jeudi 17 juillet 2014

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Les deux synthèses centristes

Actuellement, deux synthèses sont dominantes au centre de l’échiquier politique français, la «libéro-chrétienne» et la «christo-libérale».
La première, est très libérale en matière économique et sociale mais très démocrate-chrétienne en matière sociétale (en particulier à propos des mœurs).
La deuxième est très démocrate-chrétienne en matière économique et sociale mais très libérale en matière sociétale (en particulier à propos des mœurs).
Bien entendu, on trouve également un courant libéro-libéral et un courant démocrate-chrétien aux positionnements cohérents en rapport aux canons traditionnels de ces deux pensées politiques tant en matière économique et sociale qu’en matière sociétale mais ils sont plutôt minoritaires aujourd’hui.
Schématiquement, la synthèse «libéro-chrétienne» s’appuie sur la liberté d’entreprendre et des valeurs d’un vivre ensemble dominées par une vision conservatrice de la société et du lien social.
La synthèse «christo-libérale», quant à elle, s’appuie sur l’économie sociale de marché et les valeurs de l’individualisme libéral où prime l’intérêt de l’individu sur celui du groupe.
A priori, ces deux synthèses peuvent cohabiter ensemble en trouvant des compromis quant à l’organisation de l’économie (en France, l’Etat a toujours eu un rôle plus important que dans d’autres pays, ce que ne rejettent pas les libéro-chrétiens même s’ils veulent que celui-ci diminue).
En revanche, il est plus difficile de trouver des ponts en matière sociétale.
Ainsi en est-il, par exemple, du mariage pour tous où l’on a vu, dans l’espace centriste, des positions totalement antinomiques entre les tenants de la synthèse christo-libérale totalement opposés au mariage entre personnes du même sexe et ceux de la synthèse libéro-chrétienne, au contraire, soutiens inconditionnels de cette mesure.
En outre, si les deux synthèses appuient des réformes afin de permettre à la France de se moderniser et de retrouver le chemin du progrès, elles buttent également sur des désaccords importants.
Alors que, par exemple, la synthèse christo-libérale voit dans la mondialisation une opportunité et demande que le pays engage les réformes nécessaires pour y participer pleinement, la synthèse libéro-chrétienne est nettement plus réservée même si les positions des tenants de cette dernière ont des vues assez disparates en la matière.
De même pour ce qui est de la solidarité de la société envers les plus défavorisés.
Si personne ne remet en cause la nécessité des les aider, la synthèse christo-libérale estime que c’est avant tout en libérant les énergies entrepreneuriales que l’on permettra à tous d’avoir un travail et donc un revenu suffisant alors que la synthèse libéro-chrétienne est plus sur les thèses du solidarisme et du personnalisme adeptes d’une aide directe de la société à ceux qui en sont exclus.
Au vu de ce que l’on vient de voir, il est plus facile de comprendre qu’au-delà des ambitions et des inimitiés personnelles, l’union de tous les centristes butte également sur des questions politiques prégnantes, avec parfois des convictions qui semblent bien irréconciliables et ont comme conséquence un certain immobilisme au niveau des projets et des programmes centristes sauf sur de grands principes.

Heureusement, un de ceux-ci permet de redonner cohésion et cohérence aux différents points de vue centristes, c’est celui du juste équilibre dont on ne dire jamais assez son importance afin de construire une société harmonieuse.

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