vendredi 25 janvier 2008

Actualités du Centre. Italie Chute du gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi

Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a remis jeudi soir sa démission, après avoir perdu un vote de confiance au Sénat, au chef de l'Etat Giorgio Napolitano à qui il incombera de décider ou non de nouvelles élections. Romano Prodi, à la tête du gouvernement italien depuis 20 mois, n'a reçu la confiance que de 156 sénateurs, alors que 161 l'ont désavoué. La majorité était de 160 voix. Il a aussitôt remis sa démission au chef de l'Etat, qui va maintenant engager des consultations en commençant vendredi après-midi par les présidents des deux chambres. La proclamation des résultats dans l'hémicycle de la Chambre haute a été accueillie par les applaudissements des élus de la droite. M. Prodi avait quitté le Sénat avant la proclamation du résultat. "On va tout droit aux élections. C'est une grande joie", a déclaré le chef d'Alliance Nationale (droite conservatrice), Gianfranco Fini, tandis que des petits groupes de ses partisans ont manifesté bruyamment leur joie dans le centre de Rome. "Maintenant, il faut aller voter", a renchéri le dirigeant de la droite, Silvio Berlusconi. "Il faut éviter des élections anticipées qui précipiteraient le pays dans une situation dramatique", a au contraire déclaré le chef du centre gauche et maire de Rome Walter Veltroni, qui réclame le vote d'une nouvelle loi électorale avant de retourner aux urnes. La défection de quatre sénateurs de sa majorité - dont les deux élus du petit parti centriste et catholique Udeur - a suffi à faire chuter Romano Prodi qui depuis son accession au pouvoir il y a 20 mois avait eu toutes les peines du monde à garder unie une coalition hétéroclite. Alors que l'issue de ce scrutin était largement prévisible, Romano Prodi a cependant refusé de démissionner par anticipation et a préféré aller jusqu'au bout de la confrontation, malgré les pressions de ses alliés et du chef de l'Etat qui l'avaient incité à renoncer. "Je suis ici car on ne fuit pas devant le jugement de ceux qui représentent le peuple, et aujourd'hui notre peuple nous regarde", a-t-il souligné peu avant le vote. Il avait dans un dernier espoir plaidé devant l'hémicycle "le besoin de continuité" du pays, estimant qu'"arrêter l'expérience de ce gouvernement" était "un luxe que l'Italie ne pouvait pas se permettre". Mais le coup de grâce est venu de l'aile centriste de sa coalition de centre gauche élue en avril 2006. Alors que M. Prodi a toujours bénéficié d'une majorité extrêmement ténue au Sénat - une seule voix d'avance ces derniers mois - c'est la défection la semaine dernière de l'Udeur, liée à la démission du ministre de la Justice Clemente Mastella, qui a provoqué la crise actuelle. Dans le sillage de deux sénateurs Udeur, deux élus libéraux dont l'ex-chef de gouvernement Lamberto Dini, ont aussi quitté le navire. Le président de la République devra décider s'il convoque des élections anticipées ou opte pour la formation d'un gouvernement de transition pour quelques mois, le temps de réformer la loi électorale. Le président Napolitano s'est toujours opposé à un retour aux urnes dans les conditions actuelles. Les derniers sondages donnent la droite, dirigée par Silvio Berlusconi, gagnante de 10-12 points sur la gauche par 54,5%/56% contre 44/45%. Les délais sont cependant extrêmement courts pour trouver un accord sur une nouvelle loi électorale: ou bien la réforme est adoptée par le Parlement avant la mi-juin, ou bien elle sera soumise à cette date à un référendum d'initiative populaire auquel la Cour constitutionnelle a donné son feu vert le 16 janvier. En cas d'élections anticipées, le référendum ne serait pas annulé mais reporté d'un an. M. Prodi avait démissionné une première fois le 21 février 2007 en raison d'un désaveu du Sénat sur sa politique étrangère, mais il avait été reconduit par M. Napolitano et avait obtenu la confiance des deux chambres.

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