lundi 6 janvier 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Contre tout et tous: et après?

Les Français ont cette particularité d’avoir successivement élu des présidents – puis de leur avoir donné des majorités législatives – de droite (Sarkozy en 2007), de gauche (Hollande en 2012) et du centre (Macron en 2017) et de s’être opposés à eux, renvoyant les deux premiers et s’apprêtant à le faire pour le troisième tout en se disant majoritairement contre un pouvoir détenu par les extrémistes qu’ils soient de droite (Marine Le Pen et son Rassemblement national) ou de gauche (Jean-Luc Mélenchon et sa France insoumise).
Ils ont également celle d’avoir soutenu un mouvement de foule qui s’est opposé à la mise en place d’un impôt écologique tout en se disant pour la protection de l’environnement et pour la lutte contre le réchauffement climatique, objet de cette taxe.
Et, actuellement, selon les sondages, ils soutiennent un mouvement syndical corporatiste qui lutte pour la préservation pour certains d’avantages concernant leurs retraites, avantages qu’ils veulent voir supprimer.
Et, donc, ils ont soutenu un mouvement qui se dressait contre l’établissement d’une taxe de quelques cents sur le litre d’essence et un mouvement qui, tous les jours par le blocage des transports en commun, leur fait dépenser de l’argent en pleins d’essence pour se déplacer et aller au travail.
Au moins, dira-t-on, les deux ont le même impact négatif sur l’environnement…
On pourrait continuer cette liste encore longtemps en disant, par exemple, que ces mêmes Français veulent des réformes (contre l’immobilisme) mais quand elles sont décidées ou mises en place n’en veulent plus (contre le changement), qu’ils veulent des produits toujours moins chers (contre la vie chère) mais qu’ils ne veulent pas des conséquences (contre le chômage et les délocalisations), qu’ils veulent plus de services et d’aides publics de toutes sortes (contre les économies budgétaires) mais veulent payer moins d’impôts (contre les dépenses publiques).
Evidemment, aucun de nous n’est exempt de contradictions, de paradoxes ni de jouer parfois contre notre propre camp.
Cependant, les Français sont parvenus, au fil du temps, à être, dans une sorte de systématisme borné, contre tout et contre tous, dans un mécontentement chronique, une recherche de boucs émissaires, une envie de changement qui s’entrechoque avec une envie tout aussi forte de conservatisme, où ils sont capables, dans le même temps de vouloir une chose et son contraire par simple opposition, par simple défiance, créant des situations ubuesques dont ils semblent même tirer une certaine fierté!
Tout cela serait amusant, voire «pittoresque» s’il ne s’agissait de notre quotidien et de notre avenir et de ceux de nos enfants.
Parce qu’être des «Non-Non» puérils et niais n’a évidemment rien de constructif.
Sans doute, veulent-ils le beurre et l’argent du beurre (et la crémière en sus) tout en étant rasés gratis mais cela ne fait pas beaucoup avancer les choses, pire, cela les fait régresser.
Et contre tout et tous est, à la fois, la négation systématique du réel, le refus constant de faire des choix tout en se prélassant dans l’irresponsabilité.
Jusqu’au jour où tout implose.


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