dimanche 9 octobre 2016

Actualités du Centre. Grande Bretagne – Tony Blair veut relever le challenge du Centre

Alors que le premier ministre britannique, la conservatrice Theresa May, radicalise à droite ses positions, notamment sur le brexit mais pas seulement, et que le leader des travaillistes, Jeremy Corbyn, tout auréolé de sa récente et nouvelle victoire dans les élections à la direction du Labour, va continuer à faire de même sur sa gauche avec son parti, Tony Blair, qui fut au pouvoir pendant dix ans de 1997 à 2007 à la tête d’un gouvernement de centre-gauche et qui inventa le New labour (nouveau parti travailliste) en mettant en œuvre dans son pays la Third way (troisième voie) imaginée par Bill Clinton, veut faire revivre le Centre bien mal en point actuellement outre-Manche.
Comme il l’a déclaré au magazine Esquire, «l’espace centriste est en difficulté. C’est notre challenge. Nous devons relever ce challenge».
Rappelons que le New labour et la Third way étaient une tentative de responsabiliser la gauche britannique et de la confronter au réel alors qu’elle se morfondait dans l’opposition depuis les années de pouvoir de Margaret Thatcher.
Ce recentrage du Parti travailliste l’avait amené à être plus centriste sur bien des points que le Parti libéral (devenu depuis Lib dems, Libéraux démocrates) qui soutenait des positions plus à gauche que lui…
Reste que le retour de Tony Blair est très problématique.
S’il a été un des premiers ministres les plus populaires et qu’il a passé le relai à Gordon Brown avec succès, les révélations sur des sujets très controversés lors de son passage au pouvoir, en particulier sur la guerre en Irak à laquelle il a fait participer son pays en soutenant les thèses mensongères de George W Bush, ainsi que son enrichissement depuis son départ du 10 Downing street, résidence des premiers ministres à Londres, en «conseillant» nombre d’autocrates étrangers à travers le monde en font un des hommes politiques britanniques les plus détestés aujourd’hui.
De même, il est un homme sans troupe et s’il devait prendre des initiatives, il aurait face à lui des Lib dems, c’est vrai très affaibli par les dernières législatives mais en pleine reconstruction et qui veulent occuper tout l’espace centriste laissé vacant tant jusqu’au centre-droit qu’au centre-gauche par la radicalisation des deux grandes formations du pays.
D’ailleurs, à la question de savoir s’il comptait revenir en politique, Tony Blair a répondu: «tout ce que je peux dire c’est où nous en sommes en politique. Est-ce que je le pense fortement? Oui, certainement. Suis-je très motivé par tout cela? Oui. Où vais-je aller? Que vais-je faire exactement? C’est une question qui demeure ouverte».



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