jeudi 21 juillet 2016

Actualités du Centre. Attentat de Nice: les centristes contre la surenchère de la Droite

La plupart des responsables centristes se sont montrés très critiques envers les leaders de la Droite et, plus particulièrement de ceux de LR, qui n’ont pu résister à une récupération politicienne de l’attentat de Nice du 14 juillet.
Voici leurs principales réactions:
- Philippe Vigier (président du groupe UDI à l’Assemblée nationale) lors d’un point presse:
«Il ne faut pas céder à des dérives de politique politicienne mais voir demain comment mieux protéger les Français, avec efficacité.
«Nous ne sommes jamais tombés dans la surenchère mais avons essayé d'avoir des propos à hauteur des circonstances dramatiques", avec "esprit de responsabilité", car le contexte est "un terreau fertile pour qui vous savez".
«Ne comptez pas sur moi pour tomber a bras raccourcis sur le gouvernement appelant, en visant certains élus LR, à "arrêter les batailles de chiffoniers sur le nombre de policiers et de gendarmes.
«Nous sommes en guerre totale, il faut que ce mot rentre dans les têtes. Ce qui s'est passé a Nice n'est pas qu'un épisode, cette guerre s'accentue et l'assaillant a lui toujours de nouveaux moyens pour frapper.
«La colère est immense dans ce pays, il faut l'entendre. L'état d'urgence a été prolongé déjà trois fois et il y a eu 7 textes liés à la sécurité depuis 2012, nous avons toujours été présents pour les voter.»
- Jean-Christophe Lagarde (président de l’UDI) dans une interview à Ouest France:
«Je ne veux pas participer à l’hystérisation du débat politique. Ce que nous avons à faire, ce n’est pas de mener une campagne présidentielle, mais de mener une guerre contre une barbarie qui veut créer la guerre civile en France. L’hystérisation du débat angoisse nos citoyens et sème les germes de la guerre civile.
«Si vous me voyez choqué, encore plus en colère, c’est parce que les réactions politiciennes à cet attentat sont indignes. On ne parle pas quand les cadavres sont encore chauds. On ne parle pas quand l’enquête judiciaire ne dit pas ce qui s’est passé. J’en veux autant aux responsables politiques qu’aux médias d’information en continu qui angoissent, stressent la population, sans rien savoir, pendant des heures, des nuits. On ne commente pas ce qu’on ne connaît pas encore. Ça ne fait que servir nos ennemis
«On n’est pas dans une guerre classique comme en 39-45; on est dans une guerre asymétrique, de terroristes qui savent bien qu’ils ne peuvent pas envahir la France, nous battre militairement. Ils n’ont qu’un seul objectif, que tout le monde oublie, y compris les responsables de l’opposition qui sont intervenus ce week-end, bien trop tôt, bien trop fort et bien à côté de la plaque, ce que veut Daech, c’est créer une guerre civile sur notre territoire. Pourquoi servir leurs plans?
«Tous les débats sont respectables, mais quand on sait de quoi on parle, et pas à chaud. Des attentats, il y en a sous ce gouvernement, il y en aura sous d’autres gouvernements. Il y en a dans des pays bien plus militarisés, bien plus policiers que nous. On ne peut pas empêcher tous les attentats, mais on peut mobiliser la population pour faire reculer le salafisme et la barbarie.
«Ce week-end, ce qui était le plus triste, c’était de voir des gens réagir avec leur testostérone plutôt qu’avec leur cerveau.»
- François Bayrou (président du MoDem) dans une interview à BFMTV:
«On est dans un climat d’utilisation politicienne, d’utilisation électoraliste du drame national. Cela choque à mon avis beaucoup les Français. Ils sont dans une espèce d’état de sidération dans la manière dont ils perçoivent le monde des responsables politiques face au drame qu’ils vivent et dont ils se sentent menacés désormais à peu près partout et tout le temps.
«Je vois qu’il faut éviter deux écueils: le premier est le fatalisme, dire que l’on ne peut rien, que l’on n’a pas le moyens de se défendre contre cette hydre, et le deuxième est la récupération, d'un malheur public on essaie de trouver un avantage électoral.
«Vous voyez bien le climat, l’ambiance générale! Il y a l'utilisation d'un drame, qui met en cause notre vie en commun, notre société, l’État, la manière dont on s’organise, à des fins d’intérêt électoral.»
- Jean-Pierre Raffarin (ex-premier ministre et membre de LR) dans une interview au Nouvel Observateur:
«Ce nouveau drame impose un temps de recueillement, un temps de silence. Tous devraient l'observer pour que chacun puisse mesurer la profondeur de la tragédie… La colère des uns, l'indignation des autres et le jeu politique des troisièmes ont conduit à de nombreuses déclarations qui me paraissaient anticipées.
«Après ce temps ‘sacré’, il est normal que, face à la répétition de ces drames, nous ayons un débat sur l'action publique. Mais ce débat doit être à la hauteur de la situation. Sinon, l'exploitation partisane de tels événements ajoute le ridicule à la douleur.»
- Jean Dionis du Séjour (député UDI) dans une tribune sur le site du Nouveau centre:
« (…) Il convient de se mettre d’accord sur quelques vérités essentielles malmenées à l’occasion de l’attentat de Nice.
Le deuil, d’abord. Les victimes de Nice ne sont pas encore inhumées. Le Président de la République a proclamé un deuil national de trois jours, avec une minute de silence national aujourd’hui à midi. Reconnaissons que nous n’avons pas su contenir notre peine et notre colère, cette fois-ci, contrairement à ce qui s’était passé pour Charlie et le Bataclan. S’il doit y avoir d’autres attentats, je crois que la nation réunie doit se promettre que les prochaines fois, elle se taira et se réunira autour des victimes pendant la période de deuil décidée conjointement par le Président de la République et les familles de victimes. Ce sera le signe d’une nation forte et unie, dû aux victimes, mais aussi un signal fort adressé aussi à nos ennemis.
Le débat, quant à lui, est légitime, mais après le deuil. Soyons clairs: en démocratie, le débat est légitime, même en temps de guerre. Clemenceau, tout Père de la Nation qu’il était, débattait et polémiquait sur la conduite de la guerre avec ses collègues députés devant l’assemblée Nationale de 1917 à 1918. Les questions posées sur le dispositif policier le soir du drame et plus largement sur ce qui a été fait et ce qui n’a pas été fait (centres de déradicalisation, surveillance des personnes fichées ‘S’, fermeture des mosquées salafistes, etc.) depuis les premiers attentats contre Charlie en Janvier 2015, sont toutes légitimes et ceux qui poussent des cris de vierge effarouchée devant ces questionnements sont soit des hypocrites, soit des gens qui ne sont pas à leur place dans ce débat forcément âpre.
Mais le débat, pour être fécond, devra accepter d’être éclairé par la raison et notamment par les résultats objectifs des enquêtes disponibles.
Certaines personnes ont sombré hier pour ne pas avoir accepté cette discipline intellectuelle. Je pense à Henri Guaino et son tweet sur le lance-roquettes qui aurait empêché le drame de jeudi soir.»


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