jeudi 26 mai 2016

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Sans liberté de la presse, pas de démocratie

Or donc, la CGT du livre, c’est-à-dire la branche du syndicat gaucho-communiste qui regroupe les militants qui travaillent à la confection technique de la presse, vient d’empêcher la parution de tous les quotidiens, hormis l’Humanité – organe du Parti communiste! –, parce que ceux-ci avaient refusé le chantage qui était, pour être dans les kiosques, de diffuser dans leurs colonnes un tract in-extenso contre la loi El-Khomri sur la réforme du code du travail…
Cet acte d’une extrême gravité est une attaque scandaleuse contre la liberté de la presse, c’est-à-dire contre la démocratie.
Il révèle, non seulement, les pratiques de voyous que tout journaliste connait de la part de ce syndicat depuis des décennies, mais ce qu’est réellement la CGT, une organisation aux relents de stalinisme qui ne s’embarrasse pas des droits fondamentaux des citoyens, la liberté d’expression qu’elle tente de phagocyter à son profit.
Bien sûr, son action est heureusement limitée aujourd’hui grâce aux médias audiovisuels et à internet qui permettent une diffusion de l’information et des opinions.
Mais elle est emblématique de la «philosophie» de ce syndicat ultra-minoritaire chez les salariés français, et donc ne les représentant ni de près, ni de loin, de vouloir bloquer totalement le pays et s’auto-introniser défenseur d’une population qui ne lui a rien demandé et surtout pas de s’attaquer à la démocratie.
Les centristes, en tant que soutiens indéfectibles à la démocratie républicaine, représentative et libérale et à ses valeurs dont la Liberté avec un grand L, ne peuvent que condamner sans la moindre hésitation les agissements de ces ennemis de cette même Liberté.
Les patrons de presse ont eu raison de dénoncer cette prise en otage d’une extrême-gauche qui rêve de déstabiliser le pays et de créer les conditions d’un mouvement populiste et démagogique tels Syriza et Podémos qu’elle contrôlerait en sous-main comme avec Nuit debout afin de répandre le désordre propice à une attaque frontale de la démocratie républicaine.
C’est avec ces gens, par ailleurs, que certains élus centristes se proposent de voter une motion de censure contre le gouvernement parce qu’il essaye de réformer le droit du travail.
Il est tant qu’ils se ressaisissent.
Quand aux journalistes de l’Humanité qui ont décidé de céder au diktat de la CGT, nous leur donnons à méditer ce passage du premier éditorial de Jean Jaurès, le fondateur du quotidien:
«La grande cause socialiste et prolétarienne n’a besoin ni du mensonge, ni du demi-mensonge, ni des informations tendancieuses, ni des nouvelles forcées ou tronquées, ni des procédés obliques ou calomnieux. Elle n’a besoin ni qu’on diminue ou rabaisse injustement les adversaires, ni qu’on mutile les faits. Il n’y a que les classes en décadence qui ont peur de toute la vérité.»
Ainsi que cette hymne à la liberté de pensée que leurs amis de la CGT ont bafoué:
«Ce qu’il faut sauvegarder avant tout, ce qui est le bien inestimable conquis par l’homme à travers tous les préjugés, toutes les souffrances et tous les combats, c’est cette idée qu’il n’y a pas de vérité sacrée, c’est-à-dire interdite à la pleine investigation de l’homme; c’est cette idée que ce qu’il y a de plus grand dans le monde, c’est la liberté souveraine de l’esprit; c’est cette idée qu’aucune puissance ou intérieure ou extérieure, aucun pouvoir et aucun dogme ne doit limiter le perpétuel effort et la perpétuelle recherche de la raison humaine; cette idée que l’humanité dans l’univers est une grande commission d’enquête dont aucune intervention gouvernementale, aucune intrigue céleste ou terrestre ne doit jamais restreindre ou fausser les opérations; cette idée que toute vérité qui ne vient pas de nous est un mensonge; que, jusque dans les adhésions que nous donnons, notre sens critique doit rester toujours en éveil et qu’une révolte secrète doit se mêler à toutes nos affirmations et à toutes nos pensées; que si l’idée même de Dieu prenait une forme palpable, si Dieu lui-même se dressait, visible, sur les multitudes, le premier devoir de l’homme serait de refuser l’obéissance et de le traiter comme l’égal avec qui l’on discute, mais non comme le maître que l’on subit.»


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