jeudi 14 avril 2016

Actualités du Centre. Tunisie – Création probable d’un groupe parlementaire centriste

Béji Caïd Essebsi & Moshen Marzouk
La création d’un nouveau parti centriste laïc opposé à tout accord avec les islamistes, Harakat Machroû Tounes (et de son groupe parlementaire Al-Horra), issu de l’éclatement du parti au pouvoir Nidaa Tounes (du président de la république Béji Caïd Essebsi) qui dirige le pays dans une coalition avec les islamistes d’Ennahdha, pourrait aboutir à une recomposition politique en Tunisie.
Ainsi, on devrait assister à la formation d’un nouveau groupe parlementaire à l’Assemblée des représentants du peuple, qui regroupera tous les députés centristes (au sens laïc puisque Ennahdha se revendique d’un «centrisme» qui serait entre la laïcité et la religion).
Car le courant centriste, morcelé, doit s’allier pour peser.
Cette union entre les centristes a été annoncée par la députée Rim Mahjoub du parti Afek Tounes.
A l’heure actuelle, au centre de l’échiquier politique, Nidaa Tounes compte 56 députés, Al-Horra, 28, l'Union patriotique libre, 14, Afek Tounes, 8.
Mais le groupe parlementaire ne devrait pas compter d’élus de Nidaa Tounes.
De son côté, Ennahdha compte 69 députés.
Rappelons qu’Harakat Machroû Tounes a été créé par Mohsen Marzouk, ancien secrétaire général de Nidaa Tounes.
Sa plateforme est fondée sur «la pensée moderniste» d’Habib Bourguiba, l’ancien chef de l’Etat et père de l’indépendance du pays avec, notamment, une séparation entre la politique et la religion.
De son côté, Nidaa Tounes est une formation hétéroclite née en 2012 et composée aussi bien de personnalités de gauche et de centre droit que d'anciens dignitaires du régime autoritaire de Ben Ali.
Si elle se réclame, elle aussi, du Centrisme – son leader, Hafedh Caïd Essebsi, se définit comme un «libéral social» – elle a pourtant accepté de gouverner avec les islamistes alors que toute sa campagne électorale avait été basée sur leur renvoi.
D’où d’ailleurs, la scission et la création d’Harakat Machroû Tounes et d’Al-Horra.



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