dimanche 12 février 2017

Présidentielle 2017. «Macron bashing»: quand la Gauche et de la Droite s’allient pour se débarrasser de Macron

Que ce soit dans la bouche de François Fillon ou de Benoit Hamon, dans les colonnes du Monde ou du Figaro, dans celles de l’Obs ou de Valeurs actuelles, la Gauche et la Droite profèrent exactement les mêmes attaques contre Macron et ont la même stratégie pour s’en débarrasser.
Si cette situation peut en étonner certains, il n’en sera pas le cas pour tout centriste qui sait qu’un positionnement au centre ou du Centre vous fait avoir deux fois plus d’ennemis qui viennent à la fois de votre droite et de votre gauche.
En cela, il suffit de se rappeler la récente campagne présidentielle aux Etats-Unis où la candidate centriste a été attaquée durement, à la fois, sur sa droite, par Donald Trump, et, sur sa gauche, par Bernie Sanders.
Et le candidat au centre lors de la présidentielle de 1981, Valéry Giscard d’Estaing, a reçu autant de coups de la part de la Droite avec Jacques Chirac que de la part de la Gauche avec François Mitterrand.
Emmanuel Macron, candidat de l’axe central, du «ni gauche, ni droite» (qui est un positionnement centriste) et du progressisme contre tous les conservatismes de droite et de gauche entre donc parfaitement dans le profil du candidat pris sous deux feux simultanés.
En revanche, ce qui est nouveau c’est la similitude des stratégies venues de la Droite et de la Gauche.
Les principaux axes des attaques contre Macron sont:
- Il n’a pas de programme;
- Il n’a pas les reins assez solides et va s’effondrer;
- Il est le candidat de la finance.
- Il est un candidat déguisé  en candidat de droite alors qu’il est de gauche et en candidat de gauche alors qu’il est de droite;
Dans le même temps, on tente de lui mettre la candidature de Bayrou dans les pattes – les invitations multiples dans les médias du président du MoDem alors qu’il n’est qu’à 5% des intentions de vote en témoignent –, lui qui ne prendra pas de voix à Fillon ou Hamon, sauf à l’extrême marge, mais à Macron.
Sans évidemment oublier toutes les insultes et les mensonges proférés sur internet.
Bien évidemment, ces feux croisés et ce tir de barrage de cette coalition droite-gauche vient de ce qu’Emmanuel Macron est crédible auprès des Français et, surtout, qu’il fait pour l’instant la course en tête (qualifié pour le second tour où il bat largement la candidate d’extrême-droite, Marine Le Pen).
C’est pourquoi cette «alliance objective» entre Fillon et Hamon (et leurs supplétifs, Le Pen et Mélenchon), entre Le Figaro et Le Monde, entre l’Obs et Valeurs actuelles ainsi que sur internet et la blogosphère entre militants de droite et de gauche ne va, non seulement, pas disparaître mais va s’intensifier si Emmanuel Macron continue à monter dans les sondages et plus le jour de l’élection approchera.
Mais ce qui peut être inquiétant pour le fondateur d’En marche!, c’est que ni Hillary Clinton en 2016, ni Valéry Giscard d’Estaing en 1981, n’ont gagné, emportés tous deux par cette alliance objective.
De même, les candidatures solides de centristes comme celles de Raymond Barre en 1988 ou de François Bayrou en 2007 se sont fracassées sur ce tir de barrage.


Alexandre Vatimbella



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