qu’ils ne le pensaient, fissurant quelque peu son front antidémocratique donc son action dévastatrice.

Il peut également ruiner encore un peu plus le pays et diviser les citoyens entre eux mais l’écart de plus de cinq millions de voix en faveur de Joe Biden, écart qui augmente tous les jours puisque tous les résultats finaux ne sont pas encore connus, limite la porté de ses fake news constante sur une élection présidentielle corrompue et sur sa prétention à l’avoir tout de même gagnée pour susciter une révolte violente de ses soutiens fanatiques (même s’il ne faut pas sous-estimer cette éventualité)!

Pour autant, toute journée de plus où il ne reconnait pas la victoire de Biden et qu’il passe à la Maison blanche afin de mener son œuvre scélérate de démolition, d’appel à la haine et de vengeance est évidemment une occasion supplémentaire de créer le chaos.

Et un sale moment pour la démocratie qui passe un vrai test grandeur nature sur ses capacités de résistance et de résilience.

 

Alexandre Vatimbella

 

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