mardi 28 avril 2020

Actualités du Centre. UDI: face à sa difficulté d’exister pendant la crise, Lagarde s’en prend à la majorité

Jean-Christophe Lagarde
Après avoir été dans une opposition quasi-systématique pendant plus de deux ans, on croyait que l’UDI était devenue une sorte de compagnon de route de la majorité présidentielle et qu’elle pourrait même l’intégrer à terme.
Il faut dire que ce nouveau positionnement choisit par son président, Jean-Christophe Lagarde, résultait alors d’une forte absence de la formation centriste des débats politiques et des plateaux de télévision mais aussi des choix stratégiques catastrophiques qu’il avait lui-même décidés comme la présence d’une liste aux élections européennes qui ne parvint qu’à rassembler un peu plus de 2% des votants après avoir renoncé à présenter un candidat à la présidentielle.
Mais ce rapprochement n’a guère payé même si l’on a vu souvent l’UDI être plus proche du Gouvernement de LaREM que le MoDem de François Bayrou pourtant allié du parti présidentiel…
Ainsi, la visibilité de l’UDI et de son président, malgré nombre de prises de paroles fracassantes, n’a pas augmenté et avec la crise épidémique, elle a même fortement baissée.
De plus, son président veut pouvoir surfer sur des sondages où les Français déclarent majoritairement ne pas faire confiance au Gouvernement pour gérer l’épidémie de covid19 et ses implications.
Du coup, depuis plusieurs semaines, il a recommencé ses critiques envers le pouvoir en place, critiques qui se sont amplifiées ces derniers jours et qui ont connu leur paroxysme ce lundi lors d’un entretien à la radio Europe1.
S’en prenant au Gouvernement et à sa présentation aujourd’hui, par le Premier ministre, de son plan de déconfinement, il n’a pas hésité à parler d’«autoritarisme» à son encontre rejoignant les récriminations de Jean-Luc Mélenchon en l’espèce!
Selon lui, «Le gouvernement s'est donné 15 jours pour présenter un plan, il faudrait qu'on ait 15 minutes pour pouvoir voter avant même d'avoir pu en discuter entre nous.»
Et de fustiger la démarche de celui-ci en évoquant même, les… gilets jaunes:
«Au lieu de choisir une co-construction avec l'ensemble des forces politiques pour donner de la confiance. On nous dit 'voilà la vérité qui va tomber du ciel', comme avant les 'gilets jaunes' et puis on vous dit 'vous n'avez qu'à dire oui ou non'. Ça ne me parait pas sérieux ni respectueux comme démarche.»
Dès lors, son parti ne devrait pas accorder sa confiance au plan d’Edouard Philippe:
«Quand on vous dit 'voilà, vous découvrez à 15 heures la vision que le gouvernement a du déconfinement, et votez pour ou contre à la sortie' sans même pouvoir en discuter, ça revient à dire 'est-ce que vous nous faites confiance ?' Ma réponse est non.»
Et, il a récidivé ensuite sur la chaine de télévision de propagande de Vladimir Poutine, RT, un endroit qu’il fréquente désormais souvent.
Il y a ainsi déclaré:
«On a l’impression qu’on est revenu à l’autoritarisme du début du quinquennat, celui d’avant les gilets jaunes. (…) on veut nous faire marcher au son du canon.»
Et il a même accusé la majorité présidentielle de «vouloir passer en force».
Lagarde a également continué ses critiques en tweetant:
«Gouvernement et majorité refusent deux votes séparés sur appli COVID et déconfinement et refusent aussi un délai de 24h pour voter après avoir entendu la déclaration du PM afin de pouvoir en débattre entre députés. Bref ça sent la fin de crise: Retour a la surdité habituelle...»


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