vendredi 12 juin 2015

L’Humeur du Centriste. Le chantage de Sarkozy à Lagarde

ça y est, nous y sommes!
Les discussions de marchand de tapis (que le site Le Centrisme évoquait récemment) entre LR (Les Républicains) et l’UDI sont entrées dans une nouvelle phase, celle de l’intimidation à la mode Sarkozy.
Si l’on en croit les indiscrétions venues des membres des instances du parti de droite, son président veut dorénavant lier les demandes de Jean-Christophe Lagarde, c’est-à-dire trois présidences de région, à des exigences de soumission et à une allégeance totale, non seulement, lors des régionales mais, bien évidemment lors de la présidentielle.
On reconnait bien là la patte particulière de Nicolas Sarkozy.
Ainsi, il donnera gain de cause à Lagarde si les trois candidats UDI à la présidence d’une région (Hervé Morin, François Sauvadet, Philippe Vigier) s’engagent à soutenir la primaire des Républicains et si les listes d’union dans les régions où ils seront tête de liste sont très majoritairement composées de candidats de droite et très minoritairement de ceux du Centre.
L’«intransigeance» dont monsieur Lagarde se targuait ainsi que sa capacité à résister aux pressions de Nicolas Sarkozy risquent bientôt de ressembler au sketch de l’arroseur arrosé…
D’une part, parce que Sarkozy n’est pas stupide et il sait que les trois candidats sont prêts à tout pour devenir têtes de liste.
De plus, ce sont loin d’être des proches de Jean-Christophe Lagarde, c’est même un euphémisme, et ils ont déjà appelé à un ralliement de l’UDI aux Républicains pour la présidentielle de 2017.
On peut donc supposer qu’ils seront d’accord pour accepter sans broncher les désidératas sarkozystes et qu’ils sauront mettre la pression qu’il faut sur le président de l’UDI pour qu’il plie.
D’autre part, parce que Jean-Christophe Lagarde devant de telles conditions se retrouvera au pied du mur où, face à l’acceptation de ses demandes, il devra montrer, qu’en retour, il est prêt à un compromis avec LR ou à prendre désormais l’énorme pari d’aller seul aux régionales avec pratiquement aucune chance de remporter une présidence de région et de s’aliéner encore plus une partie de sa propre formation.
Mais aussi parce qu’en acceptant que ses candidats aux régionales s’engagent dans le processus de la primaire, Jean-Christophe Lagarde introduira lui-même le loup LR dans la bergerie UDI pour 2017, ce qui ravira à n’en pas douter ses opposants en interne, au premier chef Hervé Morin et François Sauvadet!
A trop avoir voulu jouer au Machiavel de la négociation, le président de l’UDI s’est de lui-même engagé dans un chemin où le rebrousser apparaîtrait comme une défaite cinglante.
Et tout cela, rappelons-le, sans qu’aucune discussion politique sur un programme ou un projet n’ait eu lieu et donc qu’on ne sache absolument pas sur quoi sont d’accord les deux formations et sur quoi porte leurs désaccords en la matière.
Voilà qui pourrait bien de se terminer comme la fable:
Une Grenouille vit un Bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : «Regardez bien, ma sœur;
Est-ce assez? dites-moi; n'y suis-je point encore?
- Nenni. - M'y voici donc? - Point du tout. - M'y voilà?
- Vous n'en approchez point.» La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.
A monsieur Lagarde de faire mentir monsieur de La Fontaine…

Centristement votre.

Le Centriste



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