jeudi 16 mars 2017

Une Semaine en Centrisme. Quand Juppé et Valls valident l’axe central

Alain Juppé & Manuel Valls
Si quelqu’un en doutait encore, les propos durs d’Alain Juppé sur François Fillon et ceux de Manuel Valls sur Benoit Hamon qui, en plus, refuse de le soutenir, ont validé de fait et avec éclat que l’axe central est bien une réalité et que son candidat, Emmanuel Macron (rejoint par nombre de juppéistes et de vallsiens) est dans la capacité de remporter la présidentielle.
De même que les propos de Jean-Louis Borloo sur la nécessité d’une alliance entre les progressistes de droite et de gauche.
Tout comme la haine qui commence à ressortir des déclarations des membres du FN et de la candidate d’extrême-droite, Marine Le Pen, à l’encontre du leader d’En Marche! identifié désormais comme la menace principale des réactionnaires.
Rappelons que l’axe central, que nous avons été les premiers à identifier et à démontrer qu’il était majoritaire dans le pays, est composé des réformistes libéraux de droite, des sociaux-libéraux et des sociaux-réformistes de gauche et, bien sûr, des libéraux sociaux humanistes et réformistes du Centre.
Ce qui, en parlant de personnalités politiques, englobent Alain Juppé, Jean-Louis Borloo, François Bayrou, Emmanuel Macron et Manuel Valls, entre autres.
Bien entendu et comme nous l’avions prévu, il n’y a pas eu une alliance entre ces courants de l’axe central pour cette présidentielle, faute de temps pour faire mûrir dans la tête de ces responsables politiques que leur alliance était dans l’ordre des choses.
De même, au-delà des propos tenus par Juppé, Valls et Borloo, aucun de ces trois hommes n’a pour l’instant rejoint Macron – notamment par fidélité à leur parti – et il est probable qu’ils ne le feront pas avant le deuxième tour de la présidentielle lorsque ce dernier devrait être opposé à Marine Le Pen afin, d’une part, de constituer le front républicain puis, d’autre part, d’entamer des discussions en vue de constituer une majorité réformiste, progressiste et humaniste à l’Assemblée nationale.
Mais la teneur de ce qu’ils disent et de ce qu’ils montrent n’est en rien équivoque sur la proximité des idées, des valeurs et de la vision qu’ils partagent ensemble et avec le candidat d’En marche!
Cette clarification était souhaitable, elle arrive plus tôt que prévue par le simple fait que Juppé et Valls ont perdu leurs primaires respectives face à des candidats radicalisés et que Borloo voit tous les jours l’UDI, son œuvre, se fourvoyer dans des petits arrangements politiciens, lui le républicain social, homme plus d’un idéal que de tractations électoralistes mesquines et, ici, déshonorantes.
D’autant que ce n’est pas tous les jours, loin s’en faut, que les astres sont alignés pour favoriser l’arrivée au pouvoir des humanistes libéraux et progressistes, des défenseurs de la démocratie républicaine et d’une société ouverte, libre et solidaire.
Ce fut le cas – un peu – en 1974 avec l’élection de Valéry Giscard d’Estaing.
Cela peut l’être en 2017 avec un Emmanuel Macron s’installant à l’Elysée avec le soutien de la gauche et de la droite libérales et progressistes ainsi que du Centre.
Cette coalition préfigurera-t-elle une recomposition de l’espace politique en profondeur?
Nous avons dit ici qu’il faudrait s’acheminer, à terme, à une tricoalition qui se composerait d’une aile gauche avec une alliance entre l’extrême-gauche et la gauche radicale, une aile droite avec une alliance entre l’extrême-droite et la droite radicale et l’axe central dont nous avons expliqué plus haut sa composition.
Si l’on voulait se convaincre de la dynamique de l’axe central actuellement sans même parler des intentions de vote en faveur d’Emmanuel Macron dans les sondages, il suffirait de prendre les baromètres de popularité publiés en ce mois de mars.
Dans l’Observatoire des politiques de l’institut Elabe (pour les Echos et Radio classique), les trois premiers en nombre d’opinions positives sont Alain Juppé, Emmanuel Macron et François Bayrou.
Et les deux plus fortes progressions sont celles de Juppé (+8) et de Valls (+7).
Dans le Palmarès politique de l’institut Ipsos (pour Le Point), on trouve en tête Alain Juppé, en troisième position Emmanuel Macron et en sixième position François Bayrou.
Et les trois plus fortes progressions sont réalisées par Macron (+8), Juppé (+7) et Valls (+5).
Dans le tableau de bord de l’institut Ifop (pour Paris Match, LCI et Sud radio), on trouve en tête Alain Juppé, en troisième position Emmanuel Macron, en quatrième position Jean-Pierre Raffarin et en cinquième François Bayrou.
Dans tous ces baromètres, Emmanuel Macron est toujours en tête de l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC
Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC


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