jeudi 27 novembre 2008

Actualités – France

François Bayrou choisit une stratégie de gauche et d’opposition systématique


François Bayrou, qui ambitionne d’apparaître comme le principal opposant à Nicolas Sarkozy, cherche à occuper le créneau laissé vacant par un Parti socialiste tout à sa guerre interne. Face à un PS «coupé en deux», le président du Mouvement Démocrate réaffirme sa volonté d’attirer à lui des électeurs socialistes déçus : «il faut que tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’action du pouvoir actuel et de Nicolas Sarkozy aient un espoir», qui ne peut «visiblement» pas venir du PS, en «bout de cycle et en décomposition grave». «Je me sens une responsabilité d’offrir un espoir, des idées et un rassemblement possible à ces millions de Français qui cherchent et ne trouvent plus et s’en désespèrent». «Il faut une alternative au pouvoir actuel. Cette alternative, elle doit être proposée et exprimée aux Français, et elle impliquera des rassemblements. C’est une idée si simple qu’on s’étonne que ça fasse l’objet de polémiques internes au PS». «J’ai apprécié que Ségolène Royal accepte l’idée de faire bouger les lignes un jour», a-t-il souligné, en allusion aux propositions d’ouverture au centre de l’ex-candidate socialiste à la présidentielle. «Je n’ai pas oublié que Martine Aubry à Lille a accepté et voulu un accord avec des gens qui sont très bien, et qui sont très bien dans la majorité municipale de Lille.»

«A court terme, le spectacle donné aujourd’hui par le parti socialiste et l’idée qu’il ne remplit plus ses fonctions d’opposant ne peut qu’être bénéfique à François Bayrou, comme d’ailleurs à Besancenot ou aux Verts» estime François Miquet-Marty, directeur de l’institut de sondage Viavoice. Selon lui, le Modem peut en tirer profit aux européennes, car «il a un discours clair sur l’Europe, ce qui n’est pas le cas du PS, au moins depuis 2005, et il y a des électeurs qui sur ces enjeux-là peuvent facilement passer du Parti socialiste au MoDem». «A moyen terme, c’est plus compliqué. Si le parti socialiste évolue en deux pôles, Ségolène Royal sera davantage positionnée sur ce créneau central, où Bayrou ne sera plus seul».

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