vendredi 2 mai 2008

Actualités-Etats-Unis

Présidentielle 2008

Barack Obama obligé de « rompre » avec le sulfureux pasteur Wright


Barack Obama a rompu avec "tristesse" et colère" mardi avec son ancien pasteur Jeremiah Wright, dénonçant des déclarations "atterrantes" en pleine résurgence d'une polémique embarrassante à l'approche de la phase finale des primaires démocrates pour la présidentielle américaine. "Il n'y a pas d'excuse" pour les déclarations les plus "scandaleuses" du pasteur Wright, a lancé M. Obama lors d'une étape de campagne à Winston-Salem (Caroline du Nord, sud-est) retransmise par les télévisions. "Elles me blessent, elles blessent tous les Américains et doivent être dénoncées", a ajouté le candidat à l'investiture démocrate, pour lequel les déclarations incendiaires de Jeremiah Wright sont "l'anti-thèse" de ce qu'il représente. Jeremiah Wright était jusqu'en février le responsable de la paroisse protestante noire que fréquente Barack Obama depuis 20 ans à Chicago; il a marié le sénateur métis et baptisé ses deux filles. Le mois dernier, alors que les chaînes de télévision diffusaient en boucle des sermons où l'on voyait notamment le pasteur lancer "que Dieu maudisse l'Amérique!" en raison du racisme aux Etats-Unis, M. Obama avait pris ses distances tout en expliquant toutefois qu'il ne pouvait pas plus le renier qu'il ne pouvait renier la communauté noire. Dans une tentative de tourner la page, le sénateur avait prononcé un discours très remarqué sur le racisme, celui des Noirs comme celui des Blancs. Mais depuis plusieurs jours, M. Wright s'est lancé dans une tournée médiatique qui a culminé lundi lors d'une conférence de presse à Washington, où bien loin de revenir sur ses déclarations les plus controversées, il a une nouvelle fois dénoncé le racisme à l'oeuvre selon lui dans le gouvernement américain et dénoncé les critiques le visant comme des "attaques contre l'Eglise noire", évoquant à plusieurs reprises le comportement "politicien" de son ancien paroissien. Cette polémique rebondit alors qu'il ne reste plus que 9 consultations dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, et que le sénateur de l'Illinois est sous le coup de défaites face à l'ex-Première dame Hillary Clinton dans l'Ohio et au Texas en mars, et en Pennsylvanie la semaine dernière. Les sondages montrent qu'il peine particulièrement à capter les voix des électeurs blancs aux revenus les plus modestes, qui lui préfèrent Mme Clinton. "La question raciale est un des facteurs que prennent en compte les ouvriers blancs", affirme Clay Richards, vice-responsable de l'institut de sondage de l'université de Quinnipiac, assurant qu'"il y a des Blancs âgés qui ne peuvent se résoudre à voter pour un Noir". Lundi, le stratège de M. Obama David Axelrod avait regretté l'offensive médiatique du pasteur. "De toute évidence, ça n'aide pas", avait-il dit à la télévision MSNBC, à huit jours des primaires en Caroline du Nord et en Indiana (nord). Selon un sondage publié lundi par le magazine Newsweek, la diffusion des sermons controversés de M. Wright aurait conduit 41% des électeurs à voir M. Obama d'un moins bon œil. Mardi, M. Obama a souligné la profonde "contradiction" entre le discours de M. Wright et le sien, fondé sur un appel au rassemblement au-delà de tous les clivages. Pour le sénateur, les déclarations de Jeremiah Wright "non seulement divisent et sont destructrices, mais je crois qu'elles finissent par justifier ceux qui prospèrent sur la haine, je crois qu'elles ne reflètent pas de façon exacte le point de vue de l'Eglise noire". "Elles ne reflètent certainement pas ce que sont mes valeurs et mes convictions. Et si le révérend Wright croit qu'il s'agit (de ma part) d'un positionnement politicien, comme il le dit, alors il ne me connaît pas bien", a ajouté le sénateur. "Vu ses déclarations d'hier, peut-être que je ne le connais pas non plus aussi bien que je le croyais", a-t-il ajouté.

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