dimanche 18 janvier 2009

Editorial d'Alexandre Vatimbella. Barack Obama, le centriste qui va faire enrager les extrémistes

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Dans les journaux de gauche, les « insultes » de dépit pleuvent déjà : Obama n’est qu’un vilain centriste (mais on l’aime quand même…). Dans les journaux de droite, ce sont les « louanges » de surprises qui lui sont adressées : Obama est en réalité un gentil centriste (c’est pourquoi on peut l’aimer…). Mais qu’il soit un vilain ou un gentil, parions qu’il sera bientôt critiqué si ce n’est détesté par les deux bords qu’il va nécessairement décevoir tant ils attendent qu’il soit de « leur côté ». Parce qu’il n’est ni de droite ni de gauche, non, Barack Obama est un vrai centriste. Dès lors sa politique risque d’être rejetée aussi bien par la droite qui verra en lui un affreux collectiviste et par la gauche qui verra en lui un affreux capitaliste selon les mesures prises. Car, être du Centre et le montrer est la plus difficile des postures politiques. Si l’on est à droite ou à gauche et que l’on gouverne au centre avec une rhétorique extrémiste, rien de plus normal. C’est le cas le plus commun dans nos démocraties puisque le gouvernement des humains vous impose de tenir compte de la réalité et d’utiliser l’idéologie uniquement pour se faire élire puis dans des discours enflammés mais surtout pas dans la pratique politique. Au moins, le discours partisan à défaut des actes, permet les repères politiques avec des partisans et des adversaires. Avec Barack Obama, le discours est ouvert tout comme sa vision de la politique. Voilà une position qui ne peut que désorienter et donc susciter les critiques virulentes.
L’équipe que Barack Obama a mise en place est un subtil équilibre centriste. Et les critiques ont fusé. Les militants de gauche se sont étranglés de voir des Républicains dans le gouvernement et, surtout, leur objet de haine, la centriste Hillary Clinton. Les propositions économiques de Barack Obama sont centristes. Et déjà, les démocrates libéraux (les plus à gauche) critiquent le plan de relance qui fait la part belle selon eux aux capitalistes alors que les républicains les plus à droite critiquent le retour d'un Etat soi-disant incapable (alors que ce sont eux qui ont fait exprés qu'il ne soit plus capable de remplir ses missions en lui rognant ses moyens). Tout comme sa vision de la société et sa volonté d’offrir une assurance santé à la population (combattu par la droite) mais sans l’assistanat. Sans parler qu’il est pro-avortement (un crime pour la droite) mais pour la guerre en Afghanistan (un crime pour la gauche). Et quand le nouveau président des Etats-Unis affirment qu’une bonne idée n’est ni de gauche, ni de droite et qu’il en attend de tous les horizons politiques, voilà qui n’est pas politiquement correct et qui n’est guère compréhensible pour la plupart de ceux qui ne fonctionnent qu’avec une vision duale de la politique : les bons et les méchants.
Barack Obama va donc faire enrager les extrémistes de tout bord. Surtout s’il réussit ! Mais son action à la tête de la première puissance mondiale sera particulièrement intéressante à être observée et analysée car elle peut ouvrir une nouvelle ère dans la façon de gouverner les humains et, pourquoi pas, un possible modèle en la matière pour le XXI° siècle naissant. Pas d’emballement, évidemment, mais un espoir raisonné. Et c'est déjà beaucoup dans ce monde où il y a tant de motifs pour renoncer.
Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC

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