lundi 5 juillet 2010

Une semaine en centrisme. Le pari raté de Nicolas Sarkozy et les centristes


En mettant la réussite matérielle au cœur de son projet (travailler plus pour gagner plus; le bouclier fiscal; le «bling-bling» revendiqué avec, entres autres, la réception au Fouquet’s et les vacances de luxe chez ses amis milliardaires; l’augmentation de son salaire de 100% dès sa prise de fonction; le mélange assumé de l’argent et de la politique; etc.), Nicolas Sarkozy avait fait le pari de faire de l’argent la clé du bonheur des Français. Trois ans après et une crise économique et financière mondiale, l’échec est patent.

Au-delà d’une volonté de greffer sa vision (fausse) du rêve américain sur le «modèle français», le Président de la république a cru que son quinquennat permettrait de redonner un élan à la France par l’argent. Cette stratégie de l’«enrichissez-vous» aurait pu réussir si la croissance avait été au rendez-vous et si l’ostentation au sommet avait rejaillit largement sur la population. L’envie d’améliorer son quotidien matériel est une des données de notre société consumériste où beaucoup estiment que la réalisation de soi passe par un compte en banque fourni, même ceux qui affirment qu’une société de loisirs est plus importante qu’une société du travail. Les loisirs, ça coûte cher!

Mais cet échec a dévoilé la partie amorale de ce projet, ce qui a des implications beaucoup plus grave que la seule personne de Nicolas Sarkozy et de son avenir politique. Car l’éthique en a pris un rude coup et le sondage publié par Libération estimant à 64% que les hommes politiques sont «plutôt malhonnêtes» et seulement à 29% qu’ils sont «plutôt honnêtes» en est un exemple particulièrement édifiant.

Il interpelle particulièrement les centristes dont la vision en la matière a toujours été équilibrée. Ils ont toujours mis en avant le «toujours mieux» face au «toujours plus». Ainsi, ils ne rejettent pas la réussite matérielle et l’enrichissement comme la Gauche mais n’en font pas un des piliers de leur projet politique comme la Droite. Celui qui travaille et met en valeur ses talents a le droit de récolter les fruits de ceux-ci tout en participant à l’effort de solidarité. Mais l’humanisme centriste met en avant une réalisation de soi beaucoup plus globale où la réussite passe par une vie équilibrée et enrichissante avant tout dans le rapport à l’autre, en particulier dans la famille, dans la spiritualité (quelle soit laïque ou religieuse) et dans la capacité réelle de vivre une vie libre et accomplie.

Si la réussite matérielle participe de cette vie libre et accomplie, elle n’en est qu’un moyen et pas un but. De même, au-delà d’un certain niveau de vie, elle ne justifie pas que l’on bouscule toutes les règles de vie en commun et la morale au nom d’une recherche sans fin du toujours plus.

Un des faits qui a le plus choqué les Français est l’achat par l’Etat des cigares du secrétaire d’Etat au grand Paris, Christian Blanc, pour douze mille euros alors que, non seulement, cette utilisation de l’argent public est choquante mais qu’il pouvait se les acheter lui-même, ayant largement les moyens de le faire. Christian Blanc – qui se défend de tout comportement anormal et affirme vouloir rétablir la vérité - se dit centriste (il est membre du Nouveau Centre mais a navigué souvent dans la politique au gré de ses intérêts). Reste qu’il a du sans doute oublier sur quoi se fonde le Centre. Et il est bon de rappeler ici qu’il n’est pas un endroit pour opportunistes mais pour ceux qui ont de fortes convictions humanistes…

Alexandre Vatimbella

Directeur du CREC

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