samedi 18 mars 2017

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. L’Amérique de Trump ennemie de l’Europe

Lorsque Donald Trump a décidé de se présenter à l’élection présidentielle, je l’ai traite de clown.
Avec le recul, non seulement je ne changerais pas de qualificatif mais j’aurais du ajouter que ce clown était déséquilibré mentalement – comme l’ont dit nombre de spécialistes des maladies mentales – ce qui le rend particulièrement dangereux pour son pays et pour le monde.
Ce que j’ignorais alors – comme beaucoup d’autres – était sa haine de l’Europe et de l’Union européenne en particulier qui, je le rappelle, est le premier allié des Etats-Unis et fait partie de ce trop rare espace des démocraties républicaines, donc de pays qui partagent des valeurs et une vision du monde.
Un Trump qui est devenu l’ami de tous les nationalistes d’extrême-droite européens, de Nigel Farage à Marine Le Pen en passant par Victor Orban et Geert Wilders, c’est-à-dire de tous ceux qui veulent détruire l’UE et qui d'ailleurs se recommandent de lui.
Il n’a d’ailleurs pas fait mystère qu’il était pour cette destruction et qu’il s’en féliciterait.
Il ne se passe pas de jours ou de tweets où il n’insulte les Européens.
Avant-dernière affaire en date, l’implication de la Grande Bretagne (grande alliée des Etats-Unis) dans son délire complotiste d’accuser sans autre preuve qu’un article haineux paru sur le site d’extrême-droite Breitbart news – qui, dirigé par son plus proche collaborateur Steve Bannon, est spécialisé dans les fausses nouvelles (fake news), les faits alternatifs (alternative facts) et la post-vérité (post-truth) – qui prétend qu’il aurait été mis sur écoute par Barack Obama et que ceux qui auraient exécuté cette tâche étaient des membres des services secrets britanniques.
Une assertion hallucinante reprise par un ancien juge devenu consultant de la chaîne d’extrême-droite Fox news, du nom d’Andrew Napolitano, un personnage dans la lignée des idéologues des libertariens la droite radicale comme le philosophe Robert Nozick et la tristement célèbre romancière Ayn Rand qui leur égérie.
Dernière affaire en date, en recevant Angela Merkel, tout ce qu’il a trouvé à faire est de critiquer l’Allemagne (grande alliée des Etats-Unis), sa chancelière et le libre-échange tout en refusant de lui serrer la main avant de se raviser in fine.
Sans oublier qu’il a fait une «blague» scandaleuse en comparant, lors d’une conférence de presse réunissant les deux leaders, les écoutes dont Merkel a été victime de la part de la NSA et ses assertions sur les propres écoutes dont il aurait été soi-disant victime.
Personne n’a évidemment oublié les critiques récurrentes sur la France (grande alliée des Etats-Unis) ainsi que cette déclaration que Paris n’était plus Paris et qu’il ne fallait pas que les Américains se rendant dans cette ville dangereuse, ce qui lui a valu une réponse cinglante de François Hollande.
Oui, ce clown déséquilibré est l’ennemi de l’Europe.
Et plus vite les peuples européens en prendront conscience, plus vite ils réagiront à la déliquescence de l’Union européenne en ayant ce sursaut indispensable pour aller de l’avant afin d’assurer leur sécurité et leur avenir.
Que ces peuples devenus eurosceptiques alors qu’ils vivent dans un espace de paix depuis plus de 70 ans – un record – et de prospérité économique où l’on peut se parler, se déplacer et entreprendre librement n’oublient jamais que l’on n’est jamais mieux défendu et protégé que par soi-même.
Ainsi, au moment où Trump ne cesse pas de critiquer l’Europe de menacer de prendre des mesures protectionnistes à son encontre, voire de ne plus la défendre, où il attaque sans cesse l’OTAN et ses pays membres au motif qu’ils ne paieraient pas assez pour leur défense (mais ce n’est que le prétexte), les dirigeants de l’UE doivent prendre des initiatives urgentes pour relancer le processus d’intégration et entreprendre une vaste explication de texte à l’égard de leurs citoyens.
Enfin, dire que l’Amérique de Trump est l’ennemie de l’Europe – j’avais d’abord voulu mettre un point d’interrogation au titre de cet éditorial mais j’ai estimé qu’il n’était pas nécessaire – ne veut évidemment pas dire que les Etats-Unis sont devenus des ennemis de l’Union européenne, bien au contraire.
Il n’est que de mentionner la volonté constante de Barack Obama de faire de l’UE une union plus forte et sa forte implication, qui lui fut reprochée par les nationalistes et les étriqués, pour tenter d’éviter le brexit.
Néanmoins, je n’ai pas décidé de titrer ce même édito «Trump l’ennemi de l’Europe» parce que, désormais, ce personnage nauséabond est bien le président des Etats-Unis – même si cela écorche la langue de le dire –  par la volonté d’un système électoral d’un autre âge mais également parce que près de 47% des électeurs ont voté pour lui et qu’il a maintenant une administration de plus en plus à sa botte.
De même, il peut compter pour ses desseins extravagants sur l’énorme majorité des élus républicains au Congrès  qui, quand ils ne sont pas sur ses positions extrémistes comme lui (et il y en a beaucoup), ont décidé de se taire et de le suivre, ce qui leur fera porter une responsabilité énorme aux yeux de l’Histoire.
Alors, oui, aujourd’hui, c’est l’Amérique mais tout de même l’Amérique de Trump qui est l’ennemie de l’Europe.
Et pour un européen convaincu et ami des Etats-Unis, cela fait particulièrement mal.
Mais cela donne aussi l’envie de se battre.


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