lundi 14 novembre 2016

L’Humeur du Centriste. 630.877 voix volées à Hillary Clinton

Manifestation anti-Trump à New York
La centriste Hillary Clinton a remporté l’élection américaine avec 630.877 voix d’avance (dernier décompte connu mais le chiffre définitif devrait être in fine supérieur) sur le populiste Donald Trump.
C’est comme si des villes comme Portland ou Oklahoma City avaient été rayées de la carte ou que les voix des électeurs de plusieurs villes moyennes n’avaient pas été prises en compte…
Toujours est-il qu’il est faux de dire que la victoire de Trump est un triomphe et qu’Hillary Clinton a sombré comme l’affirment aujourd’hui tous ceux qui avaient été incapables de prendre la mesure de la menace du populiste démagogue et de la possibilité de sa victoire.
En 2000, pour ce qui est considéré comme l’élection la plus contestée du XX° siècle, Al Gore avait été battu par George W Bush en ayant gagné le vote populaire avec 543.895 voix d’avance, soit moins que Clinton aujourd’hui face à Trump…
Et la candidate démocrate peut être amer en constatant, une nouvelle fois, que la loi électorale lui est défavorable mais pas le vote populaire.
Néanmoins, selon cette même loi électorale américaine qu’il serait bienvenu d’amender pour la mettre aux canons de la démocratie républicaine du XXI° siècle, Donald Trump est légalement le nouveau président des Etats-Unis.
Et il commence à parler de ce qu’il va faire et à nommer son équipe de conseillers à la Maison blanche et les membres de son gouvernement.
Nombre de journalistes – les mêmes qui se sont trompés durant toute la campagne électorale – estiment, en voyant les noms des nommés et ses propos, que Trump est en train de mettre de l’eau dans son vin.
Mais on devrait plutôt dire qu’ils prennent leurs désirs pour des réalités, un peu comme ceux qui célébraient les accords de Munich en 1938…
Comme l’explique un article pour une fois clairvoyant de Politico:
«Son apparition dimanche soir à l’émission ‘60 Minutes’ de la chaine CBS a peu fait pour éclaircir l'opacité de ses 100 premiers jours à la Maison Blanche, sans même parler du reste de son mandat, et à quoi ils ressembleront d'un point de vue politique.
(…) L'ancienne star de la téléréalité, après 17 mois passés à broyer la culture du pays et chacun des rivaux politiques qui se trouvaient sur son chemin, a promis d'être la même personne dans le Bureau Ovale que celle qu’il a toujours été sur nos écrans de télévision, sur les estrades de ses meetings et dans notre conscience collective. Il continuera à exagérer, généraliser, obscurcir, accuser et tweeter.
(…) Et son comportement et sa rhétorique vont probablement demeurer aussi malléables que ses penchants idéologiques – c’est-à-dire dépendant de la situation et du rôle qu’il essaye de jouer à un moment donné.»
En effet, si le président-élu, terminologie américaine, a concédé quelques reculs sur certains points de son programme qui étaient de toute façon irréalisable (le mur à la frontière mexicaine, la déportation de 11 millions d’immigrés illégaux, etc.), il demeure ferme sur la philosophie – si l’on peut utiliser un tel mot pour ses idées… – de celui-ci et très flou sur les mesures qu’il va prendre, ce qui lui permettra, le moment venu, de faire le contraire de ce qu’il dit ou à l’air de dire aujourd’hui.
Qu’en penseront alors les 630.877 électeurs dont le vote a compté pour beurre?!
En tant que citoyen, je n’en sais rien.
En tant que centriste, attaché à la démocratie représentative, je comprendrai alors leur colère comme je comprends celle des manifestants qui, tous les jours depuis l’élection de Trump manifestent dans tous les grandes villes des Etats-Unis en affirmant que le populiste démagogue n’est pas leur président.
Si l’on peut penser que les manifestations vont s’estomper puis cesser, le ressentiment de ceux qui sont majoritaires dans le pays et se retrouvent minoritaires politiquement pourrait devenir explosif si Donald Trump agissait comme il avait prévu de le faire alors même qu’il n’a pas obtenu la majorité des votes des Américains.
Ce qui est inquiétant dans la nouvelle situation des Etats-Unis, c’est que l’on peut également se demander ce que va faire cette minorité bruyante et parfois violente qui a voté pour ce démagogue populiste, celle qui voulait mettre Hillary Clinton en prison, voire qui voulait l’assassiner, et qui parlait de révolution si elle remportait démocratiquement l’élection, au cas où il n’applique pas ses promesses électorales, notamment les plus extrêmes.

Centristement votre.

Le Centriste

Mise à jour le 16 novembre 2016:
Désormais l'avance d'Hillary Clinton a dépassé le million de vote et s'établit à 1.161.750 et devrait s'accroître encore.



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