vendredi 8 mai 2015

Actualités du Centre. Législatives britanniques: la stratégie des centristes lourdement sanctionnée

Ils partirent 56 et n’en revinrent que 8… Voilà, en condensé le Waterloo des Libéraux-démocrates, les centristes britanniques à l’issue des législatives qui se sont déroulées le 7 mai.
Et même si leur chef, Nick Clegg, a sauvé son siège, il a démissionné de son poste de président devant le désaveu subi.
Car, non seulement, les Lib-Dems ne sont plus que 8 à la Chambre des communes mais, en plus, comme les Conservateurs de David Cameron ont remporté la majorité des sièges, ils n’ont plus besoin de leur allié encombrant pour gouverner.
C’est bien la stratégie des centristes britanniques qui est sanctionnée par les électeurs.
Parti qui avait le vent en poupe en 2010, il avait réussi à faire entrer une cinquantaine de députés au Parlement et avait conclu une alliance avec les Tories en se voyant attribuer de nombreux postes dont celui, plus honorifique qu’autre chose mais qui consacrait leur puissance d’alors, de vice-premier ministre.
Néanmoins, élus sur un programme de centre-gauche, voire parfois de gauche tout court, les Lib-Dems ont trahi leurs électeurs dès les premiers mois du gouvernement Cameron en tournant le dos à la plupart de leurs promesses électorales.
En chute libre dans les sondages et dans toutes les élections intermédiaires, ils se raccrochaient à l’idée qu’ils ne subiraient pas un tel revers et que, surtout, même nettement moins nombreux, ils seraient les faiseurs de roi puisque l’on donnait les Conservateurs et les Travaillistes dos à dos et que leurs voix seraient sans doute nécessaires pour former une nouvelle coalition gouvernementale.
Ils avaient d’ailleurs faits des offres de service tant à droite (préférentiellement) qu’à gauche, donnant l’image d’un parti prêt à tout pour demeurer au pouvoir.
Mais le Parti travailliste a, en fait, subi une défaite cuisante et les centristes n’auront aucune prise sur le futur gouvernement et son orientation qu’ils y participent ou non.
S’en remettant au jugement de l’histoire pour apprécier le rôle que les Iibéraux-démocrates ont tenu au gouvernement pendant cinq ans, Nick Clegg a envoyé une lettre à ses militants dans laquelle il écrit:

«J’ai toujours pensé que cette élection serait exceptionnellement difficile pour les Libéraux-démocrates, étant donné les lourdes responsabilités que nous avons prises dans le gouvernement dans des circonstances pleines de challenges. Mais clairement les résultats ont été incommensurablement plus terribles et durs que je ne pouvais le craindre. Pour cela, évidemment, j’en prends la totale responsabilité et donc j’annonce que je vais démissionner de mon poste de leader des libéraux-démocrates».

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